L'EAU
pensable à l'organisme humain^ dans des proportions modérées.
Les eaux qui s'adaptent à tous les usages domestiques : cuisson des légumes, lavage, etc., sont presque sûrement de bonnes eaux potables au point de vue de la composition chimique. Mais, même si elle réunit toutes ces qualités, l'eau peut être suspectée de contenir des matières organiques, par suite des infiltrations qui se produisent en dehors de toute prévision. Or, il est bien prouvé maintenant que beaucoup d'épidémies ne doivent naissance qu'à l'absorption d'eaux contaminées. Les microbes de la lièvre typhoïde, du choléra, du charbon et de bien d'autres maladies, vivent et se développent dans une source, grâce à une infiltration de jus de fumier, par exemple, et voilà les populations riveraines atteintes les unes après les autres par la contagion.
Les parasites de l'intestin ou du foie peuvent aussi être transmis par les eaux. Quant aux eaux trop salines, trop calcaires, séléniteuses, elles sont accusées de produire les calculs du rein, les goitres, le crétinisme.
Parmi toutes les eaux potables d'usage courant, celles de sources, de puits, de rivières, de pluie, aucune ne peut être considérée comme absolument sûre. L'eau de source est évidemment la plus agréable à boire, à cause de sa fraîcheur et de sa limpidité. Les sources dont la température varie à peine d'une saison à l'autre ne reçoivent guère d'eaux de pluie et sont, par conséquent, plus à l'abri des infiltrations mauvaises. Cependant, il peut toujours s'en produire, sans qu'on s'en doute, dans l'eau la plus pure et la plus exquise au goût.
L'eau de puits est bonne — toujours relativement — si la couche d'eau qui l'alimente est à une grande profondeur ; mais si, au contraire, le puits est creusé presque superficiellement ou situé tout auprès d'une habitation, il y a des chances pour que l'eau ne soit que d'une qualité médiocre et d'un usage dangereux.
M™^ 0. BussARD. — Le livre de la fermière. 6
Les eaux de rivière soni à peine potables. Elles son formées d*eaux de toutes provenances, chargéesde matières
organiques, et, bien qu'elles puissent se filtrer naturellement quelque peu per un long trajet sur des rives inhabitées, il vaut mieux n'en pas consommer quand on le peut.
Veau de pluie serait bonne, bien qu'insuffisamment minéralisée, si elle pouvait être recueillie directement, mais elle emprunte aux toits, aux conduits, aux citernes qu'elle traverse beaucoup de principes étrangers nuisibles.
Les conduites de plomb sont tout particulièrement à redouter et autant que possible, il faudrait éviter d'employer ce métal pour tous les travaux d'eau.
L'eau de pluie peut cependant se purifier par un séjour dans une citerne étanche et couverte, mais elle conserve presque toujours un goût peu agréable.
En résumé, il faut considérer toute eau comme un agent possible de transmission des maladies. 11 est toujours plus sage de la filtrer ou, en cas d'épidémies, de la faire bouillir. Le filtre le plus rustique consiste en un tonneau, au
Fig. 59. — Filtre Chamberland.