‹ Le livre de JobChapitre 24 sur 31 · JOB. 5Q · texte numérisé non relu

JOB. 5Q

Mais quoi I tu observes toutes mes démarches •, Tu tiens compte de toutes mes fautes.

Ma condamnation est scellée dans une bourse*; Tu inventes des iniquités h ma charge.

La montagne qui s'écroule s'effondre peu à peu*. Le rocher est transporté hors de sa place;

Les eaux creusent la pierre,

Le fleuve entraîne le sol de ses rives ;

Ainsi tu détruis l'espérance de l'homme.

Tu l'écrases sans retour, et il passe ;

Tu le rends méconnaissable^, et tu le jettes en enfer.

* Le souyenir de la sévérité de Dieu fait retomber Job dans le désespofr*

* Les lettres, les pièces officielles sont, en Orient, renfermées dans une bourse scellée.

' Job conclut par un découragement résigné, et se console de la caducité de rtiomme par le spectacle des destructions lentes de la nature.

* Allusion aux maladies affreuses dont Job est accablé.

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eo JOB.

Que ses enfants soient honorés alors, il n*en sait rien; Qu'ils soient méprisés, il ne s*en aperçoit pas.

Sa chair ne sent que ses propres souffrances» Son &me ne gémit que sur elie-môme.

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Alors Eliphaz de Thémdn prit la parole^ et dit :

Le sage répond-il par une science pleine de vent; Remplit-il d'aquilons sa poitrine ?

Se défend-il par de vaines paroles, Far des mots qui ne servent de rienT

Toi aussi tu détruis la piété,

Tu diminues le respect envers Dieu.

Ta bouche même révèle ton iniquité.

Quel que soit Fartifice de tes paroles.

C^est ta bouche, et non moi, qui te condamne, Tes propres lèvres rendent témoignage contre toi.

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63 JÔB.

Es-tu donc né le premier des hommes?

As-tu été enfanté avant les collines * T

As-tu assisté au conseil de Dieu T As-tu attiré à loi toute sagesse f

Que sais-tu que nous ne sachions,

Quelle notion as-tu que nous ne possédions?

Nous avons aussi parmi nous des cheveux blancs, Des vieillards plus riches de jours que ton père.

Fais-tu donc peu de cas des consolations de Dieu Et des paroles douces que nous t'adressons?

Où ton cœur t'emporte-t-il»

Et que veulent dire ces yeux hagards ^

* Allusion k la Sagesse divine, née, selon les idées des Hébreux, ayant toutes les créatures. Les mêmes expressions se retrouvent dans les Proverbes, Vin, 25.

2 n faut supposer ici un jeu muet de Job, irrité de Thypocrisie du discoun d'£lipba2.

lOiB. 63

Pour que tu oses faire Dieu Tobjet de ta colère Et lui tenir de tels discotirs?

Ou'est-ce que Thomme, pour qu'il soit pur?

Le fils de la femme, pour qu'il soit innocent T

Dieu ne se fie point même à ses saints * ; Les cieux* ne sont pas purs devant lui.

Combien plus doit être abominable et pervers L'homme qui boit l'iniquité comme i'eau I

Je vais ^instruire, écoute-moi :

Je te raconterai ce que j'ai vu»

Ce que nos sages enseignent,

La doctrine qu'ils ont apprise de leurs pères»

^ C'est-à-dire,, à ses anges.

2 G'est-Mire, les ôtres (ivà composent là couîr éôlest^s.

Race pure» qui seule a habité sur sa terre,

Et au milieu de laquelle n'a jamais passé Tétranger :

« L'angoisse remplit tous les jours du malfaiteur Et le nombre des années qui sont réservées au tyran.

Des bruits terrifiants remplissent son oreille,

En pleine paix il voit fondre sur lui le dévastateur*

n n'espère pas échapper aux ténèbres, n s'envisage comme réservé pour l'épée.

Il se voit déjà errant et cherchant son pain, n sait que des jours sombres lui sont préparés*

La misère et la détresse l'épouvantent

Et l'assaillent comme un roi prêt pour la guerre.

Car il a levé sa main contre Dieu,

Il s'est enorgueilli contre le Tout-Puissant;

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Il a couru vers lui le cou levé,

En formant une niasse compacte du dos de ses boucliers *.

Son embonpoint lui avait couvert le visage, La graisse avait appesanti ses reins.

Voilà pourquoi il habite des villes ruinées.

Des maisons qui n'ont plus d'habitants, Destinées à devenir des tas de pierres.

n ne s'enrichira plus; sa fortune ne tiendra pas ; Ses possessions ne s'étendront plus sur la terre.

Il ne sortira pas des ténèbres,

Le feu brûlera ses rejetons,

Il disparaîtra au souffle de la bouche de Dieu.

Qu'il n'espère rien du mal... Insensé I.., Le mal sera sa récompense.

*■ G'çst-à-dîre, en faisant la tortue, comme cela avait lieu dans la poliorcé* tique des anciens.

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Sa destinée s'accomplira avant le temps, Sa palme ne sera jamais verte.

Il laisse tomber comme la vigne ses grappes amëres, Il jette sa fleur comme Tolivier.

Car la famille de Timpie est stérile,

Et le feu dévore la tente de rhomûie corrompu.

Il a conçu le mal et engendré le malheur, Et son sein a couvé le mensonge. »

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Alors Job prit la parole^ et dit :

J'ai entendu bien des discours semblables; Vous êtes tous d'insupportables consolateurs.

En as-tu fini avec ces paroles creuses?

Qu'est-ce qui t'obligeait à répliquer?

Moi aussi je saurais parler comme vous, Si vous étiez à ma place;

J'arrangerais des paroles contre vous, Je secouerais la tête sur vous *.

