‹ Le livre de la priére antiqueChapitre 64 sur 94 · LE MARIAGE · texte numérisé non relu

LE MARIAGE

complisse durant la messe, cependant il peut en être séparé. Quand il se célébrait durant la messe, c'étaient les époux qui faisaient Toffrande, comme l'atteste Tertullien. Dans la messe pour le mariage que nous avons aujourd'hui au missel, les paroles de Notre-Seigneur citées au commencement de ce chapitre forment l'évangile, tandis que celles de saint Paul sont réservées pour l'épître.

La longue oraison que le prêtre récite pour les époux après le Pater et par conséquent dans le canon de la messe, est antique et mérite d'être connue :

« Seigneur, qui en vertu de votre pouvoir avez fait toutes choses ;

« Quand vous avez créé les origines des choses, vous avez fedt l'homme à votre image, vous lui avez donné la femme pour compagne inséparable, en empruntant à la chair de l'homme pour faire le corps de la femme, nous enseignant ainsi que jamais il ne serait permis de séparer ce qu'il vous avait plu de faire sortir de l'unité ;

« Vous avez consacré cette union par un si excellent mystère, que vous avez préfiguré dans le pacte du mariage l'imion du Christ avec l'Église;

« 0 Dieu, par vous la femme est unie à l'homme, et cette société reçoit une si grande bénédiction, que ni le péché originel, ni le châtiment du déluge ne peuvent l'effacer ; regardez favorablement votre servante, qui, avant de se lier par le Uen du mariage, veut être munie de votre protection ;

« Que ce joug soit pour elle un joug de dilection et de paix ;

« Qu'elle soit chaste et fidèle dans le Christ et qu'elle imite les saintes femmes; aimable comme Racliel, sage comme Rébeca, qu'elle vive aussi longtemps dans la fidélité que Sara...

« Qu'elle soit sérieuse, modeste, qu'elle connaisse la doctrine divine; et qu'elle parvienne au repos des bienheureux et au céleste royaume ;

« Et qu'ils voient tous deux les fils de leurs fils, jusqu'à la troisième et à la quatrième génération, et qu'ils parviennent à une heureuse vieillesse.ParlemêmeSeigneurJésus-Christ.Amen(l).»

(1) Cette oraison se trouve dans de très anciens livres liturgiques donnés par Dom Martène, par Gerbert, etc.

La cérémonie du mariage en dehors de la messe est réduite aujourd'hui, dans le rituel, à sa plus simple expression. Le mari et la femme expriment leur consentement de se prendre pour époux et pour épouse ; le prêtre les bénit ; il bénit l'anneau nuptial, et dit une oraison. Le rite paraîtra bien modeste, bien pauvre même, si on le compare à certaines liturgies antiques du mariage ; mais il faut se rappeler que le concile de Trente, en fixant ce cérémonial, n'a pas proscrit les prières et les rites qui étaient garantis et autorisés par une ancienne coutume ; il entend bien qu'ils soient conservés.

Le psaume suivant a été récité ou chanté dans la cérémonie du mariage avec son répons :

« Gloire soit à vous, notre Dieu, gloire à vous!

Bienheureux tous ceux qui craignent le Seigneur ;

a Gloire soit. à vous, notre Dieu, gloire à vous!

Tous ceux qpii marchent dans ses voies.

« Gloire soit à vous, notre Dieu, gloire à vous...

Ton épouse sera comme la vigne féconde qui est aux murs de ta maison.

« Gloire soit à vous, notre Dieu, gloire à vous!

Vos fils seront autour de votre tai)le, comme de nouveaux plants d'oliviers.

« Gloire soit à vous, notre Dieu, gloire à vous !

« C'est ainsi que sera béni l'homme qui craint le Seigneur.

Gloire à vous, notre Dieu (1). »

La litanie suivante est de forme antique et d'une belle venue liturgique ; elle était chantée par le diacre :

€ Prions le Seigneur en paix.

Le chœur : « Seigneur, ayez pitié,

(1) Ps. cxxvii. Cf. Martène, l. c.

Page 1