CHAUFFAGE
de vapeur d'eau sont des appareils très compliqués, dans le détail desquels nous ne saurions entrer ici. Ils se placent dans les caves ou dans un bâtiment à proximité des locaux à chauffer.
Mentionnons, en passant, les calorifères à p^f rote, poêles de petites dimensions munis d'une forte lampe ; la dépense est d'un litre par six ou huit heures et l'élévation de la température ainsi obtenue est assez sensible.
Les poêles mobiles quel qu'en soit le système sont à rejeter; on ne compte plus, en effet, les accidents causés par les appareils sans dégagement extérieur. Disons, à ce propos, qu'il faut éviter autant que possible de faire du feu dans les chambres à coucher, que les cheminées doivent être surveillées avec soin et ramonées deux fois par an s'il se peut.
Feux de cheminée, — Dans le cas où la suie qui tapisse la cheminée s'enflamme, le « feu de cheminée » se déclare ; il faut alors fermer les portes et les fenêtres, au lieu de les ouvrir comme on a trop souvent la mauvaise habitude de le faire ; si c'est possible, il faut essayer de pratiquer une ouverture à la cheminée au-dessus du point où elle brûle et y jeter sable mouillé ou terre en quantité. Le soufre, brûlé dans le foyer inférieur, dégage de l'acide arsénieux, gaz absolument contraire à la combustion ; le sulfure de carbone, quand on en a sous la main au moment voulu, est encore préférable au soufre en ce qu'il s'enflamme plus facilement ; on en met 1 00 grammes dans une assiette creuse et on l'enflamme dans la cheminée. Ce corps doit être manié avec précaution et contenu dans des flacons trop grands, à cause des explosions possibles.
On se sert beaucoup aujourd'hui des extincteurs de Harden : ce sont des flacons en forme de grenades, que l'on jette au plus fort de l'incendie; elles réussissent très souvent à l'éteindre, quand il n'a pas pris de trop vastes proportions.
Éclairage, — Nous ne nous attarderons pas à passer en revue tous les systèmes d'éclairage dans leurs détails. Cependant, les plus modernes d'entre eux ne sont pas toujoui^ déplacés à la ferme; Télectricité elle-même, généralement considérée comme éclairage de luxe, peut, en effet, être adoptée dans un village qui possède une chute d'eau, une usine, une force motrice assez puissante pour la produire à peu de frais et la distribuer à la chaumière comme au château.
Chandelles, Bougies, — On a conservé l'habitude, dans certaines régions, de brûler l'ancienne chandelle de suif de nos pères. Elle éclaire très mal, dure peu et salit les chandeliers et tout ce qui l'environne ; il est vrai qu'elle est d'un prix très modique : à Paris, la chandelle épurée coûte 1 fr. 35 le kilo, et le prix en est incomparablement moins élevé à la campagne.
La bougie blanche donne une flamme plus claire, plus biillante et une clarté beaucoup plus forte ; elle a, cependant, un peu le même inconvénient que la chandelle : celui de faire des taches en dégouttant. On doit, pour les éviter, adopter la bougie à trous, qlii coule intérieurement et ne fait ni dépôt, ni taches ; il faut aussi se servir de bougeoirs et non de chandeliers pour aller et venir.
Les lanternes sont très nécessaires à la ferme, soit pour circuler au dehors, soit pour laisser à demeure dans les écuries, les étables, etc. Elles sont à réservoir d'huile ou à bougeoir.
Huile, — L'huile est de plus en plus abandonnée comme éclairage ; cependant on l'utilise encore dans les pays de production. Les plus employées sont celles d'olive inférieure, d'œillette, de navette et de colza ; celle-ci vautenvironOfr. 75 le kilo, non compris les droits d'octroi, qui s'élèvent dans certaines villesjusqu'àOfr. 40 par kilo.
Le meilleur système pour brûler l'huile est le système à pression, tel que Carcel l'a appliqué le premier dans la lampe qui porte son nom. La lampe Franchot, dite
« modérateur », conçue sur le même principe, mais perfectionnée, Ta remplacée presque partout. Elle brûle environ 60 grammes d'huile par heure, avec une intensité lumineuse de 168 (celle de la bougie étant de 100). L'ennui des lampes à huile réside dans l'entretien qu'il faut leur donner, dans l'attention à apporter au remontage assez fréquent de la mèche et au choix même de celle-ci, qui doit être d'un tissu égal, assez serré et taillée très régulièrement. On peut atténuer les effets d'une mauvaise mèche en la faisant tremper dans du fort vinaigre et en la laissant sécher avant de l'employer.
