PREMIERE PARTIE. XXVII-XXVI
TRADUCTION
XXVII, 1 Job reprit son discours en ces termes :
2 Par le Dieu vivant qui me refuse justice,
Par le Tout-Puissant qui remplit mop ame d’amertumes,
R Tant que je respirerai,
Tant que le souffle de Dieu m’animera,
4 L’iniquite ne sera point sur mes levres,
Et ma langue ne proferera pas le mensongp.
5 A Dieu ne plaise que je vous justifie.
Jusqu’A mon dernier soupir, je ne me rejacherai pas de mon innocence.
6 J’ai embrasse ma cause; je ne l’abapdonnerai pas ; Mon cceur ne condamnera aucup de mes jours.
7 Que mon ennemi soit trpite conime un pervers,
Et que mon adversaire ait le sort du mecheinC
<S Car, quel sera 1’espoir de Timpie quand il sera retranche,
* 6. iQiip, un seul d’entre mes jours, en prenaqt pp jians le
sens partitif.
* 8. vient d’apres plusieurs de demanderi, il est v .. ~ T
Quand Dieu lui ravira son ame?
9 Ses cris seront-ils entendus du ciel Quand il sera surpris par l’angoisse?
1 0 Trouvera-t-il ses delices dans le Tres-Haut? L’invoquera-t-il en tout temps?
11 Je vous enseignerai les conduites de Dieu,
Je ne vous laisserai pas ignorer ses desseins.
1 2 Mais tous, vous en avez dtd temoins.
Et pourquoi done disputez-vous en vain?
1 3 Yoici le sort que Dieu prepare au mechant,
Et la part qu’il reserve aux oppresseurs.
14 Si ses enfants se multiplient, e’est pour le glaive, Et ses descendants ne seront point rassasies de
pain.
1 5 Tout ce qu’il laisse apres lui sera enseveli dans la
mort,
Et ses veuves ne pleureront point.
1 6 Quand ils accumulent l’argent comme la poussiere, Et des provisions d’habits, comme l’argile,
17 II les amassera, mais le juste s’en revetira,
Et ses tresors passeront aux mains de I’innocent.
1 8 11 a bati sa maison comme l’insecte,
Et comme le frele abri du gardien.
ecrit defectivement pour mais il est plus naturel do le rapporter k nSiz? = SSub extraire, degainer. Job considerc ici
le corps comme la gaine, l’enveloppe de Fame. Dieu, en faisant mourir l’impie, tire son Ame du fourreau.
* 42. jtr ne fait que rendre naS plus fort.
19 Le riche est gisant priv6 de sepulture.
En un clin d’ceil, il n’est plus.
20 Les terreurs fondent sur lui comme un deluge
d’eaux.
Un tourbillon l’enleve pendant la nuit.
21 L’ouragan l’emporte, et il perit ;
It l’arrache violemment k sa demeure;
22 11 r ecrase sans pitie,
Sans qu’une course rapide le puisse derober h ses coups.
23 Alors chacun battra des mains,
Et de sa place on sifflera sur lui.
XXVIII, 1 On sait les lieux d’ou se tire l’argent,
Et Tor que Ton jette au creuset.
2 Le fer s’ extrait de la terre,
Et l’on fond la pierre pour en tirer l’airain.
3 L’homme a mis fin aux tenebres,
Et il penetre jusqu’au fond des abimes,
* 19. nps vry. Maniered’exprimer la rapidite de sa mort :
elle a ete si prompte qu’elle lui aurait laisse ci peine le temps d'ouvrir les yeux. Quelques interpretes traduisent ainsi ce verset en lisant avec les lxx qpN:1 = qipvn Cl^ ^p^aflyiaet : Le
riche se couchera mais ce sera pour la derniere fois (litt. il n’ajoutera pas, il ne se couchera plus), parce que en un clin d’ceil il ne sera plus.
* 23. p’spn et sont employes impersonnellement : on bat des mains et on le siffle.
* 1. Les 11 premiers versets de ce chapitre paraissent etre une description du travail des mines.
Jusqu’a la pierre enfouie dans l’ombre et dans la region de la mort.
