L'ESPRIT SEUL PEUT VAINCRE L'ESPRIT
et les peuples avaient passé sur leurs ioml)eaux sans les reconnaître.
11 y avait dans le monde deux ou trois grandes religions mortes et pétrifiées : en Orient le Brahmanisme et le Bouddhisme; en Occident le Catholicisme, l'Église grecque. Elles étendirent, comme les Pyramides d'Egypte, leur ombre massive sur un désert moral. C'était pour servir de sépulcre aux cadavres des peuples, à mesure que leur ombre les glaçait.
Et le silence se fit sur toute la terre.
Je ne suis pour rien dans ce qn*il8 font.
Je ne m*étonne pas que les anciens aient eu tant de peine à supporter Texil du temps des empereurs. Ils se sentaient frappés par un seul homme, un césar; et cet homme-là de moins dans le monde, il leur semblait qu'ils retrouveraient leur patrie entière. Il me paraît qu'il en est autrement quand ce sont des peuples entiers qui, soit ignorance, soit lassitude, s'affaissent dans l'injustice. Car il doit vous sembler alors que vous seriez leur complice, si vous étiez roèté au milieu d'eux. Et dans les ennuis de la proscription, il y a celte joie intérieure qui consiste à se dire: Dieu merci, je ne suis pour rien dans ce qu'ils font.
J'imagine que c'est là le sentiment qui a soutenu tant d'hommes exilés dans les Républiques, soit anciennes, soit modernes. Ils ont montré