ORAISON
Que le Seigneur soit avec vous, Et avec votre esprit.
Visitez, nous vous en prions, Seigneur, cette habitation et repoussez au loin toutes les embûches de l'ennemi : que vos saints anges y habitent, qu'ils nous gardent en paix, et que votre bénédiction soit sur nous toujours. Amen.
Que le Seigneur soit avec vous,
Et avec votre esprit.
Bénissons le Seigneur.
Grâces soient à Dieu.
Que le tout-puissant et miséricordieux Seigneur Père, Fils et Saint-Esprit nous bénisse et nous garde. Amen.
On peut réciter ensuite une des prières à la sainte Vierge, données plus loin, et l'oraison p. 285.
Sans donner de la messe un commentaire théologique ou historique qui dépasserait de beaucoup les limites de cet ouvrage, nous voudrions par quelques éclaircissements mettre le lecteur à même de bien suivre et de bien comprendre ce rite essentiel du christianisme, qui est le centre de la liturgie et de toute vie chrétienne. Du reste, nous n'aurons sur bien des points qu'à renvoyer le lecteur aux chapitres de notre livre où nous avons donné déjà bien des explications qui se rapportent au rite de la messe, notamment dans les chapitres vi et vu (1).
(i) Il y a beaucoup d'ouvrages sur la messe; l'ouvrage de Lebrun est resté classique ; Claude de Vert, assez décrié comme liturgiste, a une sérieuse valeur historique. Parmi le» modernes, nous ne citerons que le P. Gihr : La sami sacrifice dv :a /«ossc, explication dogmatique^, liturgique et ascétique. 2 vol. trad. de l'allemand. Paris, 1894.
C'est n'avoir pas la moindre notion du culte chrétien, que de s'isoler du prêtre durant le sacrifice ou de se livrer à quelque dévotion ou lecture privée. La messe devrait être la vraie dévotion des fidèles ; c'est leur ablation, leur sacrifice, ils sont en union avec le pontife qui prie et qui offre l'hostie sainte pour eux, ou plutôt ils sont en union avec le Christ, ils se retrouvent à la cène avec les apôtres, ils entendent les paroles sacrées que le Seigneur a prononcées : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang ; » ils reçoivent ce corps et ce sang ; ils sont présents sur le Calvaire et reçoivent le prix de leur rédemption. Us perdent en quelque sorte pour un moment leur individualité, ils sont plus que jamais les membres de ce corps qui est l'Église universelle^ catholique, dont Jésus-Christ est la tête : u Nous sommes tous un même corps, dit saint Paul, nous qui participons à un même pain. » C'est bien la communion, l'union de tous en un. Les études archéologiques et liturgiques arrivent sur ce point exactement aux mêmes conclusions que l'enseignement théologique. En donnant les prières delamesse, nous restons, du reste, fidèles à notre plan, car la plupart sont de la plus haute antiquité. Nous indiquerons celles qui sont d'âge postérieur.
Voici résumée en quelques mots la cérémonie de la messe :
La première partie jus([u'à l'offertoire est consacrée à des actes indépendants en eux-mêmes du sacrifice, des lectures et des chants, et à quelques pièces d'introduction qui y ont été ajoutées plus tard, comme le psaume Iniroibo ad altare Dei, la confession des péchés et l'encensement.
L'épître et l'évangile, parfois la prophétie, appar-
tiennent aux lectures, les autres pièces liturgiques sont des chants : introït, graduel, trait, alléluia, Gloria in excetsis. Enfin il y a des prières ou supplications, la litanie et les oraisons.
A l'offertoire commence le sacrifice proprement dit et la cène eucharistique. On offre le pain et le vin ; le prêtre retrace tous les actes du Christ à la dernière cène ; il récite les prières et les actions de grâces que le Christ avait récitées ; il intercède pour les fidèles, procède comme le Christ à la fraction du pain, et enfin dit une prière pour remercier Dieu de ses faveurs.
Nous allons détailler et analyser toutes ces parties.