ASPHYXIE
ce dangereux légume si l'on n'est pas soi-même un spécialiste averti, capable de discerner les caractères botaniques, les seuls qui permettent de les classer sans erreur.
En cas d'empoisonnement causé par des champignons vénéneux ou gâtés (cartons les champignons trop anciens peuvent devenir dangereux), on donne en hâte un fort vomitif et un purgatif. Ensuite, quand tout le poison est évacué, forte infusion de café noir, gouttes d'éther sur du sucre. Pas d'acides ni d'eau vinaigrée, qui aggravent l'empoisonnement.
Asphyxie. — L'asphyxie est l'état dans lequel se trouve
Fig. 86. — Procédé Sylvester, mouvement d'inspiration.
un individu dont la respiration est arrêtée à la suite du manque d'air ou de l'absorption d'un air vicié.
Que l'asphyxie ait eu lieu par pendaison, strangulation, immersion, etc., on devra, sans perdre un instant,détendre le malade et pratiquer la respiration artificielle.
Plusieurs procédés sont recommandés; le plus répandu et le plus simple est celui de Sylvester.
On place l'asphyxié sur le dos, les épaules soulevées par un coussin et les pieds appuyés, et on attire la langue
au dehors pour permettre l'entrée de l'air dans la trachée, puis on élève les bras des deux côtés de la tête et on les maintient doucement, mais fermement, ainsi élevés, pendant deux secondes (fîg. 86). Abaissez ensuite les bras et pressez doucement, mais fermement, pendant deux secondes, contre les côtés delà poitrine (fig. 87). Répétez
Fig. 87. — Procédé Sylvester, mouvement d'expiration.
ces mouvements alternatifs hardiment et avec persévérance quinze fois environ par minute.
La traction rythmée de la langue (procédé de Laborde) est aussi à employer. Ce procédé a donné des résultats remarquables, en ramenant à la vie des noyés dont on désespérait.
11 faut ouvrir de force les mâchoires de l'asphyxié, entre lesquelles on place un morceau de bois pour les maintenir ouvertes. On saisit ensuite la langue à l'aide d'un linge tenu entre les doigts et on l'attire complètement hors de la bouche ; on imite le plus possible la respiration, ce qui est facile en attirant la langue du patient chaque fois qu'on respire soi-même.
Dans cette manœuvre comme dans la précédente, il
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faut surtout persévérer : on a vu des asphyxiés rappelés à la vie après une et même deux heures d'efforts.
En même temps, et en attendant que les mouvements de la poitrine indiquent que la respiration normale se rétablit, on fera frictionner le malade par des aides, depuis les extrémités jusqu'au cœur. On le réchauffera à Taide de linges et de couvertures chaudes.
Les différentes sortes d'asphyxie nécessitent des soins différents; cependant, ceux que nous venons d'indiquer conviennent à peu près à tous les cas.
Les pendus seront dépendus au plus vite, malgré le stupide préjugé qui veut qu'on n'agisse qu'en présence de l'autorité soit judiciaire, soit médicale. On soutiendra le corps, puis on desserrera la corde et on tâchera de faciliter l'entrée de l'air dans les poumons. Respiration artificielle et surtout traction de la langue.
Quant aux noyés, il faut les étendre un peu sur le côté droit* et leur nettoyer la bouche et les narines. Respiration artificielle et traction de la langue. Ne pas les pendre par les pieds sous prétexte de leur faire rendre l'eau qu'ils ont absorbée. Les noyés doivent être réchauffés et séchés par des frictions et l'enveloppement dans des couvertures chaudes.
Quant aux asphyxiés par la chaleur, les gaz méphitiques, l'oxyde de carbone ou l'acide carbonique provenant de la combustion et d'un mauvais tirage, l'air vicié, etc., ou aux personnes tombées dans des cuves en fermentation alcoolique, on les mettra au grand air, la tête plus élevée que le reste du corps. Frictions, eau froide à la tête, inhalations de vinaigre, respiration artificielle, etc., comme pour les autres cas.
Pour les personnes tombées dans les fosses d'aisances, il faut se hâter de leur faire respirer du chlore.
On peut mettre des sinapismes aux jambes des asphyxiés si la figure est congestionnée.
Nous avons déjà parlé de l'asphyxie par le froid.
Accidents divers. — Signalons, pour terminer, les soins à donner d'urgence dans les cas subits tels que : attaques d'apoplexie, syncope, etc.
Apoplexie, — Mettre le malade, la tête soulevée, dans un endroit frais ; détacher ses habits ; mettre des compresses d'eau fraîche ou de glace sur la tête et des sinapismes aux mollets. Bain de pied sinapisé ; lavement purgatif. iVe pas donner à respirer des cordiaux (eau-devie, eau de Cologne, ammoniaque).
