PROROGATION DES POUVOIRS. 4M
tient à aucune assemblée; c'est donc le régime de la force qu*il sggit de substituer aux lois qui gouvernent les peuples civilisés.
Et quelle stabilité peut se promettre un régime que l'on a pu déjà accuser à la tribune d'être illégal, extra-légal, sans valeur? 11 n'est pas possible d'oublier ces qualifications. La durée de ce système est d'avance ruinée par l'illégalité.
Où sont les Français qui auront à gagner quelque chose à cette substitution perpétuelle de la force au droit national? Je dis que tout le monde serait trompé par cette abolition du droit. Ce n'est pas la royauté qui sortirait de ce régime militaire. Non. Tout au plus vous verriez, comme dans quelques sociétés de l'Amérique du Sud, les sauveurs succéder aux sauveurs, les dictatures aux dictatures, au milieu de révolutions continues. Le régime proposé est fait pour extirper la République.
Mais il ne vous mènerait pas davantage à la royauté. Il vous conduirait dans une de ces régions sans nom, où rien ne peut croître, hormis un césarisme barbare et précaire, entremêlé de révoltes dans lesquelles s'exlénue la vie des peuples.
Je veux croire encore qu'il n'y a personne ici, ni ailleurs, qui ose proposer pour la France un avenir indéfini de mort et d'esclavage politique.
Des Pouvoirs publics 7i).
Versailles, 17 novembre 1878 (2).
Tout le monde répète ce mot : Il faut sortir de la crise. Sans doute, il faut en sortir. Mais qu'entend-on par la crise ? C'est ce que Ton ne nous a pas dit.
Elle n'est pas nouvelle, quoiqu'on en puisse penser ; c'est un mal qui date de loin.
La France voit une contradiction absolue entre les déclarations officielles et les actes ; entre ce qu'elle veut et ce qui se fait; entre ses intentions formelles et ses gouvernements. Ses élections se font dans un sens, sa politique • est dirigée dans un autre; elle veut la liberté, et les gouvernements lui imposent le contraire. Aussi longtemps que cette contradiction existera, la crise continuera d'exister.
(1) Pages inédites.
(8) Cette séance a été remplie par le Message de M. le meré* chai de Mac-Mahon»