Pétroles ou huiles minéraies, — On peut dire que ce produit est aujourd'hui le plus répandu pour l'éclairage ; il le serait encore plus en France s'il n'était grevé de droits qui en augmentent considérablement le prix de revient. Dans les pays voisins du nôtre, Allemagne et Angleterre, il vaut 20 centimes le kilogramme et 2 centimes seulement en Amérique. Les lampes à pétrole sont bien connues, le système en est des plus simples : une mèche dont la partie supérieure est maintenue dans un cylindre de métal et dont la partie inférieure trempe dans le pétrole, qui remplit un simple récipient de métal, de faïence ou de cristal. Un verre rond, évasé du bas, est adapté sur le calibre et égalise la lumière, qu'un abatjour diffuse ou atténue. Voici un modèle de lyre pour la cuisine (fig. 53) et (fig. 54) une excellente lampe à réflecteur pour accrocher.
M"« 0. BussARD. — Le livre de la fei^mière. 4
Fig. 53. — Suspension de cuisine.
Les récipients de cristal et de faïence sont préférables à ceux de métal^ parce que le suintement du pétrole y est moins sensible. On accroît naturellement rintensité de la lumière en augmentant les dimensions du calibre ; on a imaginé de donner encore plus d'éclat à la flamme en ajoutant un disque au centre de la mèche ; les lampes ont alors une puissance éclairante très grande.
Bien que le pétrole rectiQé, tel qu'on le trouve actuellement dans le commerce, soit réputé ininflammable, il vaut mieux s'abstenir d'en faire une expérience dangereuse, et il faut surtout se garder du procédé inqualifiable employé par certaines domestiques — que les malheureuses ont trop souvent payé de leur vie — procédé qui consiste à verser du pétrole sur le bois ou le charbon qui sert pour l'allumage du feu.
%^0Z^ Quand une lampe à pétrole est sale à
l'intérieur, on la nettoie avec de la lessive chaude. On fait égoutter, puis sécher au soleil ou devant le feu ; il est indispensable d'observer cette dernière précaution avant d'y verser de nouveau du pétrole.
Pour nettoyer les bidons à pétrole, on les lave avec un lait de chaux; lorsqu'on veut les faire servir à un autre usage, il faut les soumettre deux fois au même lavage, en ayant soin d'additionner, la seconde fois, la bouillie calcaire d'une petite quantité d'hypochlorite de chaux.
Essence. — L'huile légère extraite du
Fig. 54. — Lampe à réflecteur.
Fig. 55. — Lampe Pigeon.
pétrole, et connue dans le commerce sous les noms d'cs-
s:nce de pétrole, de Gaz Mill, du nom de l'inventeur de la première lampe à cet usage, de gazéoline, etc., se consomme dans de petites lampes de métal, garnies intérieurement d'une éponge ou de feutre absorbant (fig.55).
Le liquide, extrêmement inflammable, est donc en absorption dans le récipient et ce sont les vapeurs qui s'en échappent continuellement qui brûlent à l'extrémité de la mèche. La lampe Pigeon est le système le plus perfectionné de ce genre ; on peut la mettre dans toutes les positions et la renverser sans danger.
L'essence de pétrole doit être maniée avec précaution et toujours à grande distance d'un foyer quelconque.
Alcool. — 11 n'est pas possible de passer sous silence l'éclairage à l'alcool. Avec les bonnes lampes, il donne beaucoup de clarté ; il est aussi très propre, et ce n'est pas le moindre de ses avantages, il serait donc à souhaiter qu'il se développât, au bénéfice de notre production d'alcool et, par conséquent, des branches de notre agriculture qui l'alimentent. Par malheur, l'alcool est encore trop coûteux pour pouvoir lutter avantageusement contre le pétrole; son emploi est certainement moins économique et le sera sans doute assez longtemps encore.
L'alcool peut aussi servir pour la cuisine, dans des réchauds à réservoir ; on peut y préparer toutes sortes d'aliments, jusqu'aux pot-au-feu de quinze à vingt litres.
Gaz. — Bien que le gaz ne soit que rarement employé à la campagne, pour la simple raison que les usines à gaz ne sont pas i proximité des villages — sauf exception, — il ftiut bien parler un peu de cet excellent agent d'éclairage et de chauffage.
On connaît les becs, qui donnent une belle clarté, rendue encore plus vive dans les becs annulaires surmontés d'un verre rond. Le bec Auer, dernier perfectionnement, produit une lumière blanche très éclairante. Le prix du mètre cube de gaz varie selon les localités ; il coûte en ce moment à Paris, et dans plusieurs villes de
6fc DISPOSITIONS DE LA MAISON D HABITATION.
province, 0 fr. 20. Le gaz est encore applicable à la cuisine, pour laquelle on construit toutes sortes de fourneaux, du plus simple au plus complet, qui fonctionnent admirablement ; enfin, on l'emploie comme chauffage. L'éclairage au gaz est assez coûteux, la cuisine Test moins, mais encore plus, cependant, que celle au bois ou au charbon dans les pays de production de ces combustibles. On le préfère surtout pour son extrême propreté, l'entretien facile des appareils, pour la facilité de l'allumage et de l'extinction, la rapidité et l'égalité de la cuisson. En résumé, le gaz est plus commode qu'économique; pour la cuisine nécessaire à un personnel nombreux, il n'est pas recommandable.