Coup de soleil. — Mettre le sujet à l'ombre, détacher ses vêtements ; compresses d'eau froide vinaigrée sur la tête et frictions sur tout le corps. Boissons fraîches et acides ou café noir.
Épilepsie. — 11 n'y a absolument qu'à coucher le malade dans un espace découvert, à desserrer ses vêtements et à le surveiller pour éviter qu'il ne se blesse. Rien d'autre n'est à tenter avant la fin de la crise.
Hystérie, — Mêmes soins que pour l'épilepsie ; ne pas donner de cordiaux, dont l'odeur peut faire continuer l'accès.
Syncope, évanouissement. — 11 faut coucher le sujet à plat, la tête aussi basse que le corps, dans un endroit bien aéré, desserrer ses vêtements, jeter de l'eau froide à la ligure ou, mieux, la flageller, ainsi que les mains, à l'aide d'un linge mouillé. Faire respirer un cordial: vinaigre, éther, eau de Cologne, sels anglais. Enûn, dans les cas graves, tenter la respiration artificielle.
HYGIÈNE DE l'ENFANCE. — PETITE MÉDECINE DES MÈRES.
Il nous a semblé que quelques simples conseils aux mères ne seraient pas déplacés dans ce volume. Nous avons donc réuni ici les informations diverses que nous avons pu recueillir, en suivant toujours les plus récents
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progrès de l'hygiène et de la médecine modernes. Les remèdes simples et les recettes diverses qu'on trouvera dans cette même partie sont complètement dénués de rintention d'envahir le domaine thérapeutique. Nous nous sommes, d'ailleurs, attachés avec soin à proscrire le maniement de toute substance toxique, exception faite pour quelques antiseptiques indispensables. Enfin, nous ajouterons que, bien loin d'avoir la prétention absurde de suppléer au médecin, ce petit guide a pour but, dans notre pensée, de rendre toute femme capable de discerner quand elle devra réclamer son secours et quand elle pourra éviter de le déranger inutilement.
Préparatifs pour recevoir le kouveau-né. — U ne faut pas attendre au moment de la naissance du bébé pour se procurer tout ce qui lui sera certainement nécessaire dès son entrée dans le monde.
Voici la nomenclature des objets les plus indispensables à son usage personnel :
Quelques litres d'eau bouillie froide.
Un citron.
Un savon blanc sans odeur.
Un peu d'huile d'amandes ou d'olive.
Une pelote de fil blanc.
Quant à la première toilette du bébé, voici cd dont elle se compose généralement:
Une chemise.
Une brassière de flanelle ou de coton doux.
Une brassière de laine tricotée.
Quelques personnes ne mettent qu'une brassière; — cela dépend naturellement de la saison, du climat, etc.
On enflle les petites manches les unes dans les autres de manière à n'avoir qu'à les passer comme un unique vêtement.
Il faut encore :
Une couche de toile.
Un lange de laine épaisse.
160 SOINS A DONiNER AU NOUVÉAU-NÉ.
Une boîte d'épingles américaines de différentes grosseurs.
Plusieurs bandes de toile douce ou usagée.
Plusieurs bandes de flanelle.
On ne met plus guère de bonnet aux bébés aujourd'hui ; cependant, si on y tient, il faut ajouter cet article de toilette aux objets précédents.
Layette. — 11 ne sera peut-être pas inutile de placer ici la composition d'une layette moyenne :
2, 3 ou 4 douzaines de couches de 75 centimètres carrés, ou encore 2 douzaines de grandes, c'est-à-dire de 80 sur 80 et 1 ou 2 douzaines de petites de 50 à 60 centimètres de côté.
Les couches seront en linge usagé, vieille toile ou coton fin (la toile est préférable comm« douceur pour la peau délicate des tout petits).
3 langes de laine.
3 langes de coton épais.
3 langes de piqué pour recouvrir les autres (ceci ne fait déjà plus partie du strict nécessaire).
Une demi-douzaine de bandes de flanelle, de 6 à 8 centimètres de large et assez longues pour faire deux fois le tour de l'abdomen de l'enfant, c'est-à-dire de 60 à 70 centimètres environ.
On n'ourlera pas ces bandes et on coudra à l'une des deux extrémités, que l'on pliera en pointe, deux rubans de percale d'un demi-centimètre de large, assez longs pour nouer après avoir fait le tour du corps.
Une douzaine de bandes de vieille toile ou de coton très fin, de mêmes dimensions, mais sans cordons.
6 chemises-brassières, toutes droites et en vieille toile également.
6 brassières de tricot de laine.
Quelques personnes ajoutent 6 brassières de flanelle, mais l'utilité n'en est pas absolue si on emploie celles de tricot.