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CHAPITRE XIII

{Symbole des apôtres, symbole de Nicée, symbole de saint Athanase).

Deux causes portèrent les pasteurs de TÉglise, dès la plus haute antiquité, à résumer en quelques sentences courtes et simples la doctrine chrétienne. La première était la nécessité de donner auxnouveaux chrétiens que l'on recevait dans TÉglise une formule dans laquelle se trouvaient condensées les vérités à croire ; la seconde était de repousser les erreurs des hérétiques et de fournir aux fidèles un moyen facile de contrôler l'enseignement qu'ils entendaient exposer. Nous pouvons citer comme exemple saint Irénée.

Saint Irénée au ii^ siècle, qui se trouve en face des sectes gnostiques, leur oppose un symbole qu'il appelle « la règle de foi inaltérable que tout homme reçoit au baptême ». Voici cette règle de foi :

« L'Eglise, quoique dispersée dans le monde entier, d'un bout de la terre à l'autre, a reçu des apôtres et de leurs disciples la foi en un Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel, de la terre, de la mer, et de toutes les ctioses qui sont en elles ;

« Et en un Christ Jésus, Fils de Dieu, incarné pour notre salut ;

« Et au Saint-Esprit qui a prêché par les prophètes les mer-

veilles de la providence de Dieu, l'avènement, la naissance d'une vierge, la passion, la résurrection de la mort, l'ascension au ciel de la chair de son divin Fils, le Christ Jésus, Notre-Seigneur, et sa venue future du ciel dans la gloire du Père, pour récapituler toutes choses, et ressusciter l'humanité dans la chair ;

« Et selon la volonté du Père invisible, tout genou doit fléchir dans le ciel, sur la terre et sous la terre, devant Jésus-Christ, Notre-Seigneur et Dieu, sauveur et roi ; toute langue doit le confesser et il doit juger toutes choses, et envoyer les anges méchants, pécheurs et apostats, avec les hommes méchants, injustes et blasphémateurs, dans le feu éternel, et donner la vie aux justes et aux saints qui gardent ses commandements et persévèrent dans son amour, les uns depuis le commencement de leur vi •, les autres depuis leur conversion ; à ceux-là il confère l'immortalité et leur donne l'éternelle gloire...

Cette loi est la même dans le monde entier, les hommes la professent d'un seul cœur et d'une seule âme ; car, quoiqu il y ait dillerents dialectes dans le monde, le pouvoir de la foi est un et le même partout. Les églises de Germanie n'ont pas une autre foi et une autre tradition que celle d'ibérie ou d'Espagne, ou celles parmi les Celtes (France) ou en Orient, ou en Egypte, ou en Libye, ou au milieu du monde ^Jérusalem et la Terre Sainte). Mais de même que le même soleil éclaire le monde, ainsi la prédication de la vérité brille sur tous, et éclaire tous les hommes qui veulent venir à la connaissance de la loi et de la vérité, car la loi est une et la même (1). »

Saint Irénée était le témoin pour les églises des Gaules ; il avait pour but de combattre les hérétiques. A peu près à la même époque, à l'autre extrémité du monde alors connu, dans FÉglise d'Alexandrie, vivait Origène, un philosophe et un docteur ; dans un traité où il cherche à résumer et à réduire en système toutes les vérités de la foi, il nous donne une règle de foi qui ne diffère pas de celle de saint Irénée. Son ouvrage des Principes est une œuvre de haute portée, incomplète sans doute par bien des points, mais qui nous révèle la largeur de vues, la hardiesse et la force

(1) Saint Irénée, L I, c. n, c. m.

synthétique du plus brillant génie et de Técrivain le plus profond que l'Église eût encore connu. Origène comme Irénée, mais à un autre point de vue, sent la nécessité de montrer que la doctrine qu'il enseigne n'est pas une fantaisie de l'esprit, un système philosophique quelconque, mais bien une doctrine d'origine apostolique que les apôtres ont reçue du Christ, qu'ils ont enseignée, et que lui-même a reçue dans son intégrité.

