‹ Le Livre de JobChapitre 17 sur 82 · b-Q, benir. Quelques-uns traduisent valedicere, aban · texte numérisé non relu

b-Q, benir. Quelques-uns traduisent valedicere, aban

donner Dieu. Ce verbe est plus probablement employe par eupliemisme pour maledicere, comme 3 Reg. xxi, 10.

6. Les fils de Dieu, qui designent ici les anges, se tiennent debout comme les esclaves en Orient, est employe parce

que le maitre etant ordinairement couclie sur des coussins et les serviteurs debout, ceux-ci sont au-dessus de lui. Dans les discours, Dieu est toujours nomme Elohim. Il n’y a qu’une seule exception, xn, 9, oil il est appele n'lrp peut-etre par une faute de copiste.

serviteur Job? II n’y a pas d’homme comme lui sur la terre, integre et droit, craignant Dieu et eloigne du mal. »

9 Et Satan repondit h Jehovah :

10 « Est-ce gratuitement que Job craint Dieu? N’astu pas entoure d’une.haie sa personne, sa maison et tout ce qui lui appartient? Tu as beni l’ceuvre de ses mains, et ses troupeaux se sont repandus de tous cotes sur la terre.

1 1 Mais etends la main et touche a ses biens, et nous

1 % verrons s’il ne te maudira pas en face. » Et Jehovah dit ci Satan : « Ya, je te livre tout ce qui lui appartient, seulement ne porte pas la main sur lui. » Et Satan sortit de devant la face de Jehovah.

1 3 Or, il arriva qu’un jour, pendant que ses fils et ses

filles mangeaient et buvaient dans la maison de

14 leur frere aine, un messager vint dire h Job : « Les bceufs etaient occupes a labourer et pres

1 5 d’eux les anesses paissaient, lorsque tout a coup les Sabeens sont tombes sur eux et les ont enleves. Ils ontpassd les serviteurs au fil de Tepee, et je me suis sauve seul pour te Tannoncer. »

16 II parlait encore qu’un autre vint et dit : « Le feu

16 QinSn UN doit designer la foudre, qui,^. cause de l’e-

clair, prend le nom de feu. Quelques commentateurs pensent cependant qu’il fautl’entendre du simoun, ce vent brulant du desert, qui, comme le feu, tue rapidement liommes et animaux.

de Dieu est tombe da ciel et il a brule les brebis et les serviteurs et les a devores, et je me suis sauve seul pour te l’annonceiv »

17 11 parlait encore qu’un autre vint et dit : « Les

Chaldeens se sont divises en trois bandes, et ils se sont jetes sur les chameaux et les ont enleves. Ils ont passe les serviteurs au fil de l’ep6e et je me suis sauve seul pour te l’annoncer. »

18 II parlait encore qu’un autre vint et dit : «Tes fils

et tes filles mangeaient et buvaient dans la maison de leur frere aine.

19 Et voila qu’un grand vent s’ est 61eve venant du

cote du desert, et il a ebranle les quatre coins de la maison, qui s’est ecroulee sur les jeunes gens, et ils sont morts, et je me suis sauvd seul pour te l’annoncer. »

20 Et Job se leva et il dechira son manteau et il se

rasa la tete et il se prosterna a terre et il adora,

21 et il dit : Nu je suis sorti du sein de ma mere, et nuj’y retournerai. Jehovah m’avait tout donne, Jehovah m’a tout enleve ; que le nom de Jehovah soit beni.

22 En tout cela, Job ne pdcha point et ne dit rien

d’insense contre Dieu.

21 nattf IS, designe le sein de la terre que Job compare au

sein de la mere. Cf. Eccli. xl, 1. Jugum grave super filios Adam, a die exitus de ventre matris eorum, usque in diem sepulturee, in matrem omnium.

11,1 Or il arriva un jour que les fi!s de Dieu etant venus se presenter devant Jehovah, Satan se presen ta aussi au milieu d’eux.

2 Et Jehovah dit & Satan : « D’ou viens-tu? )> Et

Satan lui repondit : « De parcourir la terre et de m’y promener. »

3 Et Jehovah dit a Satan : « As-tu remarque mon ser-

viteur Job ? II n’y a pas d’homme comme lui sur la terre, integre et droit, craignant Dieu et eloigne du mal. II persevere toujours dans son integrity, quoique tum’aies excite sans raison a le perdre. »

4 Et Satan repondit a Jehovah : « Peau pour peau ;

l’homme donne tout ce qu’il possede pour conserver sa propre vie.

5 Mais etends la main et touche ses os et sa chair et

nous verrons s’il ne te maudira pas en face. » Et

6 Jehovah dit a Satan : s> Ya, je le livre entre tes mains, seulement ne lui ote pas la vie. »

7 Et Satan sortit de devant la face de Jehovah, et il

frappa Job d’une lepre maligne depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tete.

