CONDITIONS DE LA MONAHCHIE
sans vouloir rien farder. Il demeurerait constant pour moi que la Restauration, tant de la branche ainée que la branche cadette, devant tout à rennerai, devait tout lui rapporter; qu'ayant reçu la dépouille de la France, frappée, meurtrie, foulée, anéantie, elle devait bien se garder de récliauffer le cadavrp' d'Hector. Elle avait reçu i^ri pays expirant, elle devait Tachever, c'est-àdire maintenir, augmenter l'occupation étrangère, non pas seulement dans quelques provinces, mais dans toutes; se refuser obstinément ^ la recomposition d'aucune armée nationale ; ariéantir le commerce déjà exténué; appauvrir '^ bourgeoisie et la saigner à blanc, au lieu de la î*^ Veiller par le pauvre prélèvement de deux milh*3.i*(ls, qui chatouilla la blessure sans la rendre ^c^rtelle; par-dessus tout, interdire absolument ^^ discussion. C'était une conquête, il fallait le ^^^^•Tiprendre. A ce prix, on avait pour durer les ^*^^nces que présente toujours un système suivi.
-Au lieu de cela, voyant Louis XVIII et ^-^^arles X ouvrir eux-mêmes des tribunes à la ^ '^erté parlementaire, conserver le droit d'écrire ^ *- de penser, le garantir même par leurs Char- *'^ ^, je ne me ferais aucune illusion sur les con- ^^quences de telles fautes. Je reconnaîtrais, sans ^^rgiverser, que, croyant dompter l'ennemi, ils
Tont fait entrer dans la place. Ils ont réchaufTé le serpent; quelle merveille qu'ils en aient été mordus ?
La Chambre inlrouvable de 1815 eut un moment rinspiration sérieuse de ce qu'exigeait une restauration monarchique. Elle fit paraître quelque étincelle du génie de réaction qu'avait montré Philippe II pour ressaisir les Flandres ; elle sut verser à propos le plus pur sang de nos veines. En un mot, par sa terreur blanche, elle témoigna qu'elle avait le sentiment vrai des conditions de la monarchie, et qu'elle voulait les remplir sincèrement. Que pouvait-on espérer davantage? Par malheur, il était dans sa nature de détruire d'une main ce qu'elle faisait de l'autre. Il aurait fallu que son édifice d'absolutisme s'élevât, comme ailleurs, dans le silence et dans l'ombre. Au contraire, ce n'étaient que discours, éclats de discussion ; si bien que, pour tuer la liberté, elle établissait dans le pays, ne pouvant mieux, les habitudes d'un peuple libre. Quand ses échafauds tombèrent, la tribune resta; dès lors tout fut perdu.
On le vit bien, lorque des écrivains, avides de parole, persuadèrent leur roi d'accepter simplement la discussion avec la révolution. Liberté dQ la presse, liberté de la tribune, liberté de suffrage, devaient être, selon M. de Château-