MONTAIGNE ET LA BOETIE
Et le galop de leurs chevaux sonne, Et des aigrettes endiadèment leurs sabots ; Herbeux entre les pierres le sentier court vers Bordeaux,
Des pampres viennent tremper dans la Garonne.
De joncs criards la berge foisonne :
Pantelants l'un de l'autre, mais d'élans accalmis, L'un se désirant grand pour l'autre, les Amis, Très érudits, faisaient tinter des vers d'Ausone
Sur « Burdigala, la ville des vignes, « Où le ciel a des clémences insignes ». Jeunes, mais pas trop, leur prime vue battit d'émoi,
Et dans l'apaisement des possessions pleines,
Si l'on se fût enquis quel pourquoy les enchaîne :
« Parce que c'était luy, parce que c'était moy ! »