4 Peau pour peau. Expression proverbiale que S. Ephrem explique ainsi : Pellem scilicet pecorum, quin et filiorum, dabit quis pro pelle propria.

7 yn pnty designe ici l’elephantiasis. L’homme atteint de

cette horrible maladie devient difforme, son corps s’enfle et ses pieds deviennent semblables h ceux d’un elephant ; de lei le nom d’elepliantiasis donne k cette espece de lepre. ■pnty si-

gnifie proprement ulcere, pustule. G’est par l’eruption de pustules que commence la maladie.

8 Et Job prit un tesson pour racier ses plaies et il s’assit sur la cendre.

8 Au lieu de sur la cendre , les Septante traduisent : eVi rvis t tto'xeu;. La Vulgate a. son tour traduit : sedens in sterquilinio. De lk l’universalite de la tradition qui represente Job assis sur son fumier. Un usage adopte dans quelques pays de l’Orient leve facilement cette contradiction apparente, et nous explique comment on a pu dire indifferemment que Job etait couche sur la cendre et sur le fumier. II nous explique egalement comment du temps de S. Jean Clirysostome, il y avait beaucoup de pelerins qui allaient voir le fumier de Job (Opera, bom. v, ad pop. Antioch., n° 1 ; ed. Migne, t. 2, col. 69.)

« A l’entree de tous les villages du Hauran, il y a un endroit ou Ton depose les immondices enlevees des etables. Ces immondices forment a la longue un monceau (qu’on appelle un mezbele ), qui surpasse en volume et en hauteur les bktiments les plus eleves du village... Le fumier qu’on porte au mezbele n’est point melange avec de la paille; dans ces pays briilants, sans humidite, la litiere est inutile pour les clievaux et les anes, qui sont les principaux habitants des etables, parce que le menu betail et les taureaux passent ordinairement la nuit dans les paturages. Ge fumier est done desseche ; on le transpose dans des corbeilles k l’endroit qui sert de depot k l’entree du village. On l’y brule ordinairement tous lesmois, en ayant soin de choisir pour cette operation un jour favorable ou le vent ne pousse pas la fumee du cote des maisons. Commela terre chaude et fertile de ces contrees n’a pas besoin d’engrais... les cendres, produites par la combustion de ces immondices restent lk entassees et s’y accumulent pendant des siecles.Les mezbele finissent ainsipar atteindre une grande hauteur. Les pluies d’hiver font de ces couches de cendre une masse compacte et les transforment peu k peu en une sorte de colline, dans l’interieur de laquelle on creuse ces remarquables fosses k grains appelees Mar el-galle qui garantissent le froment des ravages de la chaleur et des insectes et le conservent pendant plusieurs annees. — Le jmez-

9 Alors sa femme lui dit : «Est-ce que tu persevereras encore dans ton in tegrite?MaudisDieu, etmeurs. »

10 Et il lui dit: « Tu paries comme uneinsensee. Nous

recevons les biens de la main de Dieu, pourquoi n’en recevrions-nous point les maux? »

En tout cela Job ne pecha point par ses levres.

11 Ortrois amis de Job, Eliphas de Theman, Baldacl

de Suhe et Sophar de Naama, apprirent les malheurs qui lui etaient arrives et ils partirent chacun de leurs pays, et ils se concerterent ensem- \% ble pour venir le plaindre et le consoler. Et ayant leve les yeux de loin, ils ne le reconnurent pas, et ils Reverent la voix et ils pleurerent et ils dechirerent leurmanteau, et ils jeterent de la poussiere vers le ciel au-dessus de leurs tetes.

bele sert aux habitants du village de tour et de lieu d’observation; c’est \h qu’ils se reunissent, pendant les soirees etouffantes d’ete, pour respirer un peu d’air frais sur eette hauteur. Les enfants s’y rendent pourjouer;le malheureux qui, frappe d’une maladie repoussante, n’est plus supporte dans l’interieur du village, s’y retire pour demander, le jour, l’aumone au passant, et secoucher, )a nuit, dans les cendres echauffees par le soleil. On y voit souvent aussi les chiens du village attires par l’odeurdes animaux mortsqu’on acoutume a’y porter. Plusieurs localites du Ilauran ont perdu leur nom primitif et s’appellent aujourd’hui Umm el-mezabil, h cause de la hauteur et de la multitude de collines de eette nature qui les entourent et qui indiquent qu’elles sont depuis fort longtemps habitees. Quelques villages modernes sont batis sur d’anciens mezbele, parce que Fair y est plus pur et plus salubre. » Le consul Wetzstein , dans Delitzch , das Buck Job , p. 365.

13 Et ils s’assirent par terre aupres de lui sept jours et sept iraits, et aucun d’eux ne lui disait une parole, parce qu’ils voyaient que sa douleur etait tres-grande.

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