NETTOYAGE DU LINGE
ainsi préparée, après quoi on le range dans la lessiveuse, en mettant le plus fin et le moins sale au-dessus. On fait cuire alors le linge de deux à cinq heures,
Fig. 95. — Lessiveuse.
selon l'importance de la lessive. On le laisse refroidir un peu et on procède au lavage, qui se fait très facilement, et au rinçage. Il faut proscrire autant que possible Fusage de la brosse, qui abîme beaucoup le linge; pour la blan-
chem*, la disparition des taches, rien ne vaut, comme disent les paysannes, « Thuile de poignet ».
L'eau de lessive trouve un excellent emploi dans le lavage des meubles en bois blanc et des carreaux de la cuisine.
Lavage des lainages. — Certains lainages, qui demandent un lavage aussi fréquent que le linge, ne supportent pas cette opération comme lui ; il faut donc user d'un procédé particulier pour ces tissus.
Les bas de laine se lavent à l'eau tiède et au savon et ne se font jamais bouillir.
Les flanelles rétrécissent beaucoup au lavage; il vaut mieux ne pas les faire tremper et elles ne doivent jamais bouillir. Le meilleur moyen de les nettoyer conéiste à râper du savon (on vend même du savon spécial pour flanelle) dans de l'eau tiède et à y frotter les flanelles comme d'autre linge, mais sans jamais les toucher directement avec le savon. On fait sécher à V ombre après avoir roulé les pièces dans un linge sec sans les tordre.
On recommande aussi de préparer un bain tiède d'eau de savon, comme nous avons dit, et d'y ajouter une cuillerée à bouche d'ammoniaque (alcali volatil) par litre d'eau . On laisse tremper les flanelles dans ce bain pendant douze heures et on fait sécher de même que ci-dessus.
Taches sur le linge, — Le sang, le sucre, la gélatine, l'albumine, disparaissent facilement du linge : il suffit de le mettre tremper à l'eau froile; il ne faut jamais le traiter d'emblée à l'eau bouillante.
Les taches de rouille et d'encre cèdent généralement à une application d'acide oxalique en poudre, dont on dépose une pincée sur la tache. On laisse une dizaine de minutes, en frottant de temps à autre avec le doigt', on lave ensuite.
Le jus de tomate mûre supprime l'encre et la rouille du linge et des mains.
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Les taches de fruits s'enlèvent en faisant brûler du soufre au-dessous de l'étoffe bien tendue. Quelques allumettes réunies en faisceau remplissent très bien l'office d'une mècbe soufrée.
On recommande, pour les taches de vin, de tremper la partie de l'étoffe tachée dans du lait bouillant sur le feu et de l'y laisser quelques minutes.
L'eau de Javel les enlève bien aussi; elle fait également disparaître les taches de fruits.
Disons en passant que cette composition (hypochlorite de potasse) doit être employée avec précaution et discernement, ce qui n'est pas dans les habitudes de beaucoup de blanchisseuses, qui en font un véritable abus. Dans ces conditions le linge s'use extrêmement vite; la fibre végétale devenant friable, les trous ne tardent pas à abonder.
Linge jauni. — Le linge qu'on garde longtemps dans son neuf ou sans s'en servir acquiert souvent une teinte jaunâtre.
Pour la faire disparaître, on dit du bien d'un savonnage léger, suivi de l'immersion dans une eau de savon aiditionnée d'un fragment de chandelle d'un centimètre et demi environ par litre d'eau. On laisse sur le feu pendant un quart d'heure.
Mise au bleu, — Pour rendie le linge parfaitement blanc on le passe au bleu, c'est-à-dire qu'on le plonge dans une eau dans laquelle on a préalablement fait dissoudre de l'indigo en poudre ou eh boules. On a soin d'enfermer l'indigo dans un morceau d'étoffe, afin qu'il ne tache pas le linge. La force de la dissolution s'apprécie à l'œil : c'est une affaire d'habitude. Il est bon de se rappeler que le coton retient beaucoup plus le bleu que la toile.
Le linge bleui sera aussitôt tordu et étendu ; si on le laissait sans l'étendre, l'indigo formerait des raies et des marques inégales sur le linge.
Séchage du linge. — On étend le linge à l'envers sur des
cordes tendues ou des fils de fer galvanisés, en la fixant à Faide d'épingles de bois.
Il est toujours préférable d'opérer le séchage en plein air : le soleil blanchit mieux le linge que beaucoup d'infi^rédients; cependant, le cas échéant, on se sert du grenier pour étendre la lessive, qui sèche alors moins vite.
Une fois le linge à moitié ou presque sec, on le plie en l'étirant, de la manière dont on le pliera au repassage. Les draps et les serviettes-éponges ne se repassent généralement pas. On les plie donc définitivement, puis on pose tout le linge plié, et pas absolument sec, durant quelques heures sur une table, avec des poids ou de gros livres par-dessus.
En opérant ce pliage, on visite le linge, en mettant à part celui qui a besoin d'être raccommodé et qu'on range dans sa corbeille spéciale.
Lingerie. — Le repassage a lieu soitdans la cuisine, soit dans la lingerie. Il faut, en tous cas, et quelle que soit la pièce adoptée, que tout y soit préparé à cet usage exclusivement. Si c'est à la cuisine, le fourneau économique chauffera les fers le plus commodément du monde. Si c'est dans la lingerie, il est nécessaire d'y installer un fourneau à charbon de bois, dans le genre de ceux dont nous donnons les croquis (fi g. 06 et 97).
La table sur laquelle on doit repasser sera recouverte
Fig. 96. — Fourneau à repasser.