L^ÉDUCATION AGRICOLE FÉMININE
sur les principes les plus élevés, ces établissements ont déjà rendu de grands services à la cause agricole, tout particulièrement dans la région où elles sont situées. Il est à souhaiter que leur exemple soit imité et que l'enseignement rural féminin se généralise chez nous.
11 faut dire un mot, en passant, des écoles ménagères et professionnelles, plus répandues en France. Celles de Reims, de Nancy, de Rouen, du Havre sont les plus connues. La jeune fille y reçoit une éducation pratique et professionnelle très précieuse et qui pourra lui être utile, en totalité ou en partie, à la campagne ; mais il n'est pas précisément destiné à la fermière future, pour laquelle il devrait exister de véritables écoles normales : le courant d'opinion qui tend à réhabiliter et à favoriser l'agriculture ne tient pas assez compte de la femme dans son programme de réformes ou d'améliorations..
A l'étranger, au contraire, et dans certains pays notamment, on fait beaucoup dans ce sens.
La Belgique, par exemple, comptait, en 1^00, 47 écoles ménagères agricoles et des fermes-écoles féminines. Le gouvernement a organisé, en outre, 170 cours de laiterie d'une durée de trois mois, et délivré seize cents certificats de capacité aux élèves ayant suivi ces cours ; ceux-ci sont mixtes, gratuits et sous le régime de l'externat. Des conférences sont encore données dans les villages et traitent des sujets les plus intéressants pour la ménagère (laiteries coopératives, hygiène des étables, différents systèmes de barattage, etc). Enfin, il existe en Belgique une vaste association d'éducation familiale agricole, qui tend à devenir internationale. N'oublions pas de mentionner le cours de « fleuristerie » de la ville de Gand.
L'Allemagne possède 42 écoles ménagères rurales, qui comptent ensemble pi'ès de 1900 élèves. Elle a aussi des écoles de laiterie, mais elles ne sont pas spéciales aux femmes.
La Hongrie, toujours à la recherche des progrès de toute nature, se préoccupe aussi de la préparation de la femme à l'agriculture; elle a de nombreuses écoles ménagères.
Depuis 1871, des écoles spéciales fonctionnent en Russie : École pour l'exploitation rationnelle du laitage à Edimonovo (gouvernement de Twer); École Preobragenskoe (Petite Russie), où on enseigne un métier ; cellesci sont mixtes; École primaire d'agriculture et d'économie domestique pour les filles de Zazondince (Kiew) et, près de Varsovie, l'école de la comtesse Plater, où les mêmes matières sont professées; une autre école est adjointe à celle-là pour former les servantes, cuisinières, femmes de chambre, etc. Enfin, à Saint-Pétersbourg et à Moscou, existent des cours d'agriculture pour femmes, fondée par la Société d'enseignement d'économie rurale.
La Suède possède un enseignement agricole féminin des mieux organisés. C'est le système de l'éducation mixte qui est pratiqué ; les écoles de laiterie d'Atordaberg et de Bjôrkfors reçoivent, en effet, des jeunes gens et des jeunes filles. En outre, l'État a établi vingt-quatre stations de laiterie, où les études théoriques et pratiques ont une durée de deux ans. Chacune de ces stations accepte de 2 à 7 élèves femmes, chaque promotion donnant environ 64 jeunes filles diplômées.
Plusieurs sociétés d'économie rurale entretiennent encore des établissements gratuits pour l'éducation agricole de la femme ; 36 élèves en sortent chaque année.
L'Angleterre a surtout des ligues et des revues ; mentionnons l'Union internationale féminine d'agriculture et d'horticulture et « V A gricultural Association for women », qui publie une revue mensuelle. La culture florale étant très développée et encouragée en haut lieu dans cette contrée, des écoles d'horticulture y fonctionnent parfaitement.
Quant àl'Amérique, elle a fait, dans ce domaine comme