LAPIN
pier, composé de loges placées autour d'une petite cour, sous un hangar ou dans un bâtiment aéré. Les loges doivent être établies au-dessus du sol ; ce sont
des boîtes, carrées ou rectangulaires, complètement fermées sur cinq faces et grillagées sur le devant formant porte ; le plancher en est légèrement incliné, et percé de
quelques trous pour l'écoulement des urines. On donne au moins 80 centimètres carrés de surface aux loges destinées aux mères et 70 à celles des mâles. Chacune de ces cabanes sera pourvue d'un ràtelierpour le fourrage, d'une augette pour le grain et d'un vase à boire.
On forme des loges à lapins très économiques avec de vieux tonneaux couchés sur le flanc, pourvus d'un plancher rudimentaire et munis d'une porte grillagée sur l'un des fonds. Le clapier doit être placé dans un endroit calme, éloigné du bruit qui, en efl'arouchant la mère, cause souvent la mort des petits. Une propreté rigoureuse doit y régner.
Élevage du lapin. — La lapine porte 30 jours et allaite les jeunes pendant *5 ou 6 semaines ; elle peut faire six portées par an, dès l'âge de cinq ou six mois. C'est vers cet âge également que les mâles sont aples à la reproduction, mais il vaut mieux attendre le huitième mois, surtout pour les races de grande taille.
On donne aux lapereaux sevrés du pain trempé dans le lait, des herbes fines, des grains d'orge ou d'avoine, avec des pommes de terre écrasées. Les lapins adultes reçoivent des herbes vertes fraîches, — il faut éviter qu'elles fermentent, — des choux, des betteraves, navels ou carottes, des épluchures de légumes, des féveroles, des pommes de terre cuites en mélange avec du son,de l'avoine, du maïs ou d'autres grains en petite quantité. Le trèfle, la luzerne, les feuilles d'orme favorisent la lactation chez les femelles. L'herbe mouillée peut provoquer chez le lapin des diarrhées mortelles.
La nourriture est distribuée en trois repas : le matin, au milieu du jour et le soir. On s'efl'orcera de varier les aliments. Ne pas oublier de fournir aux lapins une quantité d'eau suffisante, car ces animaux boivent, contrairement à un préjugé très répandu.
Les litières, paille ou feuilles sèches, doivent être renouvelées au moins deux fois par semaine.
On commence Tengraissement du lapin vers cinq mois; les mâles qui y sont destinés sont châtrés à trois mois. Les lapins à l'engrais, placés au repos dans des cases étroites et obscures, reçoivent une nourriture abondante et riche : pommes de terre, carottes, débris de pain, son de blé, farine d'orge ou de maïs, luzerne ou sainfoin, etc. L'animal est soumis à ce régime pendant un mois environ ; il est alors bon à consommer.
Mal nourris, mal soignés, placés sur une litière humide non renouvelée, les lapins contractent des maladies : gros ventre, diarrhée, gale, affection des yeux, etc., qui en emportent un grand nombre et empêchent les autres de prospérer. Nous insistons sur la nécessité d'une surveillance active du clapier àcet égard. Il importe beaucoup aussi d'en éloigner les animaux carnassiers.
Cobaye,
Le cobaye ou cochon iVlnde est un petit rongeur qu'on élève quelquefois, assez rarement/ pour sa chair douce et fade, peu estimée. Il peut se reproduire dès l'âge de 2 mois ; la femelle porte 63 jours et donne chaque année deux portées de 5 à 6 petits au moins. L'allaitement dure une dizaine de jours ; la croissance des jeunes est achevée à 7 mois. Les cobayes sont herbivores; on les nourrit comme les lapins.
Cultures potagères, fruitières, ornementales.
L'horticulture à la ferme. — Dans le très grand nombre des exploitations rurales, la part faite à l'horticulture est des plus restreintes. L'agriculteur considère volontiers cette branche de la production végétale comme un accessoire de luxe, permis à ceux seuls qui jouissent
d'une certaine aisance, sinon d'une fortune véritable, et mieux à sa place au château qu'à la ferme. Toutes ses ressources, tous ses efforts sont consacrés aux champs ; hypnotisé par les grandes surfaces et les grosses récoltes, il dédaigne ou néglige le jardin. Combien d'exploitations n'en possèdent aucun et, quand il existe, comment est-il soigné? Le plus souvent mal établi, insuffisamment fumé, à peine travaillé et presque jamais arrosé, il présente un déplorable aspect d'abandon ; c'est le type du j'irdin fouillis dont parle Gressent.
Dans ces conditions, il ne peut fournir que de maigres récoltes de produits médiocres : légumes coriaces, à siveur grossière, fruits petits et pierreux, plantes floi'ales peu garnies, à végétation irrégulière et sans beauté. Un tel jardin contraste étrangement avec ceux des propriétés de plaisance du voisinage, confiés aux soins de jardiniers de profession. On ne saurait, assurément, demander qu'il leur ressemblât ; l'utilité pourrait y perdre sans que le goût y gagnât toujours, mais son possesseur tirerait profit d'une application judicieuse des méthodes qu'on y emploie.
C'est à la fermière qu'il appartient de réagir contre le délaissement injustifié du jardinage à la ferme. Habituée aux travaux minutieux, plus dégagée des soucis de la grande culture, plus sensible aussi aux impressions délicates, au charme de la plante et de la fleur, ayant enfin la charge de la table, où légumes et fruits tiennent une si grande place, elle appréciera mieux la valeur du jardin et veillera de plus près à son entretien.
Bien conduit, le potager fruitier fournira un appoint notable a la nourriture de la famille et du personnel delà ferme, il permettra de la varier agréablement, de la rendre plus attrayante, plus savoureuse et plus alibile. Petit,, mais très soigné, sans luxe inutile cependant, il ne demandera que quelques charretées de fumier, dérobées aux autres cultures qui n'en souffriront guère, et le