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Prières eucharistiques (Préface et canon

Le pain et le vin sont sur l'autel. Les prières . qui avaient pour objet ces offrandes étant terminées, le pontife procède à des prières qui vont opérer la transformation de ces éléments au corps et au sang du Christ. Nous entrons dans la partie essentielle de la - cène eucharistique .

La prière devient plus solennelle. Le pontife invite les fidèles à prier aveclui.

Que le Seigneur soit avec vous, Et avec votre esprit.

Ce n'est pas assez de cette invitation ordinaire au recueillement; le prêtre insiste, il devient plus pressant.

Oblatis, qusesumus. Domine, plaxrare- muneribus : et a cunctis nos défende periculis. Per

i-, Dominus vobiscum.

^. t cum spiritu tuo.

Haut les cœurs !

Nous les avons vers le Seigneur.

Rendons grâces au Seigneur notre Dieu.

C est digne et juste.

]\ous donnons le texte de la préface commune (1) :

Il est vraiment digne "et juste, équitable et salutaire, que nous Te rendions grâces toujours et partout, Seigneur saint, Père tout-puissant. Dieu éternel : par le Christ Notre-Seigneur, par lequel les Anges louent Ta puissance, les Dominations adorent, les Pouvoirs tremblent. Les Cieux et les Vertus des deux, et les bienheureux Séraphins la célèbrent avec une même exultation. Avec qui nous Te supplions de nous permettre dunir nos voix pour dire dans une confession suppliante :

Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées.

Les cieux et la terre sont pleins de sa gloire.

Hosanna au plus haut des cieux.

Béni celui qui vient au nom du Seigneur.

Hosanna au plus haut des cieux.

Cette prière est appelée Trisagion. Elle est em-

f (1) Voir ce que noHS avons dit sur la préface, au chapitre iv, p. 56.

f. Sursum corda.

S. Habemus ad Dominum.

|. Gratias agamus Domino Dec nostro.

^. Dignum et justum est

Yere dignum et justum est, cequum et salutare, nos tibi semper et ubique gratias agere, Dumine sancte, Pater omnipotens, «terne Deus : per Chi-istum Dominum nostrum. Per quem majestatem tuam laudant Angeli adorant Dominationes, tremunt Potestates. CaeU, cselorumque Virtutes, ac beata Seraphim socia exultatione concélébrant. Cum quibus et nostras voces ut admittiiubeas deprecamur. supplici confessionedicentes:

Sanctus, Sanctus, Sanctus Dominus Deus sabaoth.

Pleni sunt caeli et terra gloria tua.

Hosanna in excelsis. . .

Benedictus qui venit in nomine Dommi Hosanna in excelsis.

pruntée partie à Isaïe (1), partie au psaume cxvii (2) et aux paroles qui furent chantées lorsque le Christ, arrivante Jérusalem quelques jours avant sa mort, fut reçu au chant des hymnes (3).

La prière qui suit la préface et qui originairement ne dut faire qu'un avec elle, est appelée canon ou anaphore chez les Grecs. Aujourd'hui le canon romain se compose d'une suite d'oraisons d'une très haute antiquité, au moins du iv* siècle (4).

La première de ces oraisons a pour but d'appeler de nouveau la bénédiction de Dieu sur ces dons qui lui sont offerts ; elle prouve bien que la messe est considérée comme un vrai sacrifice, contrairement à l'opinion des protestants :

Nous vous prions donc et nous vous demandons, vous, Père tout-puissant, par Jésus-Christ votre Fils, Notre- Seigneur, d'avoir pour agréables et de bénir ces dons, ces présents, ces saints sacrifices sans tache, que nous vous offrons d'abord pour votre sainte Eglise catholique; daignez la pacifier, la garder, l'unir et la régir, sur tout l'orbe de la terre ; en communion avec votre serviteur notre pape JY., et notre évèque N., et tous les orthodoxes et tous ceux qui sont dans la foi apostolique.

(1) Isaïe, VI, 3 : « Sanctus, Sanctus, Sanctus Dominus Deus exercituum ; plena est omnis terra gloria ejus. »

(2) Ps. cxva : « Beaedictus qui venit in nomine Domini. » .i) Matth. XXI, 9.

(4) Voyez plus haut, p. 90 et suiv.

