‹ Le livre de la fermièreChapitre 50 sur 184 · ALCOOLISME · texte numérisé non relu

ALCOOLISME

sommât eurs qui, ne manquant pas du nécessaire, ne cherchent pas dans Talcool, comme l'ouvrier, une illusion de nourriture, le « coup de fouet » populaire. C'est donc un superflu parfaitement possible à retrancher de l'alimentation.

Quant aux apéritifs ou soi-disant tels : vermouth, bitter, et surtout à l'absinthe, la terrible absinthe, pourvoyeuse des bagnes et des hôpitaux, ils sont absolument sans efficacité pour ouvrir l'appétit, comme ils ont la prétention de le faire, mais non pas sans danger pour la santé générale, pour l'estomac, le cœur, le foie et pour le cerveau, qui fini tsi souvent par sombrer dans le delirium tremens ou la folie.

Il ne faut cependant rien exagérer, et on peut admettre que l'usage des boissons non alcoolisées, eau, thé, café, ne convient pas à tous et n'est même pas toujours pratiquement réalisable. L'alcool en très petites quantités, comme il est contenu dans le vin ordinaire, la bière, le cidre, qui titrent de 4° à 42°, n'est pas nuisible ; il est bien toléré par l'organisme, et il n'est pas niable qu'il donne un certain soutien au système nerveux, dont celui-ci peut avoir besoin, dans notre temps de surmenage^ pour fournir l'effort cérébral ou physique requis. 11 y a donc une grande différence à établir entre les boissons alcooliques et les boissons fermentées que nous venons de citer, et tous les raisonnements sont spécieux et faux qui veulent prouver que, puisque ces dernières contiennent de l'alcool, elles peuvent aussi bien alcooliser, et que si on en use, on peut user aussi des boissons alcooliques. 11 y a là une question de quantité et de nécessité que le simple bon sens suffit à placer sous son véritable jour.

Sauf exceptions, ce n'est pas dans les classes riches ou bourgeoises que l'alcoolisme fait ses plus nombreuses victimes, c'est dans le monde qui peine, qui travaille de ses mains ; c'est le peuple, enfin, la force vive de la

nation, qui est la proie du terrible fléau, toujours en progrès. En effet, la consommation de l'alcool est montée, en France, de 1 lit. 46 par tête et par an qu'elle était en 1850, à 3 lit. 8 en 1888 et à 4 lit. 17 actuellement. Elle dépasse aujourd'hui 7 litres à Paris. Et il ne faut pas croire qu'on soit plus sobre à la campagne, la marée montante de l'alcoolisme l'envahit aussi : certains départements du Nord-Ouest sont seuls marqués en noir sur les cartes spéciales, accusant jusqu'à plus de 17 litres annuellement par tète d'habitant.

C'est donc à l'ouvrier des villes et à celui des champs qu'il faut montrer l'abîme vers lequel il court ; c'est à lui qu'il faut enseigner par la persuasion, par l'exemple surtout, que l'alcool est une fausse nécessité créée par l'homme, que cette triste passion ruine sa santé, lui prépare une descendance malingre, prédisposée aux pires tares physiologiques et intellectuelles -.rachitisme, tuberculose, épilepsie, folie, et à toutes les maladies morales qui mènent du vice au crime, qu'elle l'appauvrit, enfin, en lui prenant à la fois son temps et son argent. Aux champs, c'est à l'instituteur, c'est au chef d'exploitation, c'est à la fermière aussi que revient cette tâche si importante, quotidienne et familière, car il ne se passera pas de jour sans qu'un mot, un bon conseil, un exemple puisse être placé.

Il faudrait encore que l'ouvrier eût toujours le nécessaire ; le sentiment de sa dignité morale se développerait plus à l'aise .. Mais ce sont là de graves problèmes que nous n'avons pas à approfondir ici.

Régimes, rations, — On désigne par régime le mode d'alimentation particulier exigé par certaines maladies, approprié aux milieux ou aux climats dans lesquels on vit, établi aussi suivant Tàge, le sexe, le tempérament de l'individu.

Nous n'entrerons pas dans les régimes particuliers imposés dans les différentes maladies, ce serait dépasser

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