‹ Le livre de l'amitiéChapitre 6 sur 22 · TROIS MAI · texte numérisé non relu

TROIS MAI

Oh ! vers ce jour qui donc me précipite ? Je veux penser, chanter, je veux un nom ! Au mot de gloire, hélas ! mon cœur palpite, Un rêve luit, me fascine et me quitte : Avoir quinze ans et le luth de Byron !

Trois mai!... trois mai !... Tout naît, tout se ranime. La sève à l'arbre et la pensée au front. Alors, des monts le brouillard fuit la cime, Comme des fleurs d'amandier pleut la rime. Alors !... ô jour béni, quel est ton nom?...

Le temple en fête et sous les nefs antiques

L'épithalame enflammé de l'amant,

Des cierges d'or étoilant les portiques,

Toi... moi... l'autel... Sous tes ardeurs mystiques,

Jésus, Jésus, nous pleurions doucement !

OMirzaël, c'est là que vint éclore

La fleur d'amour que Dieu daigne bénir,

Le tabernacle éblouissant la dore

Des rayons purs d'une céleste aurore

Et son parfum est fait de souvenir!

Oh ! quand ta bouche en fleur me disait : « Cher poète, Quand ton mignard crayon me traçait des baisers, J'oubliais que la vie humaine est ainsi faite, Que le dégoût souvent suit les vœux apaisés, Mais la pure amitié rend l'âme plus parfaite.

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