« Voici donc, dit-il, ce qui est enseigné par la tradition apostolique. D'abord Dieu est un qui a tout créé, tout ordonné, qui de rien a fait tout ; c'est le Dieu des justes Adam, Abel, Seth, Enos, Enoch, Noé, Sem, Abraîiam, Isaac, Jacob, le Dieu des douze patriarches, de Moïse et des prophètes. Ce Dieu dans ces derniers jours, comme il l'avait promis auparavant par ses prophètes, a envoyé Notre- Seigneur Jésus-Christ, venu pour appeler Israël d'abord, et ensu.te les Gentils après la perfidiedu peuple d'Israël. Ce Dieu juste et bon. Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, a donné la loi et les prophètes et les évangiles, il est le Dieu des apôtres, de l'Ancien et du Nouveau Testament. « Ensuite Jésus-Christ qui est venu, est né du Père avant toute créature : ayant aidé le Père en toute manière ( car par lui tout a été fait), dans les derniers temps, il s'est abaissé et s'est fuit homme ; étant Dieu il a pris chair, et devenu homme il est resté Dieu. Il a pris un corps semblable à notre corps, à cette seule différence qu'il est né d'une vierge par le Saint-Esprit.

« Ensuite (ils ont enseigné) que le Saint-Esprit est associé en honneur et en dignité au Père et au Fils [l). »

Un contemporain d'Ori gène, d'un génie moins étendu et moins fécond, mais qui lui est supérieur comme dialecticien, peut-être comme penseur, assurément comme écrivain, d'une profondeur de pensée, d'une puissance de coloris vraiment extraordinaire, d'une vigueur d'expression qui va souvent jusqu'au natura-

(i) Origène, des Priucipes, i, préface.

lisme le plus hardi, Tertullien, en Afrique, est lui aussi aux prises avec des opinions divergentes, et pour arrêter toutes les divagations des hérétiques, il leur oppose aussi la Régula fidei.

« La règle de foi, dit- il, est absolument une, immobile, irréformable, à savoir: il faut croire en un Dieu unique, tout-puissant, créateur du monde, en son Fils Jésus- Christ, né de la Vierge Marie, cruciflé sous Ponce Pilate, ressuscité des morts le troisième jour, reçu dans le ciel, assis maintenante la droite du Père, et qui viendra juger les vivants et les morts par la résurrection de la chair (i). » Ailleurs il ajoute : «Jésus-Christ, une fois assis àla droite du Père, a envoyé T Esprit-Saint, consolateur, sanctificateur de la foi de ceux qui croient au Père, au Fils et au Saint Esprit (2) .»

Irénée en Gaule, Origène en Egypte, Tertullien en Afri. que, sont comme les trois pointes d'un triangle qui enferme à peu près à cette époque le monde connu. Ces règles de foi varient dans leur expression, on aura pu le remarquer, mais au fond elles sont identiques et expriment les principaux articles de la foi, surtout ceux qui sont menacés par les hérétiques.

Nous nous en tenons à ces trois auteurs qui résument assez bien la foi de leur temps ; mais nous aurions pu citer un grand nombre d'autres dont les témoignages sont réunis dans des ouvrages spéciaux (3).

(1) De Virg. veL, c. i.

(2) Adv. Prax., c. ii.

(3) Voyez surtout les travauxde Usher, de Vossius,de Quesnel, et parmi les modernes, ceux de Gasparri, deHahn, deBingham, Rattenbusb, Zabn, etc. ; enfin tout récemment, l'abbé Vacandard, Bévue des questions hist., oct. 1899. Nous n'avons pas à parler ici des violentes discussions suscitées en Allemagne en 1892, et qni ne sont pas encore terminées entre les protestants conservateurs, qui veulent conserver le Credo, et les protestants avancés qui rejettent, avec le symbole, tout le dogme chrétien. Cette controverse fort instructive n'est pas de notre domaine.

1. Le symbole des apôtres. — En dehors de ces textes que nous venons de citer, il existait une profession de foi, ou symbole, appelé symbole des apôtres parce qu'on en attribuait la composition aux apôtres euxmêmes. Ce symbole existe souscinq formes ou versions qui diffèrent par des variantes de peu d'importance : la forme de Jérusalem, de Césarée, d'Antiochc, d'Alexandrie et de Rome, les cinq grandes églises du monde. La forme romaine que nous donnons, a cours dans toute l'Église catholique ; elle est reconnue, même par les critiques protestants, comme étant la plus ancienne et la plus pure (1).

