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CHAPITRE VI

l'assemblée chrétienne primitive, les origines

DE LA messe

La cène durant laquelle Notre-Seigneur institua l'Eucharistie dans la nuit qui précéda sa mort, devint le prototype des réunions chrétiennes. On sait que ce repas était le banquet rituel de la Pâque mosaïque. On y chantait des psaumes, on y récitait des prières ; l'agneau symbolique était mangé en souvenir de la sortie d'Egypte ; on rendait grâces à Dieu qui avait délivré son peuple du joug des ennemis, lui avait fait traverser la met Rouge et l'avait conduit miraculeusement à travers le désert. C'est à la fin de ce repas mystique que le Christ institua le sacrement de son corps et de son sang.

« Ayant pris le pain, nous dit saint Luc, il rendit grâceS; le rompit et le donna à ses apôtres, disant :

« Ceci est mon corps qui est donné pour vous : faites ceci en souvenir de moi.

« De même pour le calice, après le repas, il dit : Ceci est le calice, la nouvelle alliance dans mon sang qui sera versé pour vous (1). »

C'est à Bickell qu'appartient le mérite d'avoir démontré, avec sa connaissance profonde de l'antiquité

(1) Luc, XXII, n ; cf. Màtth., xxvi, 26 ; Marc, xiv, 22 ; saint Paul, I Cor., il, 23 ; dans saint Jeaii, promesse de l'Euctiaristie, VI, 48 seq.

chrétienne et du rituel juif, que la messe chrétienne à été greflée sur ce rituel de la Pâque, et que l'on retrouve dans la messe primitive les linéaments de cette cérémonie (1).

Ce repas sacré du Christ devint le modèle et le centre des réunions chrétiennes. Un banquet fraternel, tenu la plupart du temps le soir ou la nuit, comme la cène, et qui réunit les fidèles dans la sainte charité, des prières, des psaumes, et pour terminer, l'accomplissement du rite eucharistique, tels sont bien en effet les éléments primitifs que nous retrouvons dans les plus anciennes assemblées chrétiennes.

Les apôtres, à l'exemple du Christ, se réunirent pour la prière et la fraction du pain. Ce fut la réunion ou synaxe eucharistique ; c'était le renouvellement de la cène. Saint Paul se plaint de la façon dont les Corinthiens observaient ce rite. Ce n'est plus le repris du Seigneur ; la charité n'y règne plus. Chacun apporte son repas avec soi. Qu'arrive-t-il ? L'un en sort afîamé, l'autre s'enivre. « Si vous voulez boire et manger, ajoute l'Apôtre, n'avez-vous pas votre maison ? Ce que je vous ai appris à faire, je l'ai reçu du Seigneur, à savoir que dans la nuit où il fut livré, il prit du pain, rendit grâces, le remplit et dit: « Recevez et mangez ; ceci est mon corps, qui est livré pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. » Il prit aussi le calice après avoir soupe, disant : « Ceci est le calice de la nouvelle alliance en mon sang. Faites ceci en mémoire de moi. » Donc, continue l'Apôtre, toutes les fois que vous mangerez ce pain et que

(1) Bickell, Mess und Pascha. D'autres savants, notamment Sepp et Probst. avaient déjà fait dans ce sens quelques rappiochements. Nous avons traité à part avecplus d'étendue cet important sujet des origines de la messe.

VOUS boirez de cette coupe, vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne (1). »

Saint Paul veut donc que tout dans cette cérémonie soit sanctifié ; que le repas qui précède soit vraiment un repas fraternel, un repas de charité, Z'a^ape, comme on l'appela (ifOLur^, amour), et non pas un banquet profane, et qu'il soit suivi de l'Eucharistie. C'est bien en effet ce que fut l'agape durant les premiers siècles. Pline en parle en termes presque bienveillants (2). Tertullien dans son Apologétique nous la décrit comme un banquet fraternel dont la première loi est la sobriété, qui s'ouvre parla prière et se termine par la prière (3). Mais les païens, qui jugeaient les chrétiens à leur image, s'imaginèrent que les dernières infamies se commettaient dans ces repas nocturnes. Les apologistes consacrent tous leurs efforts, au ii= et au III' siècle, à combattre ces calomnies, et la martyre Blandine mourait au milieu des tortures avec ce cri sur ses lèvres : « Je suis chrétienne ; il ne se fait rien de mal parmi nous (4). »

Cependant, si ces accusations de païens étaient certainementd infâmes calomnies, il faut bien avouer que les désordres déjà signalés par saint Paul se renouvelèrent quelquefois, excès dans le boire et le manger, luxe exagéré qui était mieux fait pour blesser les pauvres que pour les aider. Clément d'Mexandrie se plaint de ce luxe ; il proteste contre

(1) I Cor., XI.

