NETTOYAGE DES CASSEROLES
Nettoyage et entretien des appareils et ustensiles de cuisine. — Les fourneaux économiques, étant d'un usage constant, doivent être fréquemment nettoyés. Sans parler du ramonage de la cheminée, il faut de temps en temps ramoner le tuyau môme du fourneau, et enlever la cendre qui remplit la partie intérieure, à laquelle on atteint par une petite porte située par le milieu, ou encore en enlevant les disques les plus éloignés du foyer. L'extérieur du fourneau se nettoie une ou deux fois par semaine, au pétrole, qui décrasse parfaitement la tôle. On le passe ensuite à la mine de plomb ou, mieux, à une de ces pâtes spéciales plus grasses et plus adhésives que la plombagine.
On emploie la même méthode pour l'entretien de tous les appareils de chauffage : poêles, cheminées, grilles, etc.
Nettoyage des casseroles. Écurage du cuivre. — Le nettoyage des casseroles est, de toutes les opérations domestiques, celle qui demande le plus de soin et qui est souvent le plus mal faite. Les domestiques n'hésitent pas à épargner leur temps et leur peine dans cette besogne quotidienne ; il faut donc que la maîtresse de maison veille elle-même à la bonne exécution de ses ordres à ce sujet.
Les casseroles de fonte, de fer battu et d'émail seront lavées à l'eau bouillante^ additionnée ou non de cristaux de soude. Celles qui ont servi à faire des plats gratinés ou dans lesquelles un mets a « pris au fond » seront mises à feu doux avec de l'eau et des cristaux de soude, le gratin s'en va alors très facilement.
Une lavette garnie de fils de fer recourbés est nécessaire pour le nettoyage des casseroles. Lorsqu'elles sont trop fortement salies, on est obligé d'employer de la cendre ou de la poudre de grès, qu'on frotte vigoureusement à l'aide d'un chiffon. Le noir de l'extérieur sera enlevé par le même procédé, mais on peut y employer une brosse de chiendent.
M™e 0. BussARD. — Le livre de la fermière. 1 9
ne ALIMENTATION.
Les casseroles de terre demandent à être particulièrement soignées. Il se forme, en effet, dans les cassures, des dépôts très difficiles à enlever et qui donnent un goût désagréable aux mets qu'on y prépare. C'est à cause de cet inconvénient qu'on ne doit pas garder longtemps une casserole ayant une fente un peu prononcée.
Ustensiks de cuwre. — Les ustensiles de cuivre réclament récurage, qui se fait avec du grès très fin ou du savon minéral. La terre pourrie donne aussi de bons résultats. Lorsque les cuivres sont en mauvais état, on est obligé d'employer l'eau de cuivre, préparation à base d'acide oxalique, que l'on trouve toute faite à bas prix chez les droguistes. Cette eau est un poison, en outre elle brûle les étoffes.
Le tripoli délayé avec cette eau, ou avec du vinaigre, ou encore employé à sec, nettoie bien, de même que toutes les poudres qui en dérivent.
Ustensiles d'étain, — Le pétrole fait briller comme l'argent les ustensiles en étain ; il suffit d'en verser sur un chiffon de laine et d'en frotter le métal.
Nettoyage de la vaisselle, — On simplifie beaucoup le nettoyage de la vaisselle grasse en en enlevant tous les détritus avant de la plonger à l'eau. Cette eau sera bouillante et additionnée d'un peu de cristaux de soude. Il va sans dire que l'on commence par les vases les moins salis (assiettes à dessert, etc.) pour finir par les plats el les casseroles.
L'eau doit cependant être changée pendant le cours du lavage, surtout si l'on a beaucoup de vaisselle, et il ne faut pas oublier de tout rincer.
On mettra égoutter la vaisselle à mesure dansl'égouttoir, ce qui la rend beaucoup plus facile à essuyer. On essuiera très sec ; il n'y a rien de plus désagréable que de constater des traces maies sur le brillant de la faïence, et c'est ce qui se produit si l'essuyai^e a été incomplet.
Les verres seront lavés à l'eau tiède ou froide, à part du reste de la vaisselle.
Les carafes seront, de temps à autre, nettoyées avec de Teau et des coquilles d*œufs ou encore des fragments de papier imprimé. On agite vivement et le dépôt est parfaitement enlevé.
La pierre d'évier réclame un nettoyage fréquent et soigné. Il faut tous les jours la laver à l'eau bouillante et au savon noir ou au savon minéral.
