PRÉPARATIFS
et d'une brassière de dessus en piqué ; celle-ci est facultative, quelques personnes la suppriment. Elles seront préparées, pour les premières toilettes au moins, de façon à passer les deux ou les trois manches d'un seul coup; comme nous l'avons indiqué plus haut, elles doivent toujours croiser largement par derrière, où on les fermera par une épingle de sûreté ; on mettra encore une bavette, qui terminera l'habillement pour ainsi dire inamovible du haut du corps, car on ne le change qu'une fois pour huit ou dix fois qu'on change l'autre.
La seconde partie se composera d'une couche en toile usagée et douce, pliée en triangle et dont les pointes envelopperont et sépareront les cuisses et le siège du bébé. On Fépinglera lâchement avec une épingle de sûreté nickelée ou argentée (inoxydable). Par dessus tout, on mettra un lange de laine épaisse, bien serré sous les bras et libre du bas, de manière que l'enfant puisse remuer ses membres à volonté. Une première épingle de nourrice le fixera sous un bras et une seconde à la hauteur du genou ou un peu plus bas. Chacune des pièces de l'habillement aura été chauffée à la flamme.
Il n'y a plus maintenant qu'à coucher l'enfant dans son berceau bien chaud. Celui-ci sera garni d'une paillasse de balle d'avoine, recouverte d'une toile imperméable et d'un drap, ou de feutre absorbant et d'un petit oreiller de crin. On fera chauffer le drap et on ajoutera deux bouteilles d'eau chaude, mais non bouillante, à droite et à gauche, ou une seule aux pieds. C'est sur son côté droit de préférence qu'on mettra l'enfant pendant les premiers jours, après lesquels on le retournera sur les deux côtés alternativement toutes les deux heures environ. On le couvrira bien chaudement, avec une couverture et une petite peau de mouton doublée si on en possède une. 11 ne faut pas oublier d'écarter les couvertures de la bouche : un air pur et renouvelé est nécessaire aux poumons du nouveau-né. Le berceau sera placé dans
un endroit bien éclairé, en face d'une fenêtre, si c'est possible, pour éviter de faire loucher l'enfant du côté du jour. 11 sera mis à l'abri des courants d'air ou garanti par un paravent.
Quelles que soient les ressources et la place dont on dispose, le nouveau-né aura, en tous cas, son lit personnel: il faut absolument condamner l'habitude vicieuse qui consiste à le coucher à côté de sa mère ou de toute autre personne. On a de nombreux exemples d'enfants étouffés de cette façon.
Allaitement. — Le nouveau-né n'a pas besoin de nourriture dès les premières heures de sa vie extérieure On peut cependant lui donner, avant de le coucher, quelques cuillerées d'eau bouillie tiède, sucrée et additionnée d'un peu d'eau de fleur d'oranger.
Les avis sont partagés sur l'opportunité qu'il y a à mettre l'enfant au sein quatre ou six heures après sa naissance ou à attendre que le lait soit complètement monté. Dans le premier cas le nouveau-né absorbe le colostrum, liquide précédant le lait dans les seins de la mère; cette eau est laxative et favorise l'évacuation du méconium, matière noirâtre et visqueuse qui remplit l'intestin, mais cette méthode présente l'inconvénient de déranger la mère, qui a besoin d'un repos quelquefois absolu. Dans le second cas, le lait ne montant que le deuxième et même le troisième jour, l'enfant, s'il est très vigoureux, réclame une nourriture un peu substantielle ; il vaut pourtant mieux s'en tenir à l'eau bouillie si la mère n'est pas en état de donner son lait.
Pour donner le sein, la mère se soulèvera un peu dans son lit à l'aide d'oreillers. La première tétée est souvent difficile à organiser : certains enfants débiles et faibles ne semblent pas savoir faire la succion avec la langue et le palais comme elle doit être faite. 11 est alors nécessaire d'enseigner au bébé incapable : on peut, pour cela, tremper le doigt dans l'eau chaude, l'enfant