(2) Pline, ep, x, 97.

(3) Apol'Hj.'ticus, c. 39.

f4) .\pud Euseb., /T. E., V, 1. Voir dans le Dictioanaire dp. thcol-igf un récent article de Mgr Batillol sur l Aya/jp, dont nous ne discuterons p;is ici les cimclusiuns.

La même étude reprise et développée dans ses Études d'histoire et de théologie positive, 1902.

les joueurs de flûte que Ton invite pour égayer lé repas, au lieu de chanter des psaumes^ des hymnes et dés chants spirituels, comme on faisait au tetnps des apôtres (1). Tertullien, quaiid il eut rompu avec les catholiques, condamna avec virulence les excès de leurs agapes, et tout en faisant la part de l'exagération et du dépit, il est difilcilé de croire qu'il ii'yaitpas quelque chose de vrai dans ses récriminations (2).

C'est évidemment pour cette causé que l'Église sépara d'abord l'agape dé la célébration de l'Eucharistie, défendit de faire ce repas à l'église, et enfin en condamna complètement l'usage (3). Dès le iv^ siècle, elle tombe en désuétude et finit par disparaître complètement. Les offrandes de pain, dé lait, de raisins, de volailles même, qiié l'on apportait au moment de TofTertoire pour être bénites parlé prêtre, et que l'on mangeait ensuite en famille, en étaient peut-être un souvenir ; mais ce souvenir a disparu aussi ; il n'en reste dans la liturgie actuelle d'autre vestige que la distribution du pain bénit à la messe paroissiale, et peut-être les distributions dé pain aux pauvres en certaines contrées, après la messe.

L'agape qui se célébrait en l'honneui" des martyrs et sur leurs tombeaux, n'est peut-être autre chose dans son origine que l'agape ordinaire que l'on voulut sanctifier en la rattachant aune fêle de martyrs. Mais là aussi il y eut des abiis, et les évêques les supprimèrent (4).

(1) Paedag. II, 1 § 4 ; II, 4.

{•>) De jejuaio, 11.

(3) Conc. de Laodicée, c. 27 ; 3« cortc. de Carfhasp, DOl, c.30 conc inTrullo, 692.

{■i' Cf. saint An^aistin. Coorcssions, VI, 2 ; et ep. 28. S. Am- Lroise les supprima à Milan.

Les agapes dites funéraires^ cjui se célébraient à l'occasion des funérailles ou des anniversaires des morts, et dont l'origine est toute différente, subsistèrent plus longtemps, comme tous les rites qui ont pour objet les morts et qui sont chers à la piété populaire, et l'on peut même trouver un souvenir de cette agape dans les repas qui suivent encore, en certains pays, les réunions funèbres. C'est probablement dans ces repas en l'honneur des morts que l'on se servait de ces verres et de ces coupes à fond d'or, sur lesquels se détache l'image du défunt, avec Ifes inscriptions dans le genre de celles-ci : « Ame douce, vis dans le Seigneur ' Victor, vis au nom du martyr Laurent i vis parmi les immortels, Concordius ; vis dans la paix de Dieu, ou encote : « Bois, ^is;vis avec les tiens, heureusement [i). »

Toutes les réunions de la communauté chrétienne n'étaient pas eucharistiques. Il y avait des assemblées où l'on venait pour chanter des psaumes, pour lire des passages de l'Écriture sainte, ou les lettres des apôtres et les évangiles, écouter une exhortation ou une homélie, ou prier selon que l'Esprit-Saint l'inspirait ù chacun. C'était la vigile, ainsi appelée parce que la réunion se tehait durant la nuit, à la seconde ou à la troisième veille. Mais la prière libre engendra aussi des abus ; les évêques, présidents des synaxes, durent y mettre ordre. Les évêques, le& prêtres et les autres ministres eurent seuls lé dfoit de pt-ier à haute voix au nom de l'assemblée. C'est en vain qu'au ii* siècle les Montanistes tentèrent de ressusciter les pratiques des prophètes ; ils aboutirent à un échec lamentable,

(i) Gàri'uccij Vetri ornati, Rome, 18ti8, fol.

