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EMPOISONNEMENTS

Empoisonnements. — Lorsqu'une personne est prise subitement, après un repas, de vomissements accompagnés de tîranchées et de diarrhée, on peut -supposer un empoisonnement, bien que certaines indispositions ou maladies puissent présenter les mêmes symptômes (choléra, indigestion violente, coliques hépatiques et néphrétiques).

11 faut, dans ce cas, agir et agir vite, car « le salut d'un empoisonné dépend de la promptitude des secours qu'on lui porte » (D' George) (1).

Chaque poison a son contre-poison et nous donnerons plus loin la liste des uns et des autres, des principaux tout au moins. Mais, à défaut de tout médicament, le meilleur contre-poison est l'eau. Le grand médecin anglais du xvn*^ siècle, Sydenham, raconte comment il sauva un domestique, empoisonné par du sublimé corrosif, en employant uniquement l'eau comme antidote.

On peut donc toujours, en cas d'empoisonnement, et qu'on soit ou non dans l'ignorance de la nature du poison absorbé, administrer de l'eau tiède à haute dose, par litres. On la donnera à boire, comme vomitif, à boire aussi, comme purgatif, si le poison est déjà parvenu dans l'intestin, — elle sera additionnée dans ce cas de magnésie (30 grammes si c'est possible), — enfin comme lavement, pour évacuer le reste du poison.

L'eau très chaude peut encore être donnée pour faire transpirer le malade, la transpiration constituant une des manières d'éliminer le principe nuisible. L'émission abondante des urines est aussi un excellent moyen d'évacuer le poison.

Il va sans dire que tout ce traitement doit être fait en cas d'urgence, en attendant le médecin, qui est seul qualifié pour compléter le traitement.

Si l'on n'a pas d'autre moyen, le chatouillement de la luette (au fond de la bouche) provoque les vomissements.

(1) Dr Hector Georgk, Leçons d'hygiène.

Les principaux contre-poisons, outre Teau, sont le lait, l'eau albumineuse, le café, Tammoniaque.

Voici la liste des poisons les plus communs, avec le traitement spécial qui convient pour chacun.

Acides. — Acide acétique (vinaigre), azotique, chlorhydrique, citrique, oxalique^ phosphorique, sulfuvique, tartrique. — Grande quantité d'eau de blancs d'œufs tiède ou eau albumineuse (4 blancs d'œufs battus dans un litre d'eau), eau de magnésie (20 à 30 grammes par litre) ou eau de savon (15 grammes de savon blanc pour 2 litres) ; délayer des cendres dans de l'eau et avaler immédiatement, ou encore boire du lait.

Acide cyiuihydrique ou prussique, noyaux de fruits. — Faire respirer de l'ammoniaque ou alcali. Appliquer des compresses froides sur la tête, la nuque, le dos. Faire vomir. Infusion de café.

Aconit. — Faire vomir. Ipécacuanha, 1 gramme par demi-litre d'eau tiède.

Alcali, ammoniaque. — Eau vinaigrée (3 cuillerées à soupe de vinaigre pour 1 litre d'eau), limonade au citron-, eau albumineuse, lait.

Allumettes phosphoriques et phosphore. — Faire vomir; eau albumineuse; boissons aqueuses abondantes, dans lesquelles on mettra quelques cuillerées à café de magnésie anglaise. Pas d'huile.

Arsenic. — Faire vomir. Eau de magnésie ; œufs crus ; huile d'olive, de ricin.

Belladone. — Faire vomir avec Fipécacuanha et le chatouillement de la luette. Café fort, sans sucre. Boissons acidulées.

Benzine, Aniline. — Faire vomir de suite. Frictions sèches ou alcooliques sur les côtés de la poitrine.

Ciguë. — Même traitement que pour la belladone.

Digitale. — Même traitement que pour la belladone.

Eau de Javel. — Faire vomir. Eau de blancs d'œufs et lait en abondance.

