DINDON
Jusque vers deux mois, il est préférable de conserver les dindonneaux au voisinage de la ferme et de leur donner une nourriture abondante.
A cet âge, ils subissent une crise dangereuse, la pousse du rouge ; les caroncules du bec et du cou se développent et prennent leur teinte définitive ; il faut alors redoubler de précautions. Ce moment passé, l'animal, devenu très résistant, peut être envoyé aux champs. Dans les régions où le dindon est généralement exploité, de véritables troupeaux de dindonneaux, conduits par des enfants ou des femmes, parcourent les chemins, la lisière des bois, les terres incultes, les champs moissonnés, à la recherche de leur nourriture; cette méthode d'élevage est des plus rationnelles. Le dindon consomme de grandes quantités de limaces et d'insectes ; il absorbe aussi des glands, des faînes, des graines diverses, qui viennent s'ajouter aux gi-aîns, pâles de farines ou de pomme de terre, etc., qu'on peut lui fournir. C'est un glaneur émérite.
Les dindonneaux atteignent tout leur développement vers six ou sept mois. A ce moment, on sépare ceux que l'on conserve pour la reproduction de ceux destinés à l'engraissement; ces derniei's reçoivent une nourriture abondante et riche. Le gavage avec des châtaignes bouillies, des fdrines de froment, de maïs, de pois ou de vesce leur est souvent appliqué ; il dure de quinze jom^s à un mois.
La dinde donne chaque année une trentaine d'œufs en deux périodes de ponte, l'une en mars-avril, l'autre en juillet-août. C'est généralement une excellente couveuse; nous avons vu qu'on peut lui confier les œufs de poule.
La durée de l'incubation des œufs de dinde est de vingt-huit jours; pendant ce temps, il faut avoir soin de mettre de la nourriture et de l'eau à portée de la couveuse, qui ne quitte pas volontiers son nid.
Les dindons mâles brisent les œufs ou tuent les petits ; il faut donc les tenir éloignés des uns et des autres.
Pintade.
La pintade est peu commune à la ferme. Sa chair est fine et rappelle celle du faisan ; elle est excellente quand l'oiseau n'a pas dépassé l'âge de six ou sept mois. On reproche à la pintade son cri désagréable.
L'élevage des pintadeaux est facile, beaucoup plus que celui des dindonneaux ; à cette différence près, il se fait de la même façon.
Oie.
On connaît plusieurs espèces d'oies. Les seules races qui nous intéressent sont : l'oie commune ou séquanienne, assez élancée et qui pèse de 4 à 5 kilogrammes à l'âge d'un an ; l'oie de Toulouse (ftg. 135) dont le corps volumineux, revêtu de plumes grises, repose sur des pattes courtes, et Voie d'EmbcleHj très semblable à la précédente, sauf la couleur, qui est blanche. L'oie de Toulouse, très répandue dans le sud-ouest de la France, est celle que l'on préfère pour la production des foies gras ; elle peut atteindre jusqu'à 8 kilogrammes et plus.
Chez l'oie commune, le mâle ou jars diffère de la femelle par une plus grande taille et un plumage complètement blanc, au lieu d'être en grande partie gris.
On groupe les oies à raison de 6 femelles pour un mâle. La ponte ne commence qu'en mars et donne environ 15 œufs. L'oie couve avec une extrême sollicitude ; l'incubation dure une trentaine de jours.
Il faut aux jeunes oisons beaucoup d'herbe verte, souvent la moitié de leur ration. Avec du pain mouillé, des pâtées très humides de farines d'orge ou de maïs.