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MOBILIER ET MATÉRIEL DE LA CAVE

servent quelquefois à loger les vins. Certains de ces récipients sont pourvus, à la partie inférieure, d'un orifice auquel un robinet peut être adapté*

Après utilisation, les bouteilles doivent être soigneusement lavées. Le nettoyage à l'aide d'une chaîne métallique permet de détacher les matières qui s'y trouvent déposées; on obtient le même résultat avec du plomb de chasse, mais ce procédé offre quelque danger, les grains de plomb qu'on laisse quelquefois dans la bouteille donnant, avec les acides du vin, des sels toxiques. On peut aussi nettoyer les bouteilles avec du sable ou des coquilles d'œufs. Celles qui renferment un dépôt très adhérent peuvent en être débarrassées par un lavage avec une solution à 10 p. 100 (100 grammes par litre) de cristaux de soude. Après lavage, il convient de rincer les bouteilles avec soin.

On les fait ensuite égoutter en les maintenant renversées, le goulot en bas. On fait usage, dans ce but, de planches à bouteilles j pourvues de trous dans lesquels on engage les goulots, ou mieux, d'égoutloirs en bois ou en derniers, beaucoup plus commodes, garnis de crochets destinés à recevoir les bouteilles (fig. 56).

Les bouteilles pleines sont fermées à l'aide de bouchons, qui doivent être de la meilleure qualité possible; c'est une bien mauvaise économie que celle qu'on réalise en achetant de mauvais bouchons : que de bouteilles de vin on perd ainsi !

Mouillés au moment de les utiliser, les bouchons sont légèrement enfoncés dans le goulot, puis entrés de force en les frappant avec une tapette plate. On se sert aussi^

Fig. 56. — Égout'.oir.

fer galvanisé, ces

pour le bouchage, de machines spéciales. Certaines sont à pédale ou à levier; la plus simple consiste en un cylindre en bois, assez épais, dont on emboîte la partie inférieure sur le goulot de la bouteille. Un canal en tronc de cône, plus étroit par conséquent en bas qu'en haut, reçoit le bouchon, qu'on chasse avec une tige sur la tète de laquelle on frappe avec un maillet.

Les bouteilles, pleines ou vides, sont empilées le long d'un mur, — en calant celles des extrémités qui reposent sur le sol, — ou placées dans des compartiments spéciaux. Un meilleur procédé consiste à les disposer dans des casiers à bouteilles ou porte-bouteilles en fer, simples ou doubles, construits pour 100, 200, 300 bouteilles ou plus. Des étiquettes en zinc, sur lesquelles on écrit avec une encre acide, ou des ardoises marquées à la ciaie, sont employées pour la désignation des vins (crus, années, etc.).

Les bouteilles de vin fin sont cachetées à la cire. Un fourneau portatif, au charbon ou à l'alcool, est donc nécessaire à la cave, avec une casserole ou marmite spéciale dans laquelle la cire est reçue. La cire à cacheter se vend toute préparée; on n'a qu'à la faire fondre. On en obtient également une très bonne en mélangeant, par fusion, 2 kilogrammes de poix de Bourgogne, 1 kilogramme de poix résine et un peu de suif. On peut aussi employer simplement de la résine de pin, colorée à l'aide d'ocre ou de vermillon.

Pour le transport des bouteilles, un panier à bouteilles a la plus grande utilité.

Une pompe à transvaser les liquides, ou un siphon métallique destiné au même usage, complète le matériel des caves de quelque importance.

Garde-manger, — Le garde-manger est une annexe de tout premier ordre à la campagne, où l'on est obligé de faire les provisions souvent bien à l'avance; nous ne voulons parler ici que du garde-manger proprement dit,

BUANDEHIE.

— Garde-manger.

c est-à-dire du réceptacle où l'on serre les viandes crues et les plats de desserte.

On le choisira vaste et muni intérieurement de planches et de crochets permettant de disposer de toute la place possible. Voici (fig. 57) un des modèles les plus courants; il est en bois, garni de treillis métallique ; on le prendra de bonne qualité, sans quoi la toile se déchire extrêmement vite et la dépense est à refaire. Quelques personnes placent le garde-manger à Toflice ; c'est bien, si celui-ci est situé au nord et ne sert pas en même temps d'arrière-cuisine, sinon il vaut mieux chercher un autre endroit. Si Ton n'a pas de fenêtre au nord, on peut le mettre tout à fait au dehors ; on place alors une poulie dans un arbre élevé, au feuillage touffu, recevant aussi peu de soleil que possible, et on hisse le garde-manger dans cet office d'un nouveau genre. Inutile de dire que la porte doit être munie d'un bon système de fermeture, qui lui permette de défier les attaques probables des oiseaux de proie et des chats.

Bûcher, — Le bûcher est situé dans un des bâtiments voisins de la ferme ou même dans un local attenant à la maison d'habitation; le bois de la provision de chauffage y est déposé, à l'abri de l'humidité, pour sécher avant de servir. Dans le bûcher se trouvera aussi tout l'outillage nécessaire au casseur de bois: établi, scie, hache, etc. On peut déposer dans le même bâtiment la provision de houille, de coke, etc.

Buanderie. — La buanderie est l'endroit où se fgnt toutes les opérations qui concernent le blanchissage du linge. Elle sera, autant que possible, séparée de la maison.

Elle contiendra le fourneau en briques, surmonté de la M"»® 0. BussARb. — Le livre de la fermière, l>

chaudière de fonte où on coule le linge à la cendre, si Ton a conservé cette manière de procéder, encore en honneur dans bien des campagnes. Les lessiveuses à vapeur, avec fourneau portatif, peuvent être placées n'importe où, et même dehors par le beau temps ; néanmoins, il est plus commode d'avoir tout ce dont on a besoin pour la lessive à la buanderie même, surtout si l'eau y arrive directement. Il faudra donc y placer, en outre de la lessiveuse, des baquets pour laver et rincer, en nombre proportionné à la quantité de linge qu'on a à blanchir, des tréteaux pour les surélever et une planche à laver.

Nous reparlerons de la buanderie à propos du lessivage.

Lieux (f aisances, — L'endroit le plus pratique à la campagne pour les situer est le rez-de-chaussée. La pièce sera assez grande et claire ; elle aura une ou plusieurs ouvertures extérieures qui puissent rester constamment ouvertes. Le système des cuvettes à bascule, avec réservoir d'eau élevé, est le meilleur à employer dans la maison ; néanmoins, si on ne peut en faire construire de semblables, il est facile de nettoyer la cuvette avec de l'eau, dont on aura toujours au moins une cruche pleine à portée.

Pour les lieux d'aisances situés dans les jardins, les cours et dehors -en général, si l'on n'adopte pas le système dont nous venons de parler, on peut y substituer un moyen très simple, qui consiste à placer un récipient plein de cendres et une petite pelle à portée de la main : on verse une pelletée de cendres par l'ouverture; — j'ai vu employer ce moyen si simple à la campagne sans qu'il y eût jamais la moindre odeur. On y placera une fontaine pour se laver les mains, un essuie-mains, une^ ou deux cruches d'eau toujours pleines, un vase de nuit et une bouteille de désinfectant ; nous reviendrons d'ailleurs, sur ce sujet, en traitant de la désinfection en général.

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