HIVER
Assis sur le tronc de mon rêve déraciné — je pleure. L'hiver accourait.
Il n'était plus là. Mon cœur en eut des contorsions. Les feuillages automnaux se cuivrèrent de rage.
Assis sur le tronc de mon rêve déraciné — je pleure.
Tragique, je hélais l'amour, la « bella pucella » que j'avais vu émerger à mi-corps des pages moutonnantes d'Apulée. Des choses étaient entre Elle et moi.
Assis sur le tronc de mon rêve déraciné — je pleure.
Quelquefois je me tournais vers Sarron, le pays des narcisses, ou vers le fleuve Guyas où boivent les lamas.
Assis sur le tronc de mon rêve déraciné — je pleure.
Mais bientôt vers l'Absent s'adressaient encor mes étreintes. Un autre s'y substitua si archangéliquement attirant que pour un printemps il me donna le change.
Et me relevant du tronc de mon rêve déraciné, avec Lui je reprends ma route — et je chante.