‹ Le Livre de l'exilé, 1851-1870. Après l'exilChapitre 49 sur 91 · MAKtPËâtËS ET DîàCÔUÎ^â · texte numérisé non relu

MAKtPËâtËS ET DîàCÔUÎ^â

comme tant d*âutres. Au lieu de ce souhait, la commission accepte la loi qui en est précisément Topposé.

Ainsi, encore une fois, d'un côté les vœux, de l'autre la réalité ; et celle-ci est le contraire de ceux-là. Un préambule libéral, et un texte de loi illibéral.

Tant que nous marcherons dans cette voie, il est clair que nous n'atteindrons jamais que r apparence.

La liberté sera pour nous une terre promise dont nous ne connaîtrons que le mirage.

Ainsi, nous voilà retombés dans cette législation, en vertu de laquelle Técrivain français est enveloppé de pièges à chaque pas. Il redevient l'éternel suspect qu'il s'agit, à force d'artifices, de prendre en flagrant délit. Tous ces prétendus crimes, que l'on ne peut même définir, renaissent par l'habileté du législateur. Il crée des délits pour avoir le plaisir de les punir. Ne lui demandez pas de les caractériser. Cela lui est impossible. Car, le vrai nom de ces crimes, il n'ose le leur donner. Jo serai plus hardi ; je dirai le vrai nom de ces délits imaginaires que l'on ne sait comment qualifier. C'est le crime de penser.

Il est aussi ancien que le monde; et, Dieu merci, il durera autant que lui!

Au reste, tout a été dit en France, pour et

DÉLITS t)Ë i^ttkSSË. mi

contre les délits de Presse. Je ne me sens pas la force de recommencer ces redites.

Je me contenterai d'une réflexion qui naît naturellement des temps où nous sommes.

Notre pays est sous les pieds d'un ennemi acharné, implacable, qui prétend nous détruire. Il répète qu'en nous ruinant, il veut encore nous ôler Tintelligence.

N'allons pas nous-mêmes à son aide dans cette entreprise .

Si une nouvelle loi de compression intellectuelle réussissait enfin à éteindre cette vie qui renaît d'elle-même; si, à force d'artifices, d'inventions légales, nous parvenions à étouffer le souflle de l'esprit français dont nous devons attendre notre régénération, ayant tout perdu, corps et biens, que nous resterait-il? Dites-le moi. Il vaut la peine d'y songer.

Pèlerinages d'outre-tombe (1).

A UN CBRCL.B PATRIOTIQUE

Vers^ailies; octobre 1872.

Messieurs et chers concitoyens,

Puisqu'il ne m*est pas possible d'assister à votre réunion anniversaire, je liens, du moins, à ce que vous receviez ce jour-là mes vœux pour la noble et grande tâche que vous avez entreprise.

Cette œuvre est plus que jamais nécessaire; car enfin, c'est par la France que sera sauvée la France. C'est elle qui a pris soin de ses destinées, dans les élections nouvelles; c'est elle qui a marqué la voie républicaine où l'instinct lui

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