Argenterie. — L'argenterie sera lavée à l'eau bouillante également, mais sans cristaïAX de soude. On la fait briller en la frottant avec de la craie et en donnant le dernier poli avec la peau de chamois.
Couteaux, — Les couteaux doivent être essuyés aussitôt après l'emploi, si on ne peut les nettoyer de suite. Il ne faut les laver que le plus rarement possible et, si on est obligé de tremper la lame, il faut faire bien attention de ne pas mouiller la virole; c'est ce manque de précaution qui fait démonter les couteaux. L'entretien ordinaire des couteaux et de tous les instruments d'acier consiste à les essuyer fortement et aies frotter sur la planche à couteaux, avec un peu de poudre spéciale à cet usage. Un bouchon de liège peut remplacer la planche.
Pour enlever la rouille, couvrirla lame d'huile, la laisser deux ou trois jours, frotter avec une boule de chaux.
Couture. — Objets nécessaires à ta couture. — Tout le matériel nécessaire aux différentes opérations de la couturc doit être réuni soit dans une table à ouvrage, soit dans un panier, plus facile à transporter.
Les aiguilles supérieures sont bien plus avantageuses que les aiguilles de deuxième qualité. Les premières, en effet, résistent et, bien qu'elles cassent parfois, ne se tordent pas au moindre effort comme les secondes. Les
328 LINGE. — VÊTEMEiNTS.
aiguilles sont graduées par numéros, les plus grosses portant les plus bas numéros et ainsi de suite jusqu'aux plus fines.
Une pelote bourrée de son est commode pour y planter les aiguilles et les épingles.
Un assortiment de fils de différentes grosseurs en noir et en blanc, et des quelques couleurs les plus courantes, est de rigueur dans le panier à ouvrage. On y joindra quelques écheveaux de coton à broder, qui sert aussi pour certaines reprises, de laine à repriser et de soie.
Le panier contiendra encore des ciseaux à tailler, des ciseaux ordinaires, des dés, une boîte d'épingles, des rubans de fil et de coton de différentes largeurs, des boutons assortis, des agrafes, etc.
Des différents points, — Avant de parler de la couture proprement dite, nous passerons en revue les différents points les plus usités.
Les points se divisent en points de couture et points d'ornement.
Points de couture, — Point devant ou gliasé, — Ce point s'obtient en prenant un certain nombre de points sur Taiguille avant de la tirer ; il va par conséquent très vite.
Point arrière. — Ce point se fait en piquant Taiguille peu après le trou fait par le point précédent et en revenant en arrière; on l'emploie lorsqu'on a besoin d'une couture solide, pour monter les manches par exemple. Le point piqué lui ressemble, sauf qu'on prend chaque point dans le point précédent, de sorte qu'il n'y a aucune solution de continuité. C'est surtout comme ornement et en ligne droite qu'on s'en sert. On pique le bas des manches, le devant d'une chemise, le bord des cols, etc.
Point d'ourlet, — On pique l'aiguille obliquement de bas en haut. On l'emploie pour les ourlets.
Point de côté. — Ce point s'obtient en piquant l'aiguille obliquement de haut en bas, au contraire du précédent.
Oa l'emploie dans la première partie de la couture mbattue.
Point de surjet, — C'est une sorte de point de côté très serré, qui se fait pour rapprocher deux bords d'étolîe, lisières ou remplis.
Point de chausson. — Point alîectant la figure de deux bâtons inclinés croisés en haut et en bas.
Le fil doit être jeté à droite quand on pique l'aiguille à gauche et vice-versa.
Ce point est indispensable pour travailler dans les flanelles et les grosses étoffes de laine.
Point de boutonnière, — Ce point, qui n'a guère d'applications que dans la confection des boutonnières, se fait de plusieurs manières ; voici une des plus courantes. Piquer l'aiguille et faire ressortir la pointe vers soi sans la tirer complètement, prendre le fil près du chas et le faire passer sous l'aiguille de droite à gauche. Le nœud se fait près de la fente de la boutonnière. La boutonnière des habits et confections se fait, au contraire delà précédente, de gauche à droite.
On termine les boutonnières en arrondissant le côté qui boutonne et en fermant l'autre par une bride.
On fait les brides de la même manière que les boutonnières, mais en opérant sur des fils jetés en arche sur l'étoffe, au lieu d'opérer à même celle-ci.
Point de marque. — Le point de marque est croisé; on
le commence de gauche à droite et on le croise par-dessus
de droite à gauche comme une X . H sert à marquer le linge.
Nous ne parlons pas des points d'ornements, leur
énumération nous entraînerait trop loin.
