BAPTEME, CONFIRMATION, PREMIÈRE COMMUNION
réelles. Rien ne se perd dans cette grande conservatrice qui est la liturgie catholique. Elle peut modifier les dispositions de Tédifice ancien, y ajouter quelques constructions nouvelles pour s'accommoder aux changements survenus dans les mœurs; mais dans ce travail de transformation, aucune des formes anciennes ne s'est perdue. Ainsi tout ce qui tenait à Tessence de Vmitiation chrétienne , tout ce qui en faisait la beauté et la grandeur a subsisté. Seulement deux rites importants de cette cérémonie, la bénédiction de riiuile des catéchumènes et celle des fonts, ont été reportées Tune au jeudi saint, l'autre aux samedis de Pâques et de la Pentecôte ; et tous les rites de la préparation, exorcismes, tradition du Pater et du d-cdo, interrogations, ont été réunis et condensés dans une cérémonie unique ; tandis que la confirmation et la première communion en ont été détachées, et ont leur préparation à part.
Ferons -nous remarquer de nouveau que cette étude a son côté pratique ? Le chrétien d'aujourd'hui est soumis aux mêmes obligations par son baptême, il prend les mêmes engagements que le chrétien d'autrefois. Tua res agilur, chrisliane^ c'est bien de toi qu'il s'agit ici, ô chrétien ! Le bras de Dieu ne s'est pas raccourci ; les sources de la grâce jaillissent toujours aussi abondantes dans l'Église, le baptême continue à opérer ses effets dans le chrétien; et les dispositions requises dans le chrétien du m» o'j du ive siècle devraient être celles de tous les baptisés.
Le chrétien par le baptême entre dans une vie nouvelle ; il est purifié de tous ses péchés, il devient enfant de Dieu, il entre dans l'Église qui est la sociétdes élus, le ciel est son héritage.
Il faut donc se préparer à cette vie par une sorte de noviciat, c'est le catéchuménat. Il y avait deux catégories de catéchumènes : les écoutants^ comme on les appelait, n'étaient pas soumis à toutes les sévérités de la loi chrétienne ; ils vivaient néanmoins de la vie des fidèles et dans leur compagnie, assistaient à presque tous les offices, sauf la synaxe eucharistique, et jouissaient de tous les privilèges de la fraternité chrétienne. C'était une préparation éloignée au baptême. Ilspouvaient demeurerdes années dans cette situation de demi-chrétiens. Quelques-uns même, par un caîcul égoïste et souvent condamné par les Pères de l'Église, y restaient jusqu'à la fin de leur vie, pour bénéficier à ce moment de l'absolution baptismale.
Nous ne nous occupons ici que de la seconde catégorie, celle des catéchumènes compétents- qui après avoir fait un stage plus ou moins long dans la première classe, voulaient se préparer plus directement au baptême.
Au commencement du Carême, le catéchumène qui était dans ces dispositions venait à l'église accompagné de deux chrétiens qui répondaient de lui comme ses parrains.
L'évêque les interrogeait pour savoir si le candidat était de bonnes vie et mœurs, s'il respectait ses parents,si on ne lui connaissait pas de vices, si ce n'était pas par des vues intéressées qu'il demandait à entrer dans l'Église.
S'il est prouvé qu'il est honnête et que ses intentions sont droites, Tévéqueprendson nom, et un prêtre l'inscrivait sur un registre qui contenait les noms de tous les chrétiens, et qui était précieusement conservé dans les archives de l'Église.