‹ Le Livre de l'exilé, 1851-1870. Après l'exilChapitre 86 sur 91 · A LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE ROMANDE. 60B · texte numérisé non relu

A LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE ROMANDE. 60B

Vous célébrez la victoire de l'esprit dans lés lieux où il a été le plus opprimé.

Il en sera ainsi, je n'en doute pas, sur toute la terre, de tous les souterrains grands ou petits où languissent encore enchaînées la conscience et rintelligence humaines.

Le moment approche où tous les engins de la servitude serviront à glorifier la liberté conquise.

Plus d'un peuple est encore lié, dans les ténèbres, aux colonnes d'un caveau et enterré vivant dans son château ou dans sa bastille de Chil- Ion.

Chacun de ces grands prisonniers sortira de cette nuit et fêtera, à son tour, comme vous , sa délivrance.

A M. Vuillemin, au continuateur et à l'émule heureux de Jean de MuUer !

Au savant historien du château de Chilien !

A la Société d'histoire de la Suisse romande !

A la prospérité de la Suisse! Elle ne peut avoir d'autres ennemis que les ennemis de l'espèce humaine !

A des Patriotes Vaudois (1)

à juin 1862.

Je remercie la Société cantonale des chanteurs vaudois. Ces beaux chants religieux et civiques, partis du temple, répandus sous la voûte du ciel, au pied de ces sommets qui vous sourient ; ces hameaux qui s'ornent pour vous souhaiter la bienvenue, ces populations qui accourent au-devant de vos bannières, ces guirlandes de lleurs qui se tressent en arcades sur vos têtes, ces canons qui ne grondent que pour attester votre concorde et votre prospérité, voilà des spectacles qui ne se trouvent que dans votre libre Helvétie !

(1) Lo 2 juin 18G2, à la belle fêle do Monlrcux, la Société cantonale des chanteurs vaudois a fait une manifciftation sympathique k M. Quinct, à Veytaux, en chantant un chœur sous ses fenêtres, en lui portant des vivats, enfin en lui adressant une chaleureuse allocution.

A DES PATRIOTKS VAUDOIS. VÀ)o

Puisse l'Europe vous imiter! Puissé-je entendre un jour des chants semblables dans mon pays ! Ce serait pour moi un beau jour !

Vos mœurs publiques , vos institutions , sont rhonneur, non-seulement de la Suisse, mais de l'espèce humaine. Il n'est pas un homme de cœur qui ne soit intéresse à ce que vous les conserviez intactes.

Pour répondre à vos viwits, je n'ai pas la puissance de vos chants. Et pourtant^moi aussi je porterai un vivat qui trouvera de l'écho dans ces monts indépendants : « A la liberté, à l'indépendance de la Suisse ! Vivent, vivent à jamais les enfants de la Suisse ! »

Pas de progrès en dehors de la Liberté.

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