Coupe, confection, réparation, linge de maison. — — Sens de l'étoffe. — Les fils de chaîne suivent la lisière de l'étoffe et sont, par conséquent, dans le sens de la longueur.
Les fils de la trame sont, au contraire, dans le sens de la largeur.
On entend par biais le sens de 1 etofTe coupée plus ou moins diagonalement. Le biais parfait est formé par la diagonale du carré.
Draps, — Les mesures oi'dinaires d'un di»ap sont de 3™,50 de longueur sur 1™,60 de largeur pour un grand lit; c'est-à-dire qu'il faut 7 mètres de toile ou de coton de 80 centimètres de largeur.
On assemble les deux lés par un surjet très serré, en ayant soin de les maintenir absolument égaux, sans quoi ce point a Tinconvénieni de tii^r facilement un des deux côtés aux dépens de l'autre. On fait ensuite un ourlet aux deux extrémités; celui de la partie destinée à rabattre sur les couvertures est toujours plus large.
La marque se place quelques centimètres au-dessous de l'ourlet, à l'endroit et à gauche.
Les draps sans couture sont confectionnés avec de la toile do l^jSO à 2 mèti*es de largeur. On n'a donc qu'à faire un ourlet de 10 centimètres de lai^e environ au rabaL
On marque ces draps au milieu, à 15 centimètres au-dessous de l'ourlet.
Réparation, — On retourne les draps loi^u'ils commencent à s'user dans le milieu ; pour le faire, on défiait le surjet et on réunit par un nouveau surjet les lisières qui formaient les bords. Quant aux draps sans couture, on les coupe au milieu et on procède de même.
On peut encore mettre le drap en croix, c'est-à-dire le retourner, puis défaire les deux ourlets et les rejoindre l)ar une couture rabattue ; après quoi on coupe le drap au milieu, dans sa longueur, et on refait des ourlets aux bords. Le surjet et la couture rabattue se trouvent alors en croix.
Les pièces dans les draps se posent généralement à quatre coins, en coutures rabattues. (Voy. Pièces.)
Les draps doivent être marqués et numérotés par séries afin de faciliter le contrôle.
Tsies ^oreiller, — La manière la plus simple de confectionner une taie consiste à couper TétofTe deux fois plus longue que le carré nécessaire (c'est-à-dire que si le carré est de 50 centimètres, on coupera une longueur d'un mètre). On réunit les lisières des deux côtés égaux par des surjets, on fait des ourlets aux bords et Ton ferme par des boutons et des brides ou par des œillets qu'on lace.
Aujourd'hui on coupe plus généralement la taie d'une dizaine de centimètres en plus sur un des côtés; on fait rabattre cette bande à l'envers de la taie en la fermant par des boutons et des boutonnières, disposés de 10 en 10 centimètres.
Les taies simples se marqij^nt à un des ourlets. Les taies plus riches sont brodées au milieu ou dans un des coins, on les garnit d'un large ourlet à jour, et d'un dépassant de dentelle ou de broderie.
Nappes et serviettes dejable. — Les nappes sont de 6, 12, 18 ou 24 couverts et même plus. Il n'y a que des ourlets de 1 à 2 centimètres à faire des quatre côtés. On les marque maintenant en biais vers un des coins, mais, dans le linge damassé, la place de la marque est très souvent indiquée au milieu par un encadrement.
Les mêmes remarques s'apj^iquent aux serviettes de table.
On évite de mettre des pièces à ce genre de linge, qu'on reprise le plus longtemps possible.
Serviettes de toilette. — Les serviettes de toilette se vendent généralement toutes ftiites, cependant quelques personnes ont conservé l'habitude d'en faire en toile unie, qui épongent d'ailleurs beaucoup moins bien que celles en coton dites nid d'abeilles ou que les servietteséponges.
Elles seront ourlées et marquées dans un coin près de Touriet ou de la frange et numérotées par douzaines.
On peut y mettre des pièces surjetées ou rabattues,
mais les reprises sont naturellement préférables.
Torchons. — On emploie, pour faire les torchons, de la grosse toile bise toute encadrée, de 70 à 80 centimètres de largeur. On fait des ourlets aux bouts et on coud un ruban en bouclette pour accrocher les torchons sans les déchirer.
11 y a tout à gagner à choisir de la bonne toile épaisse et pas trop blanchie ; Tusage en est si avantageux qu'on regagne vite l'économie qu'on aurait faite en en achetant de trop minces.
