DU RENOUVELLEMENT PARTIEL
que là est la sincérité et la vérité dans les institutions et dans les choses.
Si, malgré tous les efforts, nous ne pouvons nous convaincre les uns les autres, si nous ne pouvons nous ramener à la môme pensée, c'est là le signe certain qu'il faut en appeler de nos dissentiments à la France, qui nous voit et qui nous juge.
La Dissolution
Versailles, 12 décembre 1872.
Les adversaires de la Dissolution ont un argument capital auquel tout les ramène. Je veux prouver que cet argument est contraire à la réalité, et qu'il est lui-même plus dangereux que tous les périls auxquels on prétend nous soustraire.
Je dis que Targument est faux. En effet, en quoi consiste-t-il ? En ceci : On prétend que la dissolution de l'Assemblée n'est possible et raisonnable qu'après la libération du territoire. Et pourquoi ? Parce que le mouvement des élections agitera le pays et qu'on donnera ainsi une occasion aux Prussiens de revenir sur leurs pas, de se rengager dans les parties de la France qu'ils ont évacuées, et de s'ingérer dans nos affaires intérieures.
LA bISSOLUTION. S85
Tout cela est l'opposé de la vérité . Nous avons péri militairement pour avoir été trompés sur la force et les intentions militaires de la Prusse. Ne périssons pas politiquement par des idées entièrement fausses Sur Tesprit, les intentions et les A^ues politiques de la Prusse et de l'Allemagne. Contrairement aux assertions des ennemis de la Dissolution, je soutiens que nulle part, en Prusse et en Allemagne, on ne voit poindre la moindre idée d'une ingérence dans nos affaires intérieures.
Interrogez sur ce point les hommes politiques allemands, la presse, tout ce qui a un crédit sur l'esprit public, vous ne trouverez nulle part l'inlention de se mêler de nos débats.. Oui, s'il y a quelque chose d'évident, c'est l'unanimité de toute la nation allemande en ce qui nous touche. Aussi longtemps que nous sommes les débiteurs de l'Allemagne et que nous payons le trittut, elle veut nous laisser à nous-mêmes, ne p^s intervenir dans nos dissensions, surtout ne rien faire pour empêcher chez nous la vie publique.
Et comment ne pas voir la raison de l'accord unanime? Croyez -vous que je prétende que c'est Teffet d'une condescendance quelconque pour la France ?
Vous ne m'attribuerez pas, j'espère, une pensée aussi vaine. Non. Si la Prusse et l'Allemagne se
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tiennent ainsi en dehors de nos débats intérieurs, c'est qu'elles y trouvent leur intérêt. Comment cela? Parce que leur intérêt actuel, leur but est de recevoir les milliards que la France produit actuellement a leur profit, et ils ont le ferme dessein de ne rien faire pour interrompre chez nous l'exercice de la vie publique, qui seule peut produire les trésors que la France crée pour eux.
Attribuez seulement aux Allemands l'intelligence la plus vulgaire, Qt vous verrez combien ce que je dis est évident. La France n'est pas pour eux une noble nation qu'ils ont la volonté d'épargner. Non, vous les connaîtriez mal, si vous leur attribuiez une politique de ce genre. La France est la poule aux œufs d'or qui pond pour eux ses trésors ! Et vous les croiriez assez insensés pour chercher l'occasion de venir étouffer sous leurs pieds cet instrument de leur fortune ! La France, tant qu'elle est leur débitrice, est une machine qui verse dans leurs mains les sommes prodigieuses que nul tribut n'a égalées jusqu'ici. Les croiriez-vous assez simples pour supposer qu'ils ne cherchent qu'une occasion de troubler et d'arrêter le jeu de cette machine qui fait couler dans leurs mains des flots d'or ?
Connaissez donc mieux vos ennemis. Loin de vouloir s'ingérer dans vos affaires intérieures et déranger un ordre qui leur est si profitable» ils