‹ Le Livre de l'exilé, 1851-1870. Après l'exilChapitre 55 sur 91 · VIU · texte numérisé non relu

VIU

A GARIBALDI

Versailles, 7 février 1873.

Mon cher Garibaldi,

Des hommes qui ne vous connaissent pas ou qui ne peuvent vous comprendre ont encore une fois cherché à ternir votre gloire, la plus pure de notre temps. Peu vous importe! Votre nom est enraciné dans le cœur des peuples. Il retentira, au loin, dans la postérité, quand celui de vos dé-

tracteurs aura disparu de toutes les mémoires.

Qui pourrait songer à vous défendre, vous, Tami, le défenseur de toute justice? La démocratie qui vous oublierait, s'oublierait elle-même. Et que serait la France, si elle devenait ingrate ? Ce ne serait plus la France.

Paris a montré qu'il se souvient des grandes actions en vous donnant, au jour de Télection, ses deux cent piille voi^^. I^os départements ont fait

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comme Paris. Quand j'ai visité nos provinces du centre, la Côte-d'Or, Saône-et-Loire, l'Ain, partout j'ai recueilli de chaque bouche cette même parole :

— C'est lui qui nous a sauvés de l'invasion !

Vous n'avez, certes, nul besoin d'entendre ce cri de la reconnaissance publique. Mais moi, j'ai besoin de le répéter pour l'honneur de ceux que vous avez sauvés.

Là où l'ennemi a été victorieux, il nous a enlevé tout ce qu'il a pu nous prendre. Il nous a dépouillés. Mais au moins, il nous a laissé le cœur.

Pour toujours, votre dévoué et reconnaissant,

EDGAH QUINET.

La République en Espagne.

Versailles, 16 février 187S.

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