Voir xxm, 2. — l^n, litteralement, ma fl^cIie, la floclie
qui est en moi, ma plaie. Cf. II caret lateri lethalis arundo. Virgile.
Non, en verite, Dieu n’est pas injuste,
Le Tout-Puissant ne renverse pas l’equite.
1 3 Qui lui a confie laterre,
Et qui a pose le monde entier sur ses bases?
14 S’il retirait a lui sa sagesse,
S’il rappelait son esprit et son souffle,
1 5 Toute chair perirait a l’instant,
Et l’homme rentrerait dans la poussiere.
16 Si tu as de l’intelligence, ecoute ceci,
Prete l’oreille & ce discours :
17 Celui qui hait I’equite pourrait-il etre juge? Condamneras-tu le Juste-Puissant,
1 8 Qui dit & un roi : « Mechant, »
Et aux princes : « Vous etes des pervers ; »
1 9 Qui ne fait point acception des grands,
Qui ne favorise point le riche plus que le pauvre,
*42. Pensee exprimee par Baldad & peu pr6s dans les memes termes vm, 13.
* 47. thro her, estprisici dans le sens de commander, comme
7XK i Reg. (1 Sam.) ix, 47 et idn, Ps. civ (heb. cv), 22. Cf. - T * * -
Matt, xvi, 19.
* 18. nom commun, quoiqu’on l'ait pris assez sou-
vent pour un nom propre. Saint Jerdme in Jud. xix, 22 le derive de iba et tyiy, joug : « Belial, idest, absque jugo; » Gese-
nius, de iba sans, et hjn, utilitas , commodum, d’oii inutilitas ,
nequitia , vilitas. Cette etymologic explique la reunion des deux mots en un par la contraction des deux i, dont Pun est remplace par le daguesch. Cf. le franqais vaurien, e’est-i-dire, sans valeur, sans utilite.
Parce qu’ils sont tous l’ceuvre de ses mains.
20 Us periront soudain au milieu de la nuit ;
Us chancellent malgre leur nombre'et disparaissent, Et le fort est arrache sans main d’homme.
21 Car les yeux de Dieu sont arretes sur nos voies,
Et il considere toutes nos demarches.
22 II n’y a point de tenebres ni d’ ombre epaisse,
Oil les hommes d’iniquite se cachent.
23 Dieu ne regarde pas deux fois un homme Pour l’amener en jugement avec lui.
24 II brise les forts sans un long examen,
Et il en met d’autres a leur place.
23 Done, il commit leurs ceuvres;
11 les renverse une nuit, et ils sont broyes.
26 11 frappe les impies sur la place,
En un lieu vu de tous.
27 Ils ne se sont retires de lui,
Us n’ont refuse de connaitre ses voies
28 Que pour faire monter vers lui le cri des pauvres, Et il entend le cri des affliges.
29 S’il leur rend la paix, qui les opprimera?
S’il cache sa face, qui la verra?
Soit qu’il agisse ainsi pour un peuple ou pour tous les hommes,
30 Renversant le trone de l’impie
* 30. ne rennet, p devant Pinfinitif devient privatii',
voir Jer. ii, 25. L’exclusion est du reste dans la pensee exprimee dans le verset precedent. — Dans le second membre p
est pour rynnn, we sint laquei.
Et, les filets dont il enlacait son peuple* *
31 Car a-t-il jamais dit k Dieu :
« J’ai porte la peine de mon crime; je n’y retom - « berai pas :
321 « Enseigne-moi ce que j’ignore. Si j’ai commis <r l’iniquite, je ne la commettrai plus. »
33 Dieu te consultera-t-il pour te punir? Te dira-t-il : « A toi de choisir ce que tu rejettes, ce qui te
« plait, et non pas a moi. »
Dis ce que tu sais.
34 Mais plutot, que les hornmes intelligents meparlent Et qu’un sage m’ecoute.
35 Car Job parle sans connaissance,
Et ses discours sont d’un insens6.
3(3 Eh bien ! que Job soit eprouv6 jusqu’au bout
* 31. Plusieurs interpretes considered -ia^n comrae un im-
peratif niphal pour II est plus naturel et plus simple de prendre le n comme interrogatif. — Apr&s ^3 et Sun est sous-
entendu tyiy> joug, fardeau, peine.
