‹ Le Livre de JobChapitre 20 sur 82 · PREMIER ENTRETIEN · texte numérisé non relu

PREMIER ENTRETIEN

Cct entretien est compose de six discours, trois des amis de Job, dont chacun prononce le sien, et trois de Job qui repond h chacun de ses amis.

Le premier qui parle est Eliphas le themanite ; ch. 4,5. Le malheur de Job et l’amertume de ses plaintes lui ont fait craindre que sa piete ne fut pas sincere. 11 lui dit done que Dieu punit toujours le mechant ; ce

1°surle parallelisme nips ; 2° sur le rapprochement, du mot Ninru qui, dans toute autre explication, serait froid et lan-

guissant. Car pourrait-on supporter cette traduction : en presence de mon pain, mes gemissements viennent^l Au lieu que venir a I'instar de pour se mettre a la place de va tresbien. II en resulte cesens : « Mes gemissements sont comme mon pain ; mes sanglots coulent comme une eau, qui entre avec violence et qui me suffoque. »

2o-26 La plupart des interprhtes modernes croient que Job parle ici de ses frayeurs presentes, excitees par sa fievre, et qui se succedentsans relache. J’aime mieux penser qu’il s’agit de la crainte qu’il avait d’offenser Dieu, et de s’attirer ses chatiments et son indignation. C’est le sens naturel des paroles, et nous verrons encore Job exprimer les memes craintes.

qu’il etablit d’abord par son experience, V. 8-11, et ensuite par une revelation dont il a ete favorise. II y a neanmoins cette gradation entre ces deux arguments, que le premier contient un reproche plus dur, quoique les termes aient encore quelque chose d’indirect, et que le second, tire de la fragility commune k tous les homines, semble fait pour corriger l’aprete du premier et adoucir k Job l’aveu de ses crimes pretendus.

De la, quelle consequence ? G’est qu’au lieu de ces plaintes aigres, il devrait plutot chercher la mediation de quelque saint pres de Dieu, et ne lui adresser luimeme que d’humbles prieres. Gar Dieu est puissant et bon ; s’il abaisse, il releve ; s’il frappe il guerit ceux qui reconnaissent lours torts et qui s’avouent coupables devant lui. Job peut done, s’il se conforme a cet avis, se promettre une prosperity double de celle dont il a joui prdeedemment.

Tout est admirable dans ce discours. Le prologue est naturel, et saisissant, 2-5. On s’apercoit des le debut du ton de franchise assez dure qui doit regner dans le discours; on entrevoit dej& ce qui vasuivre. La proposition est enoncee d’unemanierenetteet pr6cise, adoucie pourtant par l’interrogation. C’est un doute plutot qu’une assertion qu’on exprime. Les preuves revetues des plus brillantes images saisissent Tame avec force. L’ exhortation qui suit les preuves, ch. 5,n’est pasmoins belle. Il repete d’abord, sans voile et sans figures, la verite deja etablie du malheur de l’impie pour l’inculquer plus profondement. De la il passe aux promesses, par deux tableaux, l’un de la puissance et de la provi-

dence divine, 1’ autre de la prosperity future de Job ; ce qui contraste agreablement avec lesidees sombres du debut. L’epilogue est tel qu’on devait l’attendre, court * et sec, mais vif et pressant.

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