‹ Le livre de la fermièreChapitre 151 sur 184 · ÉDUCATION DES ENFANTS · texte numérisé non relu

ÉDUCATION DES ENFANTS

ne le font pas, au moins pendant ces premières années, où Vécole est plutôt un asile où Ton se haie d'envoyer le tout petit, encombrant.

Loin de nous la pensée de médire de Fécale, oùTégalité s'apprend avec Talphabet et dont Tenfant rapporte certainement, et de bonne heure, une idée nette de la discipline! Mais, 6 mères, gardez vos enfants un peu plus longtemps, enseignez-leur tout ce que vous pouvez, modelez leurs esprits si malléables avant de les confier à une influence étrangère^ fût-elle trois fois excellente. Vous seules, créatrices de vos enfants, pouvez entrer dans leurs jeunes âmes impénétrables et les ouvrir à la vie.

Enfin, et si les circonstances, plus fortes que tous les désirs, vous obligent à vous séparer de vos enfants dès leur jeune âge, pour leur instruction, restez-en les éducatrices, celles dont les paroles corrigent et redressent avec douceur et fermeté, celles dont les reproches sont redoutés et les louanges désirées, celles surtout dont l'exemple vivant montre le droit chemin du devoir et du travail.

Si les enfants font leure devoirs à la maison, la régularité est là encore une condition indispensGtble du succès. L'enfant est, en effet, un être essentiellement ennemi de la discipline, à laqudle il est susceptible de se plier cependant, grâce à ses merveilleuses qualités d'imitation et d'assimilation. Mais il faut que la règle soit appliquée inflexiblement afin de porter ses fruits.

L'effort, il est à peine besoin de le dire, doit être proportionné à l'âge : un très petit cerveau ne peut pas fonctionner aussi longtemps sans fatigue que celui d'un adulte, et la fatigue, chez l'enfant, produit un état d'hébétude ou de surexcitation aussi impropres à l'étude l'un que l'autre. C'est bien là ce qui fait la supériorité de l'enseignement particulier sur l'enseignement en masse ; une variété salutaire peut être pratiquée dans le premier système qui n'est pas possible dans le second. Une

alternance judicieuse des études et des jeux, une poussée régulière d'efforts sans surmenage périodique, la force physique cultivée par tous les exercices corporels concurremment avec le développement intellectuel, voilà Fidéal qu'il faudrait réaliser pour mener à bien l'instruction et l'éducation d'un enfant.

Mais passons : les conditions particulières ou les idées personnelles de chacun ne rendent pas toujours possible l'éducation familiale ; Fécole par son côté d'égalité et d'émulation est préférée par beaucoup, et toujours nécessaire, en somme, au plus grand nombre. C'est donc l'école la grande éducatrice populaire et c'est l'instituteur qui jette le bon grain dans ces terrains incultes où, par ses soins, quelques-uns germeront.

La tâche ardue de l'instituteur est bien mal comprise du public et combien peu secondés ses efforts. « Le maître, c'est l'ennemi » est le vieil axiome toujours en faveur. Les parents ne sont que trop souvent disposés à écouter les plaintes injustifiées des enfants et, au lieu de se faire les auxiliaires du maître en lui donnant les encouragements dont il a besoin, lui rendent l'action impossible, en même temps qu'ils détruisent son influence sur l'esprit de ses élèves, aux yeux desquels il reste désarmé. La sanction des parents est cependant indispensable à l'autorité scolaire pour qu'elle demeure efficace, et c'est dans ce sens que les premiers devraient agir, en aidant intelligemment, au lieu d'entraver, le lent mais salutaire travail du maître chez leurs enfants. N'est-ce pas d'ailleurs l'intérêt général qui y gagnerait et est-il besoin d'insister pour qu'on saisisse toute l'importance de cette union nécessaire pour l'avantage même de l'enfant, le futur citoyen, qu'il faut armer physiquement et intellectuellement avant de le livrer à la vie?

Rapports sociaux, — Quelques mots, pour terminer, sur les rapports sociaux, ne seront pas de trop dans ce volume. Sans parler des relations proprement dites, qui

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