‹ Le livre de l'amitiéChapitre 3 sur 22 · LE CHRIST ET SAINT JEAN · texte numérisé non relu

LE CHRIST ET SAINT JEAN

Et Jésus consacrait l'hostie et le calice, Et Jean était couché sur le sacré-cœur douloureux. Ses mains d'hyacinthe, il les palpait avec délices ; Le vent des voluptés soufflait dans ses cheveux.

Au fond, la draperie enfle ses plis tumultueux. Les couchants lament d'or le Mont du Sacrifice Et le teignent de pourpre. Et sur sa pente glissent Les oliviers fleuris au feuillage terne et soyeux.

Quand de la Croix sur Jean, Jésus baissa sa vue amère,

Lui montrant la Mater dolorosa : « Voilà ta mère.

Tous deux étaient debout — transgladiés, blêmes, pâmés.

Puis quand aux rayonnantes Ascensions, le Christ s'éclipse Sur les nuages futurs voyant venir son Bien-Aimé, Jean, lui tendant les bras, gémit l'Apocalypse.

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