On fait aussi des torchons de coton qui ne sont pas d'un mauvais usa^e, mais ils ont le défaut de déposer des fibres sur les objets qu'on essuie.
On peut poser des pièces aux torchons et les repriser.
Les torchons se numérotent par douzaines et se marquent dans un coin, près de l'ourlet.
Tabliers de domestiques, — *Les tabliers de domestiques sont en calicot blanc ; les plus ordinaires en toile bleue et blanche ou en grosse toile bleue.
Ils doivent être très larges, de manière à envelopper le corps presque complètement. Les tabliers de femme vont mieux lorsqu'ils sont montés sur une ceinture plate, en forme, assez large.
On les marque à la ceinture, là où le cordon est attaché.
Pose des pièces. — Avant de parler de la pose des pièces, disons quelques mots des principales coutures.
Coulure rabattue. — Pour faire une couture rabattue, on met les bords des deux étoffes à réunir l'un contre l'autre en laissant un peu dépasser celle que l'on désire rabattre ; on fait alors un point de côté. On ouvre ensuite cette couture, qu'on aplatit avec le dé, et on replie le plus large bord sur le plus étroit ; on fixe par un point d'ourlet.
Couture anglaise. — Avec ce genre de couture, on assemble les deux bords égaux à rendrait et on les réunit
par un point glissé à deux ou trois millimètres du bord. On retourne alors à l'envers, la première couture formant bord, on fait la deuxième couture au point glissé retenu par quelques points arrière, à peu de distance de ce bord.
Couture-ourlet. — On réunit par la couture-ourlet deux étoffes en une seule fois. On dispose les deux bords à 2 ou 3 millimètres l'un de l'autre; on replie le plus grand sur le plus petit et on ourle comme un ourlet ordinaire.
Pose d'une pièce au point de surjet. — On commence par découper l'ouverture en suivant le droit fil, à l'endroit déchiré, de manière à former un carré. On pratique aux quatre coins de ce carré une entaille oblique, après quoi on taille une pièce carrée d'un centimètre environ plus grande que l'ouverture, on replie alors les deux bords, que l'on joint à l'envers au point de surjet.
11 suffit ensuite de repasser, et, si la pièce est bien correctement posée, elle sera presque invisible.
On répare ainsi les vêtements de laine, les étoffes à dessins, etc.
Pièce rabattue, — Pour poser la pièce rabattue, on procède d'abord comme pour la pièce en surjet, seulement on fait dépasser la pièce sur l'ouverture et on en suit les bords au point de côté, après quoi on rabat la pièce sur l'étoffe au point d'ourlet.
Pièce au point de chausson. — On pose des pièces dans les flanelles au point de chausson, sans tenir compte de l'envers ni de l'endroit, en posant la pièce à plat sur la déchirure et en fixant par un point de chausson à l'envers et un à l'endroit.
Reprises, — Les reprises sont les réparations faites à l'aiguille au moyen de l'entrecroisement des fils. On les applique aux réparations des étoffes et aussi à celles des tissus tricotés, bas, tricots, etc. ; cependant on pratique aussi, pour ceux-ci, le remmaillage, qui est la reconstitution même du tissu.
Pour repriser une déchirure, on commence par assortir la couleur et la grosseur du fil, de la laine ou de la soie au tisâu endommagé.
Ensuite on jette des fils d'un boi*d à l'autre du trou, après avoir autant que possible égalisé celui-ci. Ce sont les fils de la chaîne que l'on remplace d'abord. 11 faut avoir soin de retenir les fils un peu en avant et en arrière du bord de la déchirure et de ne pas trop les tendre ; dans les tissus destinés à être lavés, comme les bas, on laisse même une bouclette entre chaque jeté de fil, de manière à donner du jeu pour parer au rétrécissement.
La seconde partie de la reprise consiste à remplacer la trame. On prend pour cela un fil de la chaîne sur deux, en abaissant alternativement un des fils sous l'aiguille et en en chargeant sur elle et ainsi de suite. Pour le deuxième rang, on prend sur l'aiguille le fil qu'on a abaissé au premier et on abaisse celui qui a été soulevé.
Le troisième rang reproduit exactement le premier et le quatrième le deuxième, et de même jusqu'à la fin de la reprise.
Reprise croisée, — Nous mentionnerons encore la reprise croisée, qui se fait pour reproduire le dessin de certains tissus tels que le mérinos, le cachemire, etc.
La chaîne est d'abord établie comme dans la reprise simple, puis on commence la trame en prenant sur l'aiguille un fil de chaîne, on abaisse les deux fils suivants, on i-elève un fil sur l'aiguille, on abaisse deux fils, etc., jusqu'à la fin du premier rang.