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Émétique, — Eau albumineuse en quantité. Décoction de quinquina. Provoquer les vomissements en chatouillant la luette.

Iode, — Eau de blancs d'œufs en abondance, eau d'amidon (une cuillerée à bouche que Ton fera bouillir dans un litre d'eau) ; lavements d'amidon.

Laudanum, — Faire rapidement vomir. Aider le vomitif par les chatouillements de la luette. Administrer du café fort. Combattre le sommeil.

Morphine, — Même traitement que pour le laudanum. Plomb, eau blanche. — Faire dissoudre 50 grammes de sulfate de soude ou de sulfate de magnésie dans un litre d'eau ; un verre de deux en deux minutes. Ou du lait. Potasse, soude. — Même traitement que pour l'alcali. Strychnine. — Faire vomir. Décoction de quinquina, purgatifs.

Sublimé corrosif. — Faire vomir. Donner du lait. Pas de boissons acidulées.

Sulfate de fer, de cuivre. — Faire vomir. Eau albumineuse ; sucre en quantité, lait.

Tabac et nicotine. — Eau vinaigrée ; dans les cas graves même traitement que pour le laudanum.

Cuivre, vert-de-gris. — Faire vomir. Ipécacuanha. Eau de blancs d'œufs ; eau de magnésie. Lait.

Alcool [Ivresse). — L'absorption d'alcool en grande quantité peut amener l'apoplexie et la mort. 11 faut, lorsqu'un individu pris de boisson devient inerte, pâle ou congestionné, que son corps se refroidit et que la respiration devient pénible, agir promptement pour le dégriser. Pour cela, on fera vomir en donnant un vomitif ou une quantité d'eau chaude. Ensuite 5 à 6 gouttes d'ammoniaque dans un verre d'eau sucrée. Enfin, si le cas s'aggrave, on aspergera le visage d'eau froide, on appliquera des compresses d'eau froide, ou de glace si c'est possible, sur le crâne, des sangsues derrière l'oreille, des sinapismes sur les jambes, en frictionnant vigoureu-

sementle corps pour y rétablir la circulation normale.

Viandes gâtées, moules, huîtres, crevettes, homards et poissons gâtés ou empoisonnés. — Empoisonnement grave. 11 faut faire vomir de suite ; donner des boissons abondantes, de l'eau vinaigrée, des grogs à Teau-de-vie, de l'éther sur du sucre, plusieurs gouttes.

Champignons, — Voici enfin l'une des causes d'empoisonnement les plus fréquentes à la campagne, où des personnes inexpérimentées recueillent des champignons sans bien connaître les signes qui distinguent les comestibles des vénéneux.

La principale source des erreurs fatales si souvent commises consiste dans une série de principes adoptés, tels que ceux-ci : « les champignons vénéneux sont coriaces comme le liège ; leur saveur est désagréable ; ils exhalent une mauvaise odeur; ils changent de couleur après avoir été cassés ». Or, rien n'est moins irréfutable que ces affirmations; en effet, il y a de mauvais champignons dont la chair n'est pas coriace, certains champignons comestibles sont amers et d'autres peuvent avoir une odeur désagréable. Enfin, quant au noircissement de la brisure, — l'opinion la plus enracinée dans l'esprit populaire, et celle qui cause le plus d'accidents, — ce n'est pas non plus un signe certain puisque, sur les cinq variétés comestibles de bolets ou cèpes, deux noircissent lorsqu'on les coupe et que, fait remarquable, sur les quatre-vingts variétés d'agarics, deux seulement sont comestibles et noircissent, tandis que tous les autres nstent blancs et sont très vénéneux.

Les divers moyens employés pour reconnaître à la cuisson la comestibilité des champignons ne valent pas mieux. Les pièces d'argent ou l'oignon mélangés au bouillon des champignons ne noircissent pas forcément si ceux-ci sont mauvais, comme on le croit assez généralement.

En réalité, il vaut mieux s'abstenir de la cueillette de

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