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CORPS ÉTRANGERS

Abcès, clous, etc. — Quelques mots sur les soins à donner à ces hôtes journaliers et fâcheux ne seront pas inutiles.

Les abcès peuvent être plus ou moins graves, puisqu'ils varient du simple clou au phlegmon, qui peut entraîner la perte d'un membre, et qu'ils débutent toujours par la formation d'un gros bouton rouge, douloureux au toucher. On peut essayer de les faire avorter en badigeonnant de teinture d'iode.

En attendant la maturation, on emploie les cataplasmes émoUients chauds ; lorsque le clou devient blanc au milieu, le pus est prêt à sortir; le coup de bistouri est alors le moyen le plus rapide et le plus sûr pour. obtenir une prompte guérison ; c'est le médecin seul qui peut juger si l'abcès est mûr à point. Si l'on attend le percement naturel, il faut panser fréquemment le bouton à l'eau boriquéeou alcoolisée. Si on ouvre le bouton, on ne se servira que d'une aiguille flambée, c'est-à-dire préalablement portée au rouge sur la flamme d'une bougie.

L'abcès ouvert doit être traité comme une plaie; il faut donc le panser et le tenir scrupuleusement propre.

Le meilleur moyen d'éviter la série dont le premier clou est souvent l'avant-coureur, c'est de suivre un régime : tisane de houblon aux repas et matin et soir et grands bains.

Corps étrangers. — Des corps étrangers : mouches, poussières, pois, perles de verre, pièces de monnaie, etc., peuvent être introduits dans les organes, surtout chez les enfants, à qui ce genre d'accident arrive fréquemment.

Pour les corps étrangers dans l'œil, le mieux est d'abord d'examiner celui-ci en écartant les deux paupières. On saisit alors le corps avec une bague ou un morceau de papier à cigarette roulé et humecté. []n bon moyen consiste à frotter non pas l'œil malade, mais l'autre œil, les larmes produites entraînant fréquemment le corps.

150 DYGIÈNE GÉNÉRALE.

Si le corps élranger est engagé dans le globe de l'œil, ce qui le rend impossible à extraire, il n'y a qu'à appliquer des compresses d'eau fraîche en attendant l'opérateur.

Les enfants s'enfoncent souvent, en jouant, des pois, des haricots, des perles, ou encore des insectes dans l'oreille, qu'ils obstruent. Le cérumen aussi, matière jaunâtre sécrétée par la membrane intérieure, peut, s'il s'accumule par défaut de propreté, former une sorte de bouchon qui finit par empêcher d'entendre ; il est facile d'éviter ce cas extrême par les soins journaliers nécessaires, mais, si on veut dissoudre le cérumen, il faut le ramollir par de fortes et nombreuses injections tièdes à l'aide de la poire en caoutchouc.

Quant aux corps étrangers, il est difficile de les extraire sans instruments spéciaux, s'ils sont un peu profondément enfoncés. On peut essayer avec la courbure d'une épingle à cheveux, mais jamais avec un objet pointu.

Les insectes seront noyés par une injection d'huile, qu'on fera suivre d'une injection d'eau pour les expulser.

On peut trouver les mêmes corps étrangers dans le nez ; on essaiera de les prendre avec une pince ou encore on mettra un peu de tabac dans l'autre narine, ce qui amènera des éternuements. Il faut se moucher fortement, ce qui suffit parfois à expulser l'intrus.

Dans la gorge enfin, et dans le larynx, les corps étrangers peuvent s'arrêter. Le premier cas est moins grave que le second, puisque le passage de l'air est libre. Pour les objets durs et pointus : arêtes, os, il vaut mieux faire absorber de la mie de pain ou de la bouillie que de faire boire, ce qui réussit, au contraire, lorsque le corps engagé peut se dissoudre.

Si ces moyens sont sans effet, il faut provoquer les vomissements; cependant, si la suffocation ne menace pas, il vaut mieux ne pas essayer de faire revenir le corps (pièce de monnaie, épingle), mais plutôt favoriser son évacuation par une purgation.

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