Cl Tei'tullien, montaniste lui-même, nous raconte sérieusement les prophéties d'une femme qui se disaitinspirée par l'Esprit, pour annoncer aux fidèles que lYme est matérielle I

Ces réunions des vigiles rappelaient celles qui se tenaient dans les synagogues ; dans les unes et les autres, il y a la récitation ou le chant des psaumes, la lecture de la Bible, une prédication. La synaxe chrétienne ajouta seulement la lecture des lettres des apôtres et des évangiles. Elle fut suivie souvent du rite eucharistique. Il ne faut pas oublier que les premières communautés chrétiennes furent fondées dans les villes où existaient déjà des synagogues juives et que le premier noyau de ces chrétientés primitives furent des Juifs convertis. C'est ce qui explique comment un bon nombre des rites de la liturgie catholique ont leur origine dans la liturgie et dans les traditions juives.

Pour plus de clarté nous donnons ici les quatre éléments des assemblées primitives, éléments qui furent unis ou séparés ou combinés différemment selon les circonstances :

loL'agape, repas de charité et repas rituel, souvenir du repas pascal, quelquefois suivi ou précédé du rite de l'Eucharistie ;

2° L'agape funéraire, repas rituel en l'honneur des morts, et l'agape en l'honneur des martyrs ;

3° L'Eucharistie, sacrement du corps et du sang du Seigneur, rattaché quelquefois à l'agape ou à la vigile ;

4° La vigile, réunion de nuit, qui consiste en des chants, de la psalmodie, des lectures, uneprédication.

De ces éléments est sorti tout le culte chrétien.

L'agape funéraire et Tagape ordinaire n'étaient pas destinées à se maintenir longtemps, nous en avons dit la raison; mais les vigiles et l'Eucharistie sont restées dont été pour des siècles et jusqu'à nos jours la forme et le centre de toute notre liturgie.

Les vigiles, suivies la plupart du temps par l'Eucharistie, ont fini par s'y souder; elles forment la première partie de la messe jusqu'à l'ofFertoire; c'est la messe dite c^esca/^'cAitmènes, ouavant-messe, comme une sorte d'introduction, et qui a un caractère si différent de la seconde partie.

Elle a gardé la composition interne des vigiles, la psalmodie (graduel, trait, alléluia), la lecture de l'Ancien Testament, celle des épîtres des apôtres, de leurs actes, et enfin de l'évangile, suivi d'une homélie (1).

Suivant nous, tout roiïice canonial est sorti de la vigile. Matines et Laudes ne seraient dans notre hypothèse que la vigile, détachée du service eucharistique et qui a subi quelques modifications, en conséquence de cette séparation, par exemple un développement plus considérable de la psalmodie, et la suppression à peu près complète de l'homélie. L'office primitif de Matines et Laudes se compose en effet des mêmes éléments quela vigile, psalmodie, lecture de l'Ancien et du Nouveau Testament, des épîtres et même des actes des martyrs, et pour terminer, la lecture solennelle de l'évangile et l'oraison ; enfin d'autres cérémonies que l'on peut considérer comme adventices, et que l'on trouve dans toute réunion chrétienne, confession des péchés, lecture des diptyques, même le baiser de paix,

(1) Nous raisonnons naturellement sur les données des messes les plus antiques.

avaient leur place à Matines comme à la vigile (1).

Les autres offices du jour et de la nuit sont nés de Matines et ont été visiblement calqués sur le même modèle : des psaumes avec antiennes, une leçon (capitule), un répons, un verset, une oraison, ou même, comme Laudes et Vêpres, un cantique d'évangile comme finale (2j. Tout l'office divin gravite donc, dans ce système, autour de la vigile, ou, si l'on veut, de la messe, et le caractère des heures canoniales est d'en être comme les satellites. Le véritable esprit de la liturgie est donc de maintenir toujours les heures canoniales en étroite union avec la messe.

La deuxième partie de la messe, qui commence avec l'offertoire, est appelée messe des fidèles, parce que les catéchumènes sortaient à ce moment de l'église, et les fidèles avaient seul s le droit d'assister aux redou tables mystères. De tous les offices liturgiques, c'est celui qui a le mieux conservé les rites primitifs ; c'est la cène eucharistique telle qu'elle a été célébrée par le Sauveur, avec les prières qui rappellent les prières de la lëte pascale mosaïque j comme nous l'étudierons avec plus de détail dans le chapitre suivant.