* 36. accentue avec Rebia, semblerait signifier mon
pere, comme l’a traduit Saint J6rome. Si cctte traduction etait exacte, ce serait, dans tout l’Ancien Testament, le seul exemple oil Dieu serait appele mon pere . Dieu prend bien le titre de pere d’lsrael, et Israel l’appelle bien son pere, mais soil que le peuple parle collcctivementsoit qu’un particulier parle individuellement, il est toujours appele notre pere, — Le
contexteexige qu’on prenne ici le mot^N dans un sens optatif.
Il vient vraisemblablement de mx, desir (de niss vouloir,
desirer), nom de meme forme que nap : mon desir est que Job
Vl T
soit eprouve jusqu’au bout.
Pour ses reponses dignes d’un impie,
37 Car il ajoute la revolte & l’offense ;
II se moque au milieu de nous,
Et il multiplie ses plaintes contre Dieu.
XXXV, 1 Eliu continua en ces termes :
2 As-tu cru que c’etait 1& de la justice?
Tu as dit : J’ai raison contre Dieu,
3 Tu as demande : Que m’a servi la piete?
Qu’ai-je de plus que si j’avais pdche?
i Je vais te r^pondre,
Et k tes amis avec toi.
5 Considere les cieux et vois ;
Contemple les nuages : comme ils sont plus hauts que toi !
G Si tu peches, quel mal lui fais-tu ?
Si tu multiplies tes offenses, en quoi lui nuiras-tu ?
7 Si tu es juste, que lui donnes-tu?
Quel present recoit-il de tes mains ?
8 A un homme tel que toi nuiront tes offenses,
Et ta justice n’est utile qu’a toi-meme.
9 Que de malheureux gemissent sous une oppression
violente
Et orient sous la main des tyrans!
10 « Et aucun d’eux ne dit : Oil est le Dieu qui m’a cree, « Qui inspire des chants de joie dans le malheur ;
1 1 « Qui nous a faits plus 6claires que les animaux des
champs,
« Plus sages que les oiseaux du ciel ? »
1 21 G’est pour cela qu’ils orient sans etre exauces,
Sous lc bras superbe des mediants.
1 3 G’est I’iniquite seule que Dieu n’exauce pas,
Le Tout-Puissant ne la regarde pas.
1 i- Lors meme que tu lui dis : « Tu ne vois pas ce qui <i se passe, »
La cause est dej& devant lui ; attends son jugement.
1 5 Mais maintenant, parce qu’il n’a pas puni dans sa
colere,
Et qu’il n’a point sevi contre ses offenses,
16 Job ouvre presomptueusement la bouche Et se repand en discours insenses.
XXXY1,1 Eliu continua encore et dit :
2 Ceins un peu tes reins, et je t’instruirai,
Gar j’ai encore des paroles en faveur de Dieu.
3 Je reprendrai les choses de plus haut,
Et je justifierai mon Createur.
4 Car, en verite, il n’y a rien de faux dans mes dis¬
cours.
Mes enseignements sont purs et sinceres,
5 Dieu est puissant, et ne dedaigne personne ; Puissant en force et en sagesse.
* 15. ttfs, awa? xgp'u.svov. La plupart des interprdes traduisent
ainsi que Font fait les lxx (ivapaitTMjxa) et la Vulgate ( scelus ), comme s’d y avait ytys, prevarication. Quelques modernes
rapproehant de superbire, traduisent ce mot par orgueil.
G II ne sauve point le mechant,
Et il fait justice aux affliges.
7 11 ne retire point ses yeux du juste ;
Et les rois sur le trone,
C’est lui qui les y affermit pour jamais et qui les eleve.
8 S’ils sont captifs et dans les fers,
S’ils tombent dans les chaines d’une dure servitude,
9 11 leur decouvre leurs oeuvres, .
Et les fautes qu’ils ont commises par orgueil,
\ 0 11 (leur ouvre l’oreille h la correction) les rend at ten tifs a ses avis.
Et les exhorte a s’eloigner du mal.
1 1 S’ils se montrent obeissants et dociles,
Leurs jours se passeront dans la joie,
Et leurs annees dans les delices.
\ 2 Mais s’ils resistent, ils passeront par le glaive,
Et ils periront prives de sagesse.
1 3 Oui, les impies s’irritent,
Au lieu de l’implorer, dans leurs fers.
14 Ils seront moissonnes jeunes encore,
Et leur vie se fletrira comme celle des infames.
1 5 Au contraire , Dieu tirera le pauvre de sa misere Et 1’instruira par le revers.
* 13. Ou bien : les impies accumulent sur eux la colere (Onoaup^oufjtv op-yw, Rom. ii, 5), ils n’invoquont point Dieu.
