‹ Le Livre de JobChapitre 21 sur 82 · PREMIER DISCOURS D’ELIPHAS. IY-Y · texte numérisé non relu

PREMIER DISCOURS D’ELIPHAS. IY-Y

TRADUCTION

IV, 1 Alors Eliphas de Thyman prit la parole et dit :

2 Si nous t’adressons quelques mots, peut-etre au-

ras-tu peine k les entendre?

Mais qui pourrait retenir ses paroles ?

3 Toi qui enseignais tant d’autres,

Qui fortifiais les mains debiles,

4 Qui relevais par tes discours ceux qui tombaient, Et qui soutenais les genoux chancelants ;

5 Des que le malheur t’atteint, tu perds courage,

A peine en es-tu surpris que tu te troubles.

C Est-ce done que tu fondais ton espoir et ta confiancc

\ HD3 pret. niph. de hdj* An., si tentatum fuerit verbum ad

te, cegre feres.

6 Litt. nonne in pietate tua (erat) fiducia tua , spes tua ; et in integritate viarum tuarum ; de Spa lumbus, et dans le sens

metaphorique : 1° esperance, contiance, parce que les reins etaient regardes comme le siege des desirs, et des esperances; 2° sottise, stupidite, pesanteur d’esprit : prop, pinguedo mentis. Comp. Job 15,27. L’impie et l’insense mettant tout leur bonheur cn cette vie abrutissent leur time en nourrissant de-

licatement leur chair. Cp. tysu et Par. UL torpens fuit.

Ailleursqae dans une piete sincere, et dans I’innocence de tes voies?

7 Souviens-toi, je te prie, quel innocent a peri,

Et en quel lieu du monde les justes ontsuccombe ?

8 J’ai toujours vu que ceux qui labourent l’iniquite, Et qui sement l’injustice, en recueillent les fruits.

9 Au souffle de Dieuils perissent ;

Le vent de sa fureur les consume.

1 0 Le rugissement du lion, sa voix tonnante,

Et les dents des jeunes lions, sont brisees.

\ 1 Le vieux lion perit faute de proie,

Et les petits de la lionne se dispersent.

1 2 line parole me fut dite h. la derobee,

Etmon oreille en saisit lemurmure.

1 3 Dans le vague des visions de la nuit,

Quand un sommeil profond, s’appesantit sur les homines.

8 la peine que Ton cause au prochain et qui retombe

sur nous.

JO nom donne aulion & cause du tonnerre de sa voix. lip est un jeune lion, dejb. robuste ; et non pas un lionceau. iiypiJ de yru pour yru forme chald.

Ge verbe ne convient pas aux substant. roNtr et Sip-* j mais seulement h i^'. Mais ici, comme en plusieurs endroits de l’c-

criture, le sujet le plus proche a seul determine le choix du verbe.

13 Q'lsjny litter. Embranchements. — Pensees qui se croi-

sent, qui se combattent, soit parce qu’elles sont decousues, comme dans les reves, soit par 1’effet de l’hesitation.

14 Une frayeur et un tremblementmesaisirent,

Et agiterent violemment tous mes os.

15 Un esprit passait devant moi,

Tousles poils de ma chair se herisserent.

1 6 II s’arrcte, son visage m’etait inconnu,

Comme un spectre sous mes yeux ;

17 Un grand silence, et puis j’entends sa voix :

« L’homme sera-t-il juste vis-h-vis de Dieu;

« Un mortel sera-t-il pur en face de son createur?

18 « II ne se fie pas & ses ministres,

« Et il decouvre des fautes dans ses anges ?

1 9 « Combien plus en ceux qui habitent des maisons de

a boue,

« Dont les fondements sont dans la poussiere;

« Ilsserontmis en pouclrc comme par la teigne.

14 ah Sb feriutjuxta quosdam adverb, mullum.

45 iQpn Jeh. dans le sens intrans. parce que le complement est sous-entendu. Je pense avec Gesenius (gram.) que ce sont la des locutions poetiques plutot que des clialdaismes.

47 p dans tout le livre de Job, signifie toujours etre

plus juste que, non pas il est vrai d’une maniere absolue, mais seulement relativement k la cause dont il s’agit. Job semblant accuser Dieu d’injustice a son egard, pretend par la meme qu’il est plus juste que lui, ou qu’il aura raison contre lui, si sa cause est discutee. C’estce que plusieurs n’ontpas compris, quand ils ont voulu sans raison detourner le sens de celte particule.

4 9. □ijoyi impers. On les reduira en poudre, a l’instar de la teigne, qui ronge et fait tomber en poussiere les habits.

LE LlVREiDE JOB.

20 « Du matin au soil', its sont retranches,

« Et sans que personne y prenne garde, its perissent « eternellement.

21 « Tout ce qu’ils laissaient disparait avec eux ;

« IIs meurent, sans avoir connu la sagesse. »

V,1 Cherche done quelqu’un qui te reponde,

Et vois auquel des saints tu t’adresseras.

. 2 Car l’insense perit victime de son chagrin,

Et son emportement cause sa ruine.

3 J’ai vu 1’ insense prendre racine,

Et soudain j’ai maudit sa demeure.

20. aitoa ibia quin ponat quisquam eorum cor suum. (Je remarque constamment en ce livre la forme ihl comme dans le Pentateuque, au lieu de la forme abregee hi qui est plus

moderne.) On pourrait aussi traduire sans que personne y prenne garde.

21. □in'’ Ges. : lenr corde pour lour tente,\e corps est lade-

meurede Tame: velox est depositio tabernaculi mei , dansl’ep. de S. Pierre. — Ewald : le fit de leurs jours. II veul rapproclier Isai'e 38, et Ecclesiaste 12. Tout cela est force, mrp doit si-

gnifier tout ce qui restera d’eux ; leur posterity, leurs biens, meme leur nom et leur mOmoire.

Cb. 5. J. Eliphas exhorte Job h invoquer Dieu par l’intermediaire de ses saints, e’est-i-dire, de ses anges, au lieu de se livrer it un depit amer qui ne peut que causer sa ruine. Le v. 1 est analogue au v. 8. Mais les protestants par la crainte apparemment d’y voir Tinvocation des saints qu’ils condamnent, et que nous trouverons au cli. 36. dans le discours d’Eliu, ont fait de vains efforts pour donner un sens raisonnable a ce verset. On peut voir entre autre Rosenmiiller.

4 Ses enfants seront errants loin du salut,

11s seront foules aux portes, sans trouver personne qui les clefende.

5 L’affame devorera ses moissons ,

Qu’il emportera hors de son enclos ;

D’un coup de filet il absorbera ses richesses.

6 Gar le raalheur ne sort point de la poussiere Et la souffrance ne germe point de la terre,

7 De telle sorte que l’homme naisse pour la dou-

leur,

Comme les oiseaux du ciel pour elever leur vol.

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