AUX RÉ1>UBLICA1NS
laines de la vie publique, pour se préserver d'un fléau imaginaire dont on grossirait à plaisir les menaces et les chances d'irruption?
Suftira-t-il d'annoncer la peste, pour que l'on renonce à respirer et à se mouvoir?
Est-ce assez de prédire le bonapartisme pour que l'on se condamne d'avance à un nouveau Sénat conservateur, impérial, de 1814?
Nous précipiterons-nous dans le mal, pour vouloir l'éviter?
Il y a des paniques pires que les défaites.
Nous avons acquis un grand nombre de vérités politiques qui sont notre force, telles que l'élection par le suffrage universel ; le danger mortel d'une Chambre haute créée par le pouvoir exécutif à son image ; l'impossibilité de donner pour base à une République des institutions monarchiques, ce qui est introduire la guerre dans le cœur même de la nation.
Voilà des choses élémentaires qui sont sorties pour nous de tous nos conflits, et qui surnagent encore sur l'abîme. Voulons-nous renoncer à ce qui est notre héritage et notre motif d'espérer?
Je veux bien que la démocratie soit modeste, à condition pourtant de ne pas s'anéantir.
N'oubliez pas qu'en France chaque abus s'augmente quand il a été consenti : il est de nature chez nous que toute liberté diminue et toute ser-
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Vîtude s'accroît. Ne consentez donc à rien de ce qui enferme une servitude, ne fût-ce qu'un point imperceptible. Car ce peint grossira et deviendra un tout.
On cherchera, dit-on, Texlrême concession qui peut se faire à la domination du pouvoir d'un seul; on trouvera la limite extrême qui sépare la liberté de Tautorité absolue, et Ton se fixera à cette ligne intangible tracée entre la démocratie et la monarchie.
Illusion! Ces mondes-là ne sont pas séparés seulement par une ligne ; quand on approche tant du pouvoir absolu, on y tombe.
Le vrai danger, c'est de vouloir appliquer à la grande démocratie l'esprit qu'on portait dans les combinaisons du régime de Louis-Philippe. Ce régime a expiré dans les étroites catégories ; que serait-ce des grandes masses de la nation française? Elle étoufferait dans le supplice du garrot.
Où donc est le remède? Il est aujourd'hui où il était hier. On ne veut plus le voir,' il n'est que plus certain. Il est dans la Dissolution.
Puisque vous êtes une démocratie et que vous ne pouvez ni ne voulez être autre chose^ ayez confiance dans la démocratie un seul jour ; vous en tirerez des merveilles.
Que de noires prédictions n'avait-on pas faites sur l'élection du 7 février 1875? Le peuple s'a-