Dès maintenant nous pouvons dire que la messe est comme le grain de sénevé d'où est sortie toute la liturgie catholique ; elle a poussé des branches en tous les sens, elle est devenue un grand arbre à l'ombre duquel viennent se reposer les oiseaux du ciel.

Le lieu où se tinrent ces premières réunions chrétiennes fut d'abord une chambre, l'une des salles de

(1) Cette théorie sur la vigile, l'avant-messe et l'office cano niai, qui n'est ici qu'indiquée, a reçu de longs développements dans une dissertation sur la messe publiée à part.

{2} Voyez plus loin le chapitre xvi : Ja Journée cbrétieuae.

ORIGINES DE LA MESSE 8o

la maison, probablement la suili^ la plus spacieuse, celle du banquet, comme avait été le cénacle. Puis avec l'àcdroissement du fldttibre des fidèles et des ressources, ce ne fut pas trop d'y consacrer toUte Une maison ; il y etlt la salle des réunions, dés chambres pour le mobilier, pour les prêtî-es, quelquefois pour les pauvres, les malades, les voyageUrs. Ce fut à la fois une église, un évêché, un dispensaire, un hospice, un réfectoire. Oh a rëtharqué justement que la maison antique se prêtait bien à ces divers usages avec son atrium, les salles et les chambres qui en dépendaient (1). Mais ce (}ui domina, ce fut l'église proprement dite, le temple, le lieu où se tenaient les réunions eucharistiques, ce fut la maison de la prière, la maison de Dieu, et la liturgie chrétienne institua poUr la dédicace de ce temple un admirable olTice que l'on peut considétet" comme l'une des plus belles créations liturgiques de l'Église (2).

A Rome, les tombeaux que possédaient les grandes familles devaient se prêter aussi merveilleusement à cette destihation. Les tombeaux anciens étaient très vastes; à l'édifice funéraire proprement dit étaient joints souvent d'autres édifices plus Ou moihs considérables, qui contenaient au moins Utie salle poUr les repas funéraires, usités déjà cliei les païens. La loi romaine assutait dU reste la liberté , l'itiviolabilité de toute propriété fUtléfâire. Quelle garantie poUt- lés chréliéns. Souvent traqués par cette loi ! Ils se trouvaient là à l'abri de toute poursuite, Comme

(i; Dnchesne (/. c, p. 383) ; allusions à des églises séparées dans C.ioment d'Alexandrie, Tertullien, saint Cyprien, etc. l.2j Uf. plus loin le chapitre xxit : la iMaisou de Dicû.

dans un asile sacré. Ils ne manquèrent pas d'en profiter. Les tombeaux des familles patriciennes converties devinrent leurs lieux de réunion favoris ; ils les adaptèrent à leur usage ; il fut permis aux petites gens de creuser des tombes pour leurs défunts auprès de la tombe patricienne; la charité et la fraternité chrétiennes s'exerçaient ainsi jusque dans la mort; autour ou auprès de cette tombe on creusa encore une salle pour les réunions, terminée en abside, dans laquelle se tenaient les prêtres; la nef est réservée aux fidèles ; l'autel était généralement au fond. Lorsque l'on eut des martyrs, la tombe môme du martyr devint l'autel.

Après que la paix eut été rendue à l'Église, cette chambre ou cubiculum resta le lieu consacré, la crypte ; et comme elle était insuffisante à contenir le flot des fidèles toujours grossissant, on éleva autour et audessus une église qui fut la basilique, dessinée sur le plan de la salle inférieure. C'est dans le cubiculum des catacombes qu'il faut chercher l'origine et le modèle de la basilique chrétienne, et non pas, comme on l'a cru longtemps, dans ces basiliques qui étaient consacrées chez les Romains à traiter les afi"aires.

Dans les substructions de très anciennes basiliques chrétiennes, on a retrouvé l'hospice, des salles ou chambres et une sorte de sacrarium (1).

Voici comment est décrite l'assemblée chrétienne dans un document dont quelques parties sont antérieures au iv siècle:

(1) Cf. par exemple les travaux sur la basilique de Saînt-Silvère, BulleiliBo di archeol. crisl., ISSO, et MLiiioire de M. de Rossi au Gonyrès des savants catholiques de 1891.

« Lorsque vous assemblerez Téglise de D eu, rei-n\lc/.-. • .> (l'auteur s'adresse au nom des apôtres à un évêque comme le commandant d'un grand vaisseau, pour disposer tontes rliosfs avec prudence, ordonnant aux diacres de placer tous les frères dans le lieu qui leur convient.