4 II s’est creuse une vallde profonde loin des pas-
sants,
Des senders inconnus aux pieds du voyageur, D’dtroits sentiers qui se derobaient a ses pas.
5 La terre qui lui donne son pain,
II a bouleverse ses entrailles comme par le feu;
6 II a Petite de ses roches le saphir Et les paillettes d’or.
7 II s’est fraye une route, ignoree de l’aigle,
Et que l’ceil du vautour n’a pas vue ;
8 INi les animaux feroces ne l’ont foulee,
Ni le lion meme n’y a marche.
9 II a porte sa main sur le granit
Et ebranle les montagnes dans leurs racines ;
10 II a fait jaillir des sources dans les rochers,
Et rien de precieux n’a echappe h, ses regards.
* L Sn3 peat signifier aussi un puits de mine et la fin du
verset, indiquer les eorbeilles dans lesquelles les travailleurs descendant et montaient.
* 6. -;i£p designe la pierre precieuse que nous appelons de
ce nom; lion le sapphirus des Latins. Celui-ci, en effet, etait %
oRaqtie. C’est le lupis-lazmli des modernes. * *yt£D indique
une pierte trailsparerite cOinme notre sapliit, car les pliilosophes j Pit's emploient ce mot dfinS le sens de pellucidum.
* 10. doit etre le mot egyptien lop, mop, ior, ioor,
canal (Peyron, Lexicon lingu.ce copticce, p. 58, 40). Cest peutetre le mot technique qu’omployaient les miiieurs egyptiens de la peninsule sinai'tique pour designer les canaux dont ils se servaient afin de diriger l’eau des mines.
LE LlVRE DE JOB.
1 1 11a arrete le cotirs des fleuves Et mis a nu tout ce qui etait cache.
1 % Mais la sagesse, oil la trouver?
Et quel est le lieu de l’intelligence?
1 3 L’homme ne lui connait rien d’equivalent.
Elle ne se rencontre point dans la terre des vivants. !i L’abime dit : elle n’est pas en moi ;
Ni avec moi, dit la mer.
15 On ne la vend pas au poidsde Tor,
On ne l’achete pas a prix d’argent.
1 () On ne la met pas en balance avec For d’Ophir, Avec l’onyx precieux et le saphir.
17 On ne fdchange pas avec I’or et le verre,
Avec les joyaux de for le plus fin.
18 Le corail et le cristal ne sont rien aupres d’elle, Et sa possession vaut mieux que des perles.
1 9 La topaze d’Ethiopie ne I’egale pas,
Et for epure n’a pas sa valeur.
* 4 5. -flap soigneusement lie ou non melange, or pur.
* 16. qj-q, nom poetique de l’or, de nro, cacher — nnilii generalement onyx. D’aUtres : berylle ou sardoine.
* 17. rvijisT, verre, de -jd?, etre pur. Le verre a ete connu
en Egypte probablement des l’epoque des patriarch's.
* 4 8. niDN’N d’apres les rabbins, corail rouge.
corame xpoara xxc;, signifie tout a la fois glace et cristal, parce que le cristal est comme de la glace devenue permanente. Quelques-uns traduisent rmjD par extraction, parce qu’on
peche les perles.
20 La sagesse, d’ou vient-elle done Et oil est le lieu de [’intelligence?
21 Elle se derobe aux yeux de tous les vivants ;
Elle est cachee aux oiseaux du ciel.
22 L’enfer et la mort disent :
a Nous en avons oui parler. »
23 Dieu connait ses voies,
Seul il sait ou elle habite.
24 Lui qui contemple les extremites de la terre
Et dont la vue embrasse toute la voute des cieux.
25 Lorsqu’il reglait la pesanteur des vents,
Et qu’il mettait les eaux dans la balance;
26 Quand il assignait des lois k la pluie
Et qu’il tracait la route aux eclairs et au tonnerre,
27 Alors il la vit, et il la montra ;
11 l’affermit et en sonda la profondeur,
28 Et il dit a l’homme : craindre le Seigneur, voila la
sagesse ;
Et s’eloigner du mal, voila l’intelligence.