* 15. Jeu de mots entre ijy et Vtjya, ainsi que entre et
1 6 De meme, il te delivrera de l’angoisse ;
II la remplacera par l’abondance,
Et les mets de ta table seront pleins des sues les plus nourrissants.
17 Mais, si tu combles la mesure de l’impie,
Tu en porte ras la sentence et la peine.
1 8 Car sa colere est pendante ; crains qu’il ne te rejette
avec violence,
Et que tes superbes offrandes ne te puissent sauver.
1 9 Aura-t-il egard a tes richesses dont il n’a que faire, A tous les ressorts de ta puissance ?
20 N’imite pas ceux qui attendent impatiemment la
nuit
Pour envoy er leurs brigands au pillage.
21 Garde-toi de te livrer a l’injustice,
Car e’est a cause d’elle que tu eprouves le malheur.
22 Vois Dieu comme il est grand en sa puissance ! Quel maitre est semblable h lui ?
* 16. Litteralement : il t’a pousse toi aussi hors de la bouche
de l'angoisse (personnifiee) dans un espace large (accusatif de
mouvement ou locatif) dans lequel il n’y a plus de detresse (en
sous-entendant le pronom relatif), ou bien, sans detresse (en
prenant x’b pour x'bn) sans lui e’est-a-dire , l’espace large.
Dieu te fera passer d’un endroit etroit dans un large qui est tel qu’il ne pourra plus devenir etroit.
* 19. Plusieurs interpretes modernes expliquent -pn comme
-pH,, xxn, 24, or. Cette explication est tout a fait arbitraire. -pQ est simplement le substantif avec la preposition 3 et le
sens est : Dieu n’a aucun besoin et il n’a que faire de tes richesses.
23 Qui lui prescrit des regies a suivre,
Et qui lui dira : Tu commets l’injustice?
24 Souviens-toi d’exalter ses oeuvres,
Celebrees par tous les homines.
25 Tous les homines les voient ;
Tous les decouvrent deloim
26 Dieu est eleve par dessus toute science,
Et le nombre de ses annees est innombrable.
27 II attire les vapeurs humides,
Qui retombent en pluies sous leur poids.
28 Les nuees en arrosent la terre
Et les versent en ondees sur les homines.
29 Qui comprendra le balancement des nuages Et le fracas de la tente du Tres-Haut ?
30 II etend autour de lui sa lumiere :
II s’environne de l’abime des mers.
31 Car ainsi il juge les peuples
Et leur donne d’abondantes recoltes.
32 La foudre brille dans ses mains,
Et il la lance contre les rebelles.
33 Son tonnerre Tannonce a toute creature, Quand il marche au combat.
* 30. □■'in les racines de la mer. La plupart des inter-
pretes entendent par lk les eaux les plus profondes de la mer.
* 32. tin est la lumiere de l’eclair, la foudre, dont Dieu se sert pour frapper se.s ennemis.
* 33. Ce verset est tres-obscur. Scbultens en a compte vingtliuit explications differentes. iyi est pris ici dans le sens de
bruit pour designer le tonnerre. jn a cette signification Ex.
XXXVII, 1 G’est pourquoi mon coeui’ s’emeut Et frissonne :
2 Ecoutez l’eclat de sa voix
xxxii, 17, Quant k napn, on peut l’entendre dans un sens general de tout ce que Dieu possede, de toutes ses creatures, auxquelles Dieu annonce par l’eclat de son tonnerre qu’il s’eleve pour marcher au combat contre ces ennemis dont nous parle le verset 32. Gen. xiv, 19, 22, Dieu est appele nap, possesseur
du cieldeetla terre. napa designe ici cette possession.
* 1. Alexandre de Humboldt, dans le second volume de son Cosmos, a ecrit l’histoire de la nature telle qu’elle a ete comprise et dbcrite par la litterature de tous les peuples. Parlant des livres saints, il dit : « Le cent troisieme psaume (heb. civ) est a lui seul une esquisse du monde... On est surpris de voir dans un poeme lyrique aussi court, le monde enlier, la terre et le ciel peints en quelques traits. » Et il ajoute : « Desemblables aper^us sur le monde sont souvent exposes dans lesPsaumes, mais nulle part d’une maniere plus complete que dans le trente-septieme chapitre du livre de Job, assurement fort ancien, bien qu’il ne remonte pas au delb de Moise. On sent que les accidents meteorologiques qui se produisent dans la region des nuages, les vapeurs qui so dissipent ou se condensent suivant la direction des vents, les jeuxbizarres de la lumiere, la formation de la grele et du tonnerre avaient ete observes avant d’etre decrits. Plusieurs questions aussi sontposees que la physique moderne peut ramcner sans doute k des formules plus scicntifiques mais pour lesquelles elle n’a pas encore trouve de solution satislaisante. On tient generalementle livre de Job pour l’oeuvre la plus achevee de la poesie hebraiique. Ilya autant de cliarme pittoresque dans la peinture de chaque phenomene que d’art dans la composition didactique de l’ensemble. Chez tousles peuples qui possedentune traduction du livre de Job, ces tableaux de la nature orientale ont produit une impression profonde. » Cosmos, trad* Galusky, Paris, 1848, t. 2, p. 51-53.