Je crois en Dieu le Père tout-puisant,

Créateur du ciel et de la terre,

Et en Jésus-Christ son Fils unique, Notre-Seigneur,

Qui a été conçu du Saint-Esprit,

Est né de la Vierge Marie,

Xsou/Tcrt sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été

enseveli, Est descendu aux enfers, Le troisième jour est ressuscité des morts. Est monté aux cieux,

Est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, D'où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois au Sainl-Esprit, La sainte Eglise catholique, La communion des saints, La rémission des péchés, La résurrection de la chair, La vie éternelle. — Amen (2).

Ces articles, on le voit, se retrouvent en substance dans les textes de saint Irénée, de Tertullien et d'Ori-

(1) Cf Dictinnary of Christian biography, littérature, sects and doctrines (Smith and Wace), verbo Crecd. Les autres formules sont données dans Denzinger, Euchividlon symbolorum.

(2) Les mots soulignés sont ceux qui ne se trouvent pas dans la plus vieille formule romaine.

gène que nous avons cités. Ils sont même disséminés et sous une forme à peine différente dans les écrits de saint Paul et des autres écrivains du Nouveau Testament. Les critiques que nous avons cités ont établi historiquement la haute antiquité de tous ces articles et en ont suivi le développement à travers les âges.

Le symbole des apôtres a eu dans la liturgie chrétienne une place de premier ordre, comparable presque comme importance au Pater. Cependant il ne fut jamais récité durant le sacrifice ; c'est une autre formule, celle de Nicée, dont nous parlerons tout à Theure, qui fut employée, et encore tardivement et par manière d'exception. La messe est le sacrifice chrétien; les chants, les oraisons, les lectures de l'Ancien et du Nouveau Testament qui l'accompagnent, ont pour but de louer Dieu, de lui rendre grâces, d'éclairer le mystère du corps et du sang du Christ, de l'union des fidèles entre eux et en Lui. La confession de la foi sous forme de symbole n'y a pas une place nécessaire.

C'est à la cérémonie du baptême que le symbole a sa place d'honneur. Quiconque voulait recevoir le baptême devait apprendre cette formule et la réciter. Quelques semaines avant le baptême, généralement depuis la troisième semaine de carême, les catéchumènes étaient réunis avec leurs parents, leurs parrains et marraines, on leur donnait le symbole des apôtres, on leur expliquait chacun des articles : cela s'appelait la tradition du symbole. Quelques jours après, le catéchumène devait rendre le symbole, c'està-dire le réciter. Plusieurs traités des saints Pères que nous possédons encore aujourd'hui ne sont

autre chose qu'une explication de chacun des articles du symbole à l'usage des catéchumènes. Nous avons vu plus haut que le Paier est appris dans les mêmes conditions. Durant la cérémonie du baptême, le catéchumène devait affirmer qu'il acceptait tous les articles de cette formule. Il était donc bien entendu que le chrétien, de par son baptême, s'engageait à garder fidèlement la règle de foi^ à n'en abandonner aucun article. C'était son symbole, le signe de sa foi. Les cérémonies du baptême actuel ont conservé tous ces souvenirs et ces rites liturgiques, tout en les réunissant en une seule cérémonie.

2. Le symbole de Nicée. — Une autre formule plus étendue et plus analytique fut composée au iv« siècle et prit aussitôt une importance capitale. C'est la formule dite de Nicée. Les Ariens niaient que le Verbe fût Dieu et qu'il eût la même substance ou la même nature que le Père. Cette erreur bouleversait tout le système théologique de la Trinité et de l'Incarnation. Un concile réuni à Nicée en 325 composa pour réfuter cette erreur un nouveau symbole dans lequel était affirmée la divinité du Fils et sa consubstantialité avec le Père (ôîJLoojfftoc, de même substance). Quelques années plus tard, dans un autre concile, en 381, on reprit le symbole de Nicée et on le confirma ; mais comme durant cet intervalle des erreurs s'étaient produites sur le Saint-Esprit, le concile de Constantinople jugea bon de compléter le symbole de Nicée en y décrivant plus au long le rôle de la troisième personne. De là sortit le symbole de Nicée-Constantinople, dont la formule a été acceptée dans toute l'Église,

Voici cette formule :

PRIÈRE AXTIQLE. 5**

« Je crois en un seul Dieu Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, des choses visibles et des invisibles.

