BOISSONS SPIRITUEUSES
tains produits conservateurs, tels que Tacide salicylique, de substances amères comme le buis, Taloès ou la noix vomique, est dangereux.
En France, la consommation de la bière s'est peu répandue jusqu'à présent dans les campagnes ; en dehors de noa départements septentrionaux, où elle est commune, elle est restée à peu près localisée dans les villes.
Il est facile de fabriquer chez soi des bières de ménage, un peu différentes, il est vrai, des bières industrielles.
Nous indiquons plus loin le mode de préparation d'une de ces bières.
Boissons spivitueuses, — On entend par alcools les boissons distillées contenant de l'alcool dans les proportions de 20 à 80 p. 100.
Les eatAx-de-vie sont obtenues par la distillation des liqueurs fermentées, des lies, des marcs (cidre, vin) ; celles de vin sont les plus recherchées ; elles titrent de 30 à 80<>. Le cognac marque de 50 à 56®.
Le rkum est le produit de la fermentation du sucre de canne. 11 renferme de 50 à 65 p. 100 d'alcool. Cette liqueur est souvent frelatée par l'addition d'eaux-de-vie de grain ou de pomme de terre, les plus dangereuses^ de toutes.
Le kirsch, suc des merises, renferme 45 à 50 p. 100 d'alcool.
L'anisette est une infusion d'anis; elle n'est pas sans danger, comme d'ailleurs toutes les liqueurs contenant, en outre de l'alcool, des sucs de plantes aromatiques et particulièi*ement des essences d'ombellifères.
Uabsinthe enfin, la plus dangereuse de ces boissons dangereuses, peut contenir jusqu'à 10^ d'alcool, au feu duquel on ajoute encore en y faisant infuser les feuilles aromatiques de l'absinthe, les graines de l'angélique, de l'anis, etc.
Alcoolisme. — Il consiste en un usage abusif des liqueurs
fortes, du vin même et de Talcool en général.
C'est une erreur bien répandue que de croire que seuls sont alcooliques les individus qui se trouvent fréquemment en état d'ivresse ; toutes les personnes qui tisent immodérément de l'alcool, sous quelque forme que ce soit, et cela sans même éprouver d'ivresse proprement dite, toutes ces personnes sont alcooliques.
L'habitude funeste du petit verre après le repas est pratiquée par beaucoup, dont Téton nement serait extrême — et sincère — si on leur disait qu'ils s'alcoolisent.
En réalité, et où que soit la vérité dans les polémiques ardentes qui ont été récemment soulevées à propos de l'alcool, on peut dire que, s'il est un aliment, c'est un aliment dangereux, qui ressemble plus à un médicament qu'à un principe nutritif. L'arsenic aussi est un aliment, et personne n'a jamais songé à s'en nourrir. D'ailleurs, un aliment qui laisse des traces corrosives sur son passage, fût-il assimilable et réparateur au premier chef, devrait par cela même être classé comme dangereux. L'alcool, sous forme d'eau-de-vie, de rhum, de kirsch, etc., a sa place dans la pharmacie, n'en devrait sortir qu'en cas de besoin, comme en sortent l'éther ou l'arsenic; il peut rendre alors de réels services : la médecine le prescrit dans certaines Qèvres, dans la grande faiblesse, ou comme cordial ; il est encore, dans certains cas, utile, pour faciliter une digestion embarrassée à des estomacs qui digèrent mal les graisses, ou pour « remettre le cœur », comme on dit, en cas de nausées.
Les liqueurs flattent le goût, grâce au sucre qui les accompagne ; elles sont parfois d'une force qui ne le cède en rien aux pires alcools. Tels sont la chartreuse, l'innocent cassis des familles même, quelquefois obtenu à l'aide d'alcool à ôO^.
Toutes ces boissons sont absorbées, en somme, par recherche ou par gourmandise, et par une classe de con-