Et le murmure qui s’echappe de sa bouche.
3 II se repand sous l’immensite des cieux ;
Son Eclair brille jusqu’aux extremites de la terre : '
4 Puis le tonnerre gronde ;
Dieu tonne de sa voix majestueuse ;
Mais nul n’en peut suivre la trace, malgrS cette voix retentissante.
5 Qu’il est admirable, ce tonnerre de Dieu!
Que ses merveilles sont incomprehensiblcs !
6 II dit a la neige : Tombe sur la terre,
II le dit aux pluies abondantes,
Aux pluies d’orage que verse sa puissance.
7 II met comme un sceau sur la main de tous les
hommes,
Afin que ses creatures le reconnaissent.
8 Les betes sauvages rentrent dans leurs repaires , Elies restent dans leurs cavernes.
9 L’ouragan sort de ses retraites;
L’aquilon souffle les frimas.
1 0 Au souffle de Dieu la glace parait,
Et la surface des eaux se durcit.
1 1 II charge les nuages de vapeurs,
* 7* * Sceller la main de quelqu’un, c’est la tier, la rendre impuissante. Cl. xxiv, 16 oil □nn se dit des maisons que l’on ferme.
* 11. vn. Les lxx ont vu ici ig, electus ; la vulgate 13 frumentum , le Targum egalement de Y13 dans le sens de
puritas , serenitas. C’est le substantif •h, humidite, pluie, precede de la preposition 3. C’est le meme mot que l’arabe
11 seme dans l’ air les nuees orageuses.
1 2 On les voit errer en tous sens,
Selon qu’il les dirige,
Pour executer tout ce qu’il leur commande,
Sur la face du monde entier.
1 3 Apportant tantot ses chatiments,
Et tantot ses misericordes a la terre.
14 Job, ecoute ceci, arrete-toi
Pour considerer attend vement les merveillesde Dieu.
1 5 Comprends-tu comment il les opere,
Et fait briber l’eclair dans la nue?
1 6 Connais-tu le balancement des nuages,
Les prodiges dela sagesseinfinie?
1 7 D’ou vient que tes vetements sont chauds,
Quand il envoie du midi les zephyrs a la terre.
1 8 Etendras-tu le firmament avec lui,
En lui donnant la solidite d’un miroir d’airain.
* 4 8. yipnrii clioisi sans doute & cause dunom du firmament yip-), exprime tout & la fois faction d’etendre et de rendre solide, — pnttf designe proprement les nuages superieurs ; ici,
metaplioriquement, le ciel. — ^ estle signe de l’accusatif. —
Les miroirs ne sont mentionnesdans la Bible que dans ce passage et Ex. xxxviii, 8, ou ils sont appeles nina, et ou il est dit
qu’ilsetaientfaits d’airain. Tous les miroirs desanciens etaient en metal; c’est ce qui nous explique la comparaison renfermee dans ce verset. On a trouve en Egypte un grand nombre’de miroirs antiques. Ils sont fabriques avec un metal compose principalement de cuivre. L’habilete des Egyptiens melanger les metaux etait telle qu’on a pu rendre leur pouvoir reflecteur h quelques-uns de ceux qu’on a decouverts h Thebes quoiqu’ils fussent enfouis dans la terre depuis tant desiecles.
19 Indique-nous ce que nous lui dirons.
Nous n’oserons parler, environnes que nous sommes de tenebres.
20 Lui rapportera-t-on mes discours?
Qui l’essaierait serait aneanti.
21 Eh quoi ! l’homme est dbloui de sa lumiere,
Quand elle brille a travers les nuages,
Quand un vent vient a souffler et les disperse.
22 L’or vient du septentrion :
Que les splendeurs de Dieu sont plus redoutables !
23 Le Tres-Ilaut, nous ne pouvons Tatteindre:
Eminent en puissance,
En equite et en justice, il n’opprime personne.
24 C’est pourquoi les homines le reverent:
II voit comme un neant tous les sages ensemble.