PANSEMENTS
mais plutôt un tampon d'ouate hydrophile ou même de lip^e ; on la débarrasse de tous les corps étrangers et des souillures qui peuvent la recouvrir, on essaye ensuite de rapprocher les bords à Faide de bandelettes de diachy Ion ou
Bandelettes de diachylon appliquées sur les lèvres d'une plaie.
de taffetas d'Angleterre, selon la figure 78. Le taffetas d'Angleterre doit être humecté et le diachylon légèrement chauffé avant d'être posés; on bande ensuite la plaie avec
Fig. 79. — Bandage en renversé.
les bandes toutes préparées que la pharmacie doit contenir. La bande ne doit être déroulée qu'à mesure de l'enroulement autour du membre ; on en fixe l'extrémité par une épingle simple ou, mieux, une épingle double de sûreté, dite américaine.
Voici (fig. 79) la manière d'appliquer un bandage en renversé.
Si le pansement a été fait dans de bonnes conditions
la plaie doit bientôt se cicatriser. Nous n'avons pas à entrer dans le détail des soins que seul devra diriger le médecin dans les cas sérieux ; disons seulement que, pour les plaies peu graves, le pansement doit être renouvelé toutes les 12 ou toutes les 24 heures.
Piqûres. — Les plaies produites par les instruments aigus : aiguilles, épingles, etc., de même que par les couteaux pointus et les épées, ou encore par des échardes de bois, sont des piqûres. Elles sont parfois plus graves que les coupures, surtout si le corps étranger s'est brisé dans la plaie. Il faut, dans ce cas, tâcher de l'extraire, soit par simple pression des doigts, soit à l'aide d'une pince.
La blessure doit ensuite saignerj abondamment ; on provoquera ce saignement par la compression, et, au besoin, en suçant fortement la plaie. Ensuite, on la lavera avec de l'eau boriquée, de l'eau phéniquée ou du sublimé ; enfin, on pansera avec une compresse humide fixée par une bande, ou simplement par un morceau de taffetas d'Angleterre si la piqûre est peu importante.
Contusions. — Les contusions sont le résultat du choc d'un objet dur contre le corps. Si la peau est entamée, c'est une plaie contuse.
Les bosses sanguines, résultant d'une chute, sont les plus fréquentes des contusions, surtout chez les enfants. Le meilleur traitement pour les faire promptement disparaître consiste dans la compression avec la paume, ou, mieux, avec une pièce de monnaie d'argent propre. On applique ensuite une compresse humide pour éviter l'inflammation. L'eau sédative est tout indiquée dans ce cas.
Il arrive quelquefois que la peau reste intacte tandis que des désordres graves existent intérieurement, par exemple en cas de coups, de passage sous les roues, etc. ; c'est là une des contusions les plus redoutables, la gangrène est même parfois à craindre ; il faut se hâter d'ap-
PLAIES Par morsures. 141
peler le médecin, et, en Tattendant, d'appliquer des compresses d'alcool camphré ou d'eau-de-vie.
Les plaies contuses sont plus ou moins graves; les écorchures qu'on se fait journellement se cicatrisent vite, néanmoins c'est toujours une plaie et par conséquent un foyer possible d'infection ; il faut donc les laver et les préserver de l'air autant qu'il est possible.
Lorsque la plaie contuse est considérable, on couchera le blessé, on le ranimera à l'aide de lotions vinaigrées aux tempes, d'un cordial, etc., on découvrira la plaie en coupant les vêtements, s'il y a lieu, et on la lavera en attendant le chirurgien. On peut rapprocher avec précaution les lambeaux de chair, s'il y en a, ou appliquer une compresse fraîche si la plaie est simple.
Plaies par armes à feu. — Ces plaies réclament le secours du chirurgien pour extraire les balles et les plombs. Cependant ces derniers peuvent parfois rester dans les chairs sans inconvénient. 11 faut surtout enlever les corps étrangers qui peuvent être entrés avec les projectiles, et appliquer des compresses d'eau fraîche alcoolisée. On peut user de cataplasmes émoUients s'il y a de l'inflammation.
Plaies par arrachement. — Cet accident se produit assez souvent à la campagne, lorsque les machines agricoles fonctionnent ; ces plaies atroces saignent peu et ne causent pas de grandes douleurs. En attendant le secours médical, on enveloppera le membre blessé de compresses imbibées d'eau fraîche phéniquée.
Plaies par morsures de quadrupèdes, de serpents, piqûres d'insectes. — Les morsures seront ténues très propres, comme les autres plaies, à l'aide d'antiseptiques.
Si les quadrupèdes qui les ont produites sont suspects de rage, il faudra consulter de suite le médecin ; on peut toujours, comme mesure préventive, cautériser la plaie à l'ammoniaque, il faut surtout la faire saigner et pratiquer une ligature au-dessus.
Quant aux morsures de serpents venimeux, le meilleur moyen d'enlever le venin qui est dans la plaie consiste à sucer celle-ci, en ayant soin de se rincer la bouche avant et après à l'eau alcoolisée et de recracher aussitôt le sang. On sait que le venin est sans danger pour la muqueuse et le tube digestif, à condition que Vun et Vautre soient indemnes d'écorchures.
On cautérise ensuite à l'aide d'ammoniaque, ou d'eaude-vie à son défaut. On peut enfin employer le fer rougi à blanc (moins douloureux que chauffé à un degré moindre). On couchera le malade chaudement et on lui donnera une infusion très chaude de thé ou de menthe, additionnée d'eau-de-vie et de 5 ou 6 gouttes d'ammoniaque liquide.
Les insectes causent de petites plaies fort désagréables parfois ; on adoucit la douleur, on la supprime presque, si l'on a soin de toucher immédiatenient la piqûre avec de l'ammoniaque. Il faut tacher d'enlever le dard de l'insecte, qui reste souvent dans la plaie; des compresses d'eau sédative soulagent beaucoup; l'eau vinaigrée est calmante aussi.
Les piqûres d'abeilles et celles de guêpes sont douloureuses. Elles peuvent présenter un réel danger lorsqu'elles sont situées dans la bouche, la gorge, ce qui arrive parfois lorsque lïnsecte se trouve dans un fruit que Ton mange avec précipitation. L'enflure est alors tellement rapide que la mort par suffocation peut se produire en peu de temps.
Le D** George recommande, dans ce cas, de faire une sorte de bouillie de sel en versant un peu d'eau dans une salière de sel de cuisine. On prend cette bouillie par cuillerées, en la laissant fondre lentement avant de l'avaler. Le gonflement diminue graduellement et laisse alors passage à l'air.
Certaines mouches ayant été sur des cadavres peuvent faire des piqûres très dangereuses. La maladie mortelle