A Le mouvement de la tète est pris ici comme mtsig(tt dtapuareute compas» eion, qui cache en réalité le sarcasmei

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68 JOO.

Je vous consolerais de ma bouche,

Et vous auriez pour soulagement la pitié de mes lèvres.

Mais quoi I si je parle, ma douleur n*est pas adoucie ; Si je cesse ma plainte, qu*y gagné-je ?

Mes forces sont épuisées ; Tu as ravagé toute ma famille ;

Tu m'as saisi comme un criminel;

Ma maigreur est un témoin

Qui se lève contre moi et me répond en face.

Sa colère me déchire et me poursuitS

Il grince des dents sur moi|

Mon ennemi aiguise contre moi ses yeux.

' L'esprit troaUé de Job confond ici dans une série d'images terribles Dieu et ses ennemis, passant brusquement d'une idée à l'autre.

Ils ouvrent leur bouche pour me dévorer.

Us frappent mes joues avec ignominie,

Ils se relèvent les uns les autres pour m'attaquer.

Dieu m'a livré & limpie,

Il m'a jeté entre les mains des méchants.

J'étais en paix, et il m'a ébranlé ;

n m'a saisi par la tète, et m'a mis en pièces ;

Il m'a posé en butte à ses coups.

Ses flèches volent autour de moi, Il perce mes reins sans pitié, II répand mon fiel à terre.

Il ouvre dans mon sein brèche sur brèche;

Il court contre moi comme un guerrier puissant.

J'ai cousu un cilice sur ma peau, J'ai plongé mon front dans la poudre;

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70 lOB.

Mon visage est tout rouge de pleurs,

Un voile sombre s'étend sor mes paupières ;

Et pourtant il n*y a pas dUniquités dans mes mains, Ma prière * a toujours été pure.

terre, ne couvre point mon sang, Et que mon cri de vengeance ne soit pas étouffé (

Car j'ai encore un témoin dans le ciel, Un garant dans Tempyrée.

Mes amis se rient de mot;

Aussi c'est vers Dieu que mon œil pleure,

Pour qu'il juge lui-même entre Dieu et Thomme Comme entre le fils de l'homme et son semblable 2.

* C'est-à-dire, mon culte.

* Job, irrité de l'iniquité de ses amis, contre lesquels il n*a nul recours, se retourne, par une contradiction touchante, vers Dieu, qu'il prend pour son arbitre, quoiqu'il soit en même temps son adversaire.

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Car je vois venir la fin de mes années ;

Je marche dans un sentier où je ne repasserai pas.

Ha vie est détraite» #

Mes jours s'éteignent,

Il ne me reste que 1% tombeau.

Plût à Dieu que les traîtres fussent loin de moi, El que mon œil ne fût plus aflQigé de leurs querelles !

Dieu ! sois ma caution contre toi-même ; Quel autre voudrait me frapper dans la main * ?

Tu as fermé leur cœur à la raison;

Aussi ne leur donneras-tu pas gain de cause.

L*liomme qui trahit ses amis

Verra défaillir les yeux de ses enfants.

' C'était lo biguc pui- iutjiutl ou be coiibtiiuait caution d'une autre persoiîuc.

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On a fait de moi la fable des nations, Un misérable auquel on crache au visage.

Mon œil est éteint par la douleur,

Et mes membres -sont devenus comme une ornbre.

Les honnêtes gens en sont dans la stupeur,

Et rinnocent en conçoit de la colère contre l'impie.

Le juste cependant persévère dans sa voie,

Et celui dont les mains sont pures redouble de constance.

Or ça, revenez, je vous prie S Je vais vous prouver qu'il n'y a pas de sage parmi vous.

Mes jours sont passés; mes projets sont brisés, Ces projets que caressait mon cœur.

*■ Les amis de Job, irrités de ses paroles véhémentes, menaçaient de se retirer.

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De la nuit vous faites le jour ;

Ah ! que votre jour ressemble aux ténèbres * !

Quand tout mon espoir est d'avoir Fenfer pour demeure, Quand j'ai déjà étendu mon lit dans les ténèbres» ;

Quand j'ai appelé le tombeau mon père, Et la pourriture ma mère et ma sœur;

Où serait donc mon espérance?

Mon espérance, qui peut la voir?

Elle est descendue aux portes de l'enfer;

Si du moins dans la poussière on trouve le repos !..

* Job trouve une preuve de la folie de ses amis eu ce fait qu'ils ont voulu lui inspirer quelque espoir dans un état où il n'y a plus évidemment de place pour respérancOfc

* Job s envisaKO déjà comme domicilié dans le seheol»

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Alors Bildad de Suah prit la parole, et dit

Quand meltras-tu fin à ces discours?

Quand seras-tu sage et nous laisseras-tu parler i

Pourquoi nous traiter comme des bêtes, Nous regarder comme des animaux sttipides?

Malheureux, qui te déchires par ta colère !

Veux-tu qu'à cause de toi la terre soit abandonnée, Et que le rocher soit transporté hors de son lieu?

Oui, la lampe du méchant s'éteindra, Et la flamme de son foyer ne luira oas.

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La lumière s'est obscul^cie dans sa tente, Son flambeau s'éteindra au-dessus de lui.

Ses pas si fermes seront circonscrits.

Il sera renversé par son propre conseil.

Ses pieds seront pris dans les rets; Il marchera sur le piège

Ses talons seront saisis par les lacs; Le filet s'emparera de lui

Une corde est tendue pour lui sous terre, Une trappe est cachée dans le sentier qu'il suit.

De tous côtés des terreurs l'assiègent, Et le poursuivent pas à pas.

Le malheur ouvre sur lui une gueule affamée, La ruine veille à ses côtés.

Digiti

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