« Et en un Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Dieu de Dieu (1), lumière de lumière. Dieu vrai du Dieu vrai.

« Engendré, non créé, consubstaatiel a.u Père, par qui toutes choses ont été faites,

« Qui pour nous hommes et pour notre salut est descendu des cieux.

« Il s'est incamé par l'opération du Saint-Esprit dans la Vierge Marie, et il s'est fait homme.

« 11 a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate, a souffert et a été enseveli.

« 11 est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures.

« Il est monté au ciel, est assis à la droite du Père.

o Et il viendra de nouveau dans la gloire juger les vivants et les morts ; son règne n'aura pas de fin.

« Et dans lEsprit-Saint (ce qui suit est l'addition du concile de Constantinople), Seigneur et vivifiant : qui procède du Père et du FjJs ;

" Qui avec le Père et le Fils est adoré et glorifié : qui a parlé par les prophètes.

« Et en une Eglise sainte, catholique et apostolique.

« Je confesse'un baptême pour la rémission des péchés.

« Et j'attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen (2). »

Les mots et du Fils [Filioqué) que nous avons soulignés sont une addition postérieure qui a son histoire. Faiteen Espagne au ve siècle, elle se propagea en Gaule, et fut adoptée à Rome, mais non sans difficulté ni sans opposition. L'Eglise grecque a toujours refusé delà reconnaître. Le Filioqué indique avec précision la croyance de l'Église catholique au Saint-Esprit qui procède du Père et du Fils. Les Grecs, après Photius,

(1) Ces trois mots Deum de Deo, qui ne sont pas dans le texte grec original et font du reste double emploi avec les mots suivants, Deum verum de Deo ve/o, sont peut-être une erreur de copiste.

(2) Nous donnons à ïeucologe le texte lalin.

rejetèrent ce point de la doctrine catholique, qui avait jusqu'alors été admis, même dans l'Église grecque. Depuis ce temps, aucun argument n'a pu les convaincre, et cette église continue à enseigner que le Saint-Esprit procède seulement du Père (1).

Telle que nous l'avons donnée, la formule de Nicée- Constantinople est devenue officielle et liturgique. Elle' a été introduite à certains jours à la messe, en par-^ ticulier le dimanche et pour les grandes solennités. Elle a, dans certaines églises, été substituée pour le baptême au symbole des apôtres (2).

3. Le symbole de saint Athanase. — Ce symbole, dit de saint Athanase, qui commence par ces mots : Quicumque vult salvus esse, n'est guère moins fameux que le précédent.

Son origine est obscure. Il est admis par tous les critiques aujourd'hui que saint Athanase n'en est pas l'auteur. Il y est fait allusion si formellement aux erreurs de Nestoriuset d'Eutychès, qu'il faut chercher la date de sa rédaction après les conciles d'Ephèse et de Chalcédoine,431 et 451. On a mis en avant les noms d'écrivains du ve siècle ou même du vi» : Vigile de Tapse, Nicetius de Trêves, Vincent de Lérins, IN'icetas, etc. Jusqu'ici la discussion ne paraît pas encore close. Quel qu'en soit Fauteur, il est certain que plusieurs de ces articles se retrouvent dans des écrivains antérieurs.

Par sa forme et sa rédaction, ce symbole ne res-

(1) Il a paru de nombreuses thèses sur ce sujet ; nous nous contenterons de renvoyer à Franzelin, Examen doclrinae...deprotessione Spiritus, Rome, 1876, et de Buck, £"553/ de conciliation sur le dogme de la procession, Paris, 1864.

(2) Cf. Suiceri,Symbolum Niceno-Conslantinopolitanum expositum et illuslratum, 1718; Swainson, The Nicene and apostolic creeds, 1875.

semble pas à ceux que nous avons étudiés jusqu'ici. C'est moins un symbole qu'une exposition théologique de la foi. Comme tel il peut être rapproché de plusieurs autres expositions de même genre qui ont été éditées dans les anciennes liturgies ou dans les conciles. Mais il eut une tout autre fortune, comme nous le dirons tout à l'heure.

Au premier abord, on y distingue deux parties ; et cette division est si visible que quelques critiques y ont vu deux symboles différents simplement juxtaposés, ou deux compositions de deux auteurs, celui de la première partie vers la fin du v' siècle, et celui de la seconde du vu' au ix*.