Pour le deuxième rang, il faut retourner l'ouvrage et commencer le rang en abaissant deux fils, puis continuer en relevant un des deux fils abaissés au premier rang; on abaisse alors les deux fils suivants et ainsi de suite.
Reprises ouorées, — Les reprises ouvrées se font dans le linge à dessins : nappes, serviettes, dans lesquelles elles reproduisent ce dessin autant que possible ; nous ne pouvons pas en donner le détail ici.
NBTTOYAaE DU LINGE. 335
Tricot, — Ci'ocitet, — Le tricot et le ciH>chet&ont utiles à la ferme, où on confectionnera les bas, les jupons, les châles, cache-nez, etc. Chacun sait que le tricot se fait à Taide de longues aiguilles d'os, de bois ou d'acier. Le tissu est plus souple et se lave mieux que le crochet. Celui-ci a l'avantage d'être plus vite fait. On le confectionne avec un crochet d'os, de fer ou de bois.
Nettojuge du linge, — Lessive. — LinQe sale. — Le linge sale ne doit pas être traité comme si on ne devait î>Ius jamais s'en servir ; il faut le laisser à l'air dans un endroit sec, tel que le grenier, et n'enfermer que le moins sale. Si la lessive n'a lieu que très rarement, comme dans certaines maisons, il vaut mieux passer le linge le plus sale à l'eau que de le garder deux ou même trois mois dans cet état.
Buanderie, — La buanderie, dont nous avons déjà parlé à propos des annexes de la maison, doit contenir tout ce qui est nécessaire pour les différentes opérations de nettoyage du linge.
L'eau y arrivera directement autant que possible. Néanmoins, dans quelques régions on lave à larivièi^, ce quinécessite une moins grande consommation d'eau, bien que la lessive proprement dite se fasse toujours à la buanderie.
Eau, — La meilleure eau est celle dans laquelle le savon se dissout vite. L'eau à préférer est donc l'eau de pluie, qui a eu le temps de bien s'éclaircir dans une citerne ou un réseï voir quelconque.
Lessivage, — Nous parierons des deux modes de lessi- H^age, Tancien coulage à la cendre et la lessive à la vapeur.
Coulage à la cendre, — Lorsqu'on peut faire la lessive, on commence par mettre tremper le linge à l'eau tiède, généralement la veille au soir ; le lendemain matin on frotte chaque pièce de linge avec du savon et de l'eau, — on peut cependant se dispenser de cette partie de l'opération, —
puis on le range dans un baquet, en mettant le plus gros au fond. On étend alors une forte toile grise par-dessus et on y verse des cendres de bois bien tamisées. Il faut faire couler ensuite de Feau assez chaude, qui traversera tout le linge pour ressortir par le fond, dont on a enlevé la bonde, et tomber dans une cuve, où on la reprend pour la faire réchauffer et la reverser sur le linge.
On recommence l'opération pendant une dizaine d'heures s'il y a beaucoup de linge. On savonne ensuite chaque pièce séparément et on la rince ; c'est cette partie du lavage qui se fait parfois à la rivière ou au lavoir.
Dans cette manière de procéder, on peut remplacer les cendres par de l'eau de cristaux de soude à 3 ou 4 p. 100.
Lessive à la vapeur. — La lessive à la vapeur est beaucoup plus fréquemment pratiquée aujourd'hui. Elle demande moins de peine et de temps, elle est aussi plus économique en ce qu'elle réclame un peu moins de savon et de feu.
Les lessiveuses en zinc galvanisé existent en différentes tailles. On peut les placer sur n'importe quel foyer aussi bien que sur le fourneau économique.
Ces lessiveuses (celle de la figure 95 offre un modèle courant) se composent d'un cuvier, quelquefois d'un double fond, d'un robinet pour soutirer l'eau et enfin d'un couvercle. Quelques-unes, plus perfectionnées, ont un tube animé d'un mouvement de rotation qui agite l'eau sans cesse.
On commence par faire tremper le linge à l'eau presque froide, après l'avoir pesé, — le linge le plus sale pourra être déjà un peu essangé. On prépare ensuite une solution de cristaux de soude dans la proportion de 5 p. 100 environ. C'est-à-dire que pour 20 kilos de linge sec on met 20 litres d'eau et i kilo de soude. La solution se fait en prenant une partie de ces 20 litres d'eau et en y jetant la soude sur feu doux.
On égoutte alors le linge et on le trempe dans l'eau