« Premièrement l'église sera semblable à un vaisseau, longue, tournée à l'orient, ayant de chaque côté une chambre (sacristie) (i).

« Le siège de l'évéque doit être au milieu, les prêtres assis de chaque côté, et les diacres debout, légèrement habillés, semblables à ceux qui do vent toujours travailler tout autour du vaisseau : leur soin doit être que dans l'autre partie de l'église les laïques se tiennent assiS tranquillement et en bon ordre ; que les femmes y soient séparées en silence.

« Vers le milieu, un lecteur placé dans un lieu élevé lira les livres de Moïse et de Josué, des Juges, des Rois, des Paralipomènes et ce qui est écrit du retour du peuple (les livres d'Esdras et le Néhémie), les livres de Job et de Salomon, et les seize prophètes. Les lectures étant faites par deux lecteurs, un autre chantera les psaumes de David, et le peuple chantera des versets en reprise (chants du graduel).

« On lira ensuite nos actes (l'auteur est censé parler au nom des apôtres) et les épîtres que Paul, appelé à l'apostolat comme nous, a écrites par l'inspiration du Saint-Esprit aux églises.

<■ Un diacre ou un prêtre lira les évangiles que nous, Matthieu et Jean, avons donnés, et que Luc et Marc, associés à Paul dans le ministère évangélique, ont reçus et vous ont laissés.

« Pendant qu'on lira l'évangile, les prêtres, les diacres et tous les assistants seront debout en silence.

« Cette lecture sera suivie d'une exhortation au peuple par les prêtres, chacun à son tour, et en dernier lieu par l'évéque, qui est comme le commandant du vaisseau. »

C'est bien la première partie de la messe telle qu'elle existe encore aujourd'hui, avec les lectures entremêlées au chant des psaumes, et se terminant par l'Évangile et l'homélie.

L'auteur continue en recommandant au diacre de veiller à ce que tous les assistants se tiennent en ordre et en silence à leur place. Après cette première partie,

(1) De là le nom de navis, nef.

on renvoyait lescatéchumènes, lespénitents, tousceux, ec 'jn mot, qui n'étaient pas admis à assister au sacrifice proprement dit. Il ne restait plus dans l'église que les fidèles. Tousse tenaient alors debout, se tournaient vers l'orient et faisaient une prière appelée prière des fidèles.

Après cette prière, on se donne le baiser de paix, puis le diacre prie pour tous les besoins de rÉglise. C'est la prière litanique dont nous avons déjà parlé (1).

Les fidèles se recueillaient et priaient alors en silence pour toutes ces intentions que le diacre venait d'énumérer. Le pontife prenait à son tour la parole el résumait la prière de tous.

« Dieu tout puissant qui habitez dans le plus haut des deux, dans le saint des saints, dit une de ces antiques oraisons, vous qui êtes sans principe, l'unique maître de toutes choses, qui, par Jésus-Christ, nous avez donné la connaissance de votre gloire et de votre nom, jetez les yeux sur ce troupeau qui vous est dévoué, délivrez-le de toute ignorance, de toutes mauvaises actions, faites qu'il vous craigne et qu'il vous aime : soyez-lui doux et propice, exaucez leurs prières, rendez-les stables dans le bien, afin qu'ils soient sains de corps et d'esprit.

« Vous êtes le défenseur tout-puissant, secourez votre peuple, que vous avez racheté par le précieux sang de votre Christ, soyez leur protecteur et leur soutien, parce que toute notre espérance est en vous et nul ne peut ravir de vos mains ce que vous voulez conserver.

« Sancti(îf*z-les dans la vérité, délivrez-les de toutes maladies et infirmités, de tout péché, de la tromperie de leurs ennemis, des flèches qu'on lancerait sur eux pendant le jour, et des maux qu'on leur préparerait dans les ténèbres, et rendezles dignes de la vie éternelle en Jésus-Christ, votre Fils unique, Dieu et notre Sauveur, par lequel la gloire et l'adoration vous sont rendues dans le Saint-Esprit, maintehant et dans tous les siècles. Amen. »

(1) Ci-dessus, p. 70,

Les fidèles offraient ensuite leurs dons à l'autel, le pontife prononçait sur ces éléments diversesprières, puis il disait la préface et les oraisons du canon. Nous parlerons plus au long de ces rites au chapitre suivant.

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