A UN CERCLE PATRIOTIQUE
montre le salut. Travaillons donc tous pour lui ôter les entraves et les baillons que tant de siècles esclaves lui ont laissés.
La réaction, sous ses noms divers, est aujourd'hui ce qu elle était il y a quatre-vingts ans; ou plutôt elle s'est empirée jusqu'à la démence.
Elle n'a cessé de marcher en arrière. Dans ces pèlerinages d'outre-tombe, la voilà qui n'a plus rien de commun avec les vivants. Ne nous étonnons pas si dans cette dislocation, toute vie, toute idée moderne la scandalise. Elle est aujourd'hui plus brouillée avec l'esprit moderne, qu'elle ne le fut jamais ; il est juste qu'elle l'injurie. Toute vérité lui parait un spectre rouge.
Laissons-la retourner à des temps et des choses qui ne sont plus. Pour nous, marchons en avant. Plus de lumière, plus de science, plus de vérité, plus de sagesse acquise. Tout cela se trouve devant nous, non en arrière.
Quoi((ue l'habileté suprême soit de vouloir une République sans républicains, je vous dirai : Augmentez par le pétitionnement le nombre des républicains actifs. Vous aurez une République sans républicains, quand vous aurez un triangle sans angle, un cercle sans circonférence, une France . sans Français.
EDGAR QUINET
Du Renouvellement partiel (1).
Versailles, 29 novembre 1872.
Je n'entre pas dans la question du pouvoir constituant de TAssemblée. Je veux dire seulement que le problème qui nous est soumis a, comme tous les autres, une condition formelle. Il faut que la proposition du Gouvernement entraîne avec elle une importante majorité. Sinon, la nécessité devient plus évidente d'un renouvellement de l'Assemblée.
En effet, en des matières semblables, l'indécision est ce qu'il y a de plus funeste. Sur des questions d'État, on ne peut concevoir que la majorité oscille d'une extrémité à l'autre comme un grand pendule. Ce serait la perturbation de la France, au lieu de la stabilité à laquelle elle aspire.
(1) Pages inédites.