La première partie est dirigée contre les erreurs ariennes. La Trinité des personnes divines dans l'unité de nature ou de substance y est très clairement enseignée. Égalité parfaite des trois personnes, égalité de leurs attributs, dans l'unité parfaite, c'est ce que proclament hautement ces formules : Tel le Père, tel le Fils, tel l'Esprit-Saint ; infini est le Père, infini le Fils, infini l'Esprit-Saint.

Mais en même temps que l'unité parfaite, la distinction des personnes divines y est clairement établie; le Fils est né du Père, le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. C'est, on le voit, un exposé succinct mais très fidèle, très précis, presque scolastique du dogme de la Trinité ; il faut adorer l'unité dans la Trinité, la Trinité dans l'unité.

La seconde partie vise les erreurs nestoriennes et eutj chiennes. Il y a dans le Christ deux natures, la nature divine et la nature humaine; les Eutychiens prétendaient que dans le Christ la nature divine avait absorbé la nature humaine. Mais ces deux natures sont

SYMBOLES DE FOI ilZ

réunies en une seule personne, la personne du Verbe qui possède les deux natures. Neslorius enseignait qu'il y a dans le Christ deux personnes juxtaposées, unies seulement moralement.

Ainsi le Christ est Dieu et en même temps homme parfait, complet, sans confusion de nature et de substance. A la suite de cet énoncé, à partir des mots qui passus est, le rôle du Christ sur la terre, sa passion, sa mort, sa descente aux enfers, sa résurrection, son ascension, son dernier avènement, sont décrits conformément aux formules oi^dinaires des symboles.

Il est probable que le Quicumque avait été composé, ainsi que les autres professions de foi dont nous avons parlé, comme préparation au baptême. On l'a récité dans toutes les églises, y compris TP^glise grecque, qui, pour le mettre en conformité avec ses croyances, l'a interpolé (1).

L'église anglicane l'a aussi maintenu dans son Prayer book, par une de ces contradictions si fréquentes dans sa liturgie, et l'un des 39 articles qui fixent la foi de cette église en prescrit l'usage. Mais l'édition en 1876 par Walter Gray Birch du fameux psautier dUtrecht a soulevé de nombreuses discussions, qui ne sont pas encore apaisées, parmi les membres de

(1) Sur ce symbole, voir surtout les travaux, de Ommanney : Atli iiiasian craeJ, an oxiiuimUinn ot receut théories respectmg ils d-ite and origiu, London, 1875, et A critical dissertation oa the Athaaasiaû creed, Oxford, Clarendon Press, 1897, in-8» ; Z) cliiiuary ot cliristian btonraphy, \' Lreed (avec les références^ et Dictionary of Christiau aDtiqiiilies,v° Quicumifue. Vsher et Bingham, /. r'. ; Morin, Revue bénédictine, 1893, p. 389, et 1898, p. 101; Batiffol, Histoire du bréviaire, p. 181, et les deux récents ouvrages de F Kattenbusch, Das apostolische symbol, 1894-1900, 2 vol in-8o, et Burn, An introduction ta the Creed aud ta the Te Deum, Londres, 1899, in-8o, et Hahn, Bibliotbek d. Symbole u. Glaubensrefjclo, Breslau, 2e éd., 1897, 3 vol. in-8').

cette église, au sujet de la légitimité de cette formule fameuse.

Le chrétien aimera à répéter ces symboles de foi qui lui rappelleront les vérités que Notre-Seigneur est venu annoncera la terre, que l'Église conserve ici-bas et qui seront l'objet de sa contemplation durant l'éternité. A.U milieu de ce sable mouvant des opinions contemporaines où aucune doctrine ne peut s'établir solidement, le roc de notre foi demeure comme au premier jour : vingt siècles de controverses et d'hérésies n'ont pu l'ébranler; le chrétien sera heureux de s'y appuyer ; à toutes les négations, à toutes les nouveautés, il opposera cette règle de foi qui sera pour lui la pierre de touche de la vérité, comme elle l's été pour les générations qui l'ont précédé : c'est elle qui depuis les apôtres, en tout pays, sous toutes les latitudes, a conservé l'unité delà doctrine catholique.

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