Électricité. — Quand on a le privilège d'être situé non loin d'une force motrice capable de produire l'énergie électrique, il est facile et peu coûteux de faire établir un réseau de fils, qui transporteront la lumière dans toute l'habitation. Le système le plus employé pour un éclairage de faible intensité est celui des ampoules à fil de platine porté à l'incandescence dans le vide, qu'on dispose selon les besoins et les occasions, au plafond dans la salle à manger, aux murs dans le salon, au fond du lit dans la chambre à coucher, etc.
L'allumage et l'extinction ont lieu à l'aide de boutons (commutateurs) fixés au mur, dans un endroit peu apparent, à portée de la main. On peut, de la sorte, supprimer instantanément la lumière et la donner de même, on réalise avec facilité une économie de ce chef, en quittant momentanément une chambre par exemple, économie que l'on ne songerait pas à faire avec une lampe à pétrole ou à allumage un peu compliqué. Pour les grandes surfaces, cours, vestibules, etc., on emploie les lampes à arc, qui donnent une clarté éblouissante; la dépense en est beaucoup plus forte que celle des ampoules.
Acétylène,^ N'oublions pas, dans cette nomenclalure
l'éclairage superbe et peu coûleux de l'acétylène, autour duquel quelques malheureux accidents ont fait une légende sinistre. En réalité, des imprudences ont été commises dans un temps où on ne savait pas encore suffisamment prendre les précautions nécessaires au maniement des appareils, mais l'acétylène, en raison des qualités susdites, est certainement appelé à se répandre de plus en plus.
Verres de lampes. — Les verres de lampes, de becs, etc., doivent être tenus avec la plus grande propreté. 11 faut toujours les essuyer avec des chiffons irès secs. Pour éviter de casser les verres, on recommande plusieurs moyens : un des meilleurs est celui qui consiste à mettre le verre neuf dans une casserole pleine d'eau froide et à amener celle-ci à Tébullition ; lorsqu'il a bouilli environ dix minutes, le verre est incassable. Il y a un autre procédé assez étrange, mais qui réussit très bien : c'est de mettre sur le sommet de la partie renflée du verre une bague formée de ces perles que les enfants enfilent ; le verre résiste très longtemps avec cet anneau. 11 ne faut jamais poser les verres de lampes sur une surface très froide, le marbre par exemple, avant de les mettre sur la lampe allumée, la dilatation subite les faisant immanquablement éclater dans ce cas.
Pour nettoyer les verres, on se sert d'une petite brosse ronde, de forme appropriée à cet usage ; l'alcool enlève bien les taches et le blanc d'Espagne nettoie parfaitement. Pour les taches plus tenaces, on peut recourir à l'acide chlorhydrique, dans lequel on trempe un chiffon de laine, après quoi on rince vivement.
Annexes. — La maison de ferme n'est pas complète telle que nous l'avons décrite ; il lui faut encore se annexes indispensables : la cave, le cellier, le gardemanger, le bûcher, la buanderie, le fruitier, enfin les lieux d'aisances»
Beaucoup de maisons de ferme ne sont pas bâties sur cave, ce qui est un grand défaut, une maison non surélevée étant toujours plus humide. En outre, on est, dans ce cas, privé de toute la place disponible dans une cave.
Cave, — La cave est destinée à la conser\ration des boissons, souvent aussi à celle des produits alimentaires les plus variés. C'est un local souterrain, placé généralement sous les bâtiments d'habitation ; une voûte épaisse, solidement maçonnée, en plein cintre pour offrir plus de résistance, la sépare de la pièce supérieure dans les constructions soignées; les murs en sont en forts moellons.
Une bonne cave doit avoir une température à peu près constante, quelle que soit la saison. Cette température sera voisine de 10 à 12 degrés et, dans tous les cas^ inférieure à 45 degrés. Si cette condition est remplie, la cave paraîtra chaude en hiver et froide en été, par comparaison avec la température extérieure.
Dans une cave chaude, les vins vieillissent vite, s'usent rapidement par suite d'oxydations actives; ils perdent leur fruité et leur parfum ; les vins faibles y sont atteints de maladies telles que la pousse ou la tourne, ils s'aigrissent ou se piquent. Le cidre et la bière y subissent également des altérations. Les viandes qu'on y dépose s y corrompent au bout de peu de temps, les légumes s'y dessèchent, germent ou pourrissent.
Ces produits se conservent bien, au contraire, dans une cave froide, mais à l'abri des gelées. Dans une telle cave, le vin reste frais et ieune ; elle convient mal aux vins verts, qui ont besoin de vieillir. A ceux-d, on réservera de préférence une cave tempérée et bien aérée.
Une aération active est utile dans les caves chaudes ou humides : le développement des moisissures, qui donnent aux boissons une saveur spéciale, fort désagréable, la pourriture des fûts, celle des légumes sont la conséquence d'un excès d'humidité. Une bonne cave doit être sèche, pas assez cependant pour que les tonneaux se