Te igitur, clementissime Pater, per Jesum Christum Filium tuiim Dominum nostrum. supplices rogamus ac petimus, uti accepta habeas, et benedicas bcec doua, hœc munera, heec saacta sacrilicia illibata ; in primis quae tibi oÊferimus pro Ecclesia tua saijcta catholica, quain pacificare, custodire, adunare et regere digneris toto orbe terrarum, una cum faraulo tuo Papa nostro A., et Antistite nostro A^., et omnibus orthodoxis, atque catholicae et apostolicse fidei cultoribus.

A cette place se trouve, dans notre liturgie, une prière pour les vivants. On priait pour tous les fidèles présents, pour ceux qui avaient fait des offrandes. On avait même des listes de noms des personnes pour lesquelles on voulait prier; c'étaient des diptyques ou tablettes où ces noms étaient inscrits. La prière est conçue en ces termes :

Rappelez-vous, Seigneur, vos serviteurs et vos servantes A', et iV. et tous ceux qui sont ici, dont la foi vous est connue, ainsi que la dévotion, ces personnes pour lesquelles nous vous offrons ou qui vous offrent elles-mêmes ce sacrifice de louange, pour elles et pour tous les leurs, pour la rédemption de leurs âmes, pour leur conservation : elles offrent leurs vœux à vous. Dieu éternel, vivant et vrai.

Cette prière d'intercession pour les fidèles se trouve dans bien des liturgies avant la préface, et il est possible, nous l'avons dit ailleurs, qu'il en fût de même à l'origine dans la liturgie romaine. Quoi qu'il en soit 4e la place, la prière est d'une haute antiquité. Tous les termes sont à méditer ; ils feront mieux comprendre aux fidèles cette vérité que nous nous sommes efforcé de leur inculquer, à savoir que leur prière doit être une prière catholique, qu'ils ne doivent jamais perdre de vue leurs frères répandus dans tout l'univers, qu'ils doivent prier pour leurs besoins et ceux de toute l'Église.

Mémento, Domine, famulorum famularumque tuarum A', {ici oo tail iii'-niioD des personues /jour qui l'oa prie), et omnium circumstantium, quorum tibi fides cognita est, et nota devotio : pro quibus tibi otferimus, vel qui tibi oiierunt, boc sacrificium laudis, pro se suisque omnibus, pro redemptione animarum suarum, pro spe salutis et incolumitatis suae : tibique reddunt vota sua aeterno Deo, vivo et vero.

312 LE LIVRE JJE LA PRIEKE ANTIQUE

En union avec nos frères, nous honorons la mémoire de la glorieuse Marie toujours vierge, Mère de Jésus-Christ Notre-Seigneur et notre Dieu : des bienheureux apôtres et martyrs Pierre et Paul, Andr<% Jacques, Jean. Thomas, Jacques, Philippe, Barthélémy, Matthieu, Simon et Thaddée, Lin, Clet, Clément, Xyste, Corneille, Cyprien, Laurent, Chrysogone, Jean et Paul, Cosme et Damien, et de tous les saints : accordez à leurs mérites et à leurs prières que le secours de votre protection nous accompagne toujours et partout. Par le même Christ Natre-Seigneur. Amen.

Cette prière qui se rattache étroitement à la précédente contient, après le nom de la sainte Vierge, celui des douze apôtres, puis les noms des premiers papes, Lin, Clet, Clément, de Xyste (1), puis d un autre pape martyr du troisième siècle, saint Corneille, et de quelques autres martyrs célèbres à Rome au m' et au iv* siècle.Autrefois le texte de cette oraison variait aussi souvent que- celui de la préface ; aujourd'hui il ne varie plus que pour quelques grandes fêtes.

Le Mémento et le Communicantes avaient interrompu la suite de laction. Les deux oraisons suivan

(1) Probablement Xyste II, au m» siècle. Sur les saints delà messe, voir le grand ouvrage de Rohaultde Fleury, L-'.s Su'nts ds la nifstia.- L abbé Duchesne remarque que primitivement on devait réciter toute la liste di's papes et propose d idealifier cette liste avec celle d'un ancien catalogue pontifical inséré au Martyrologe hiéronjmien. (Orjyines du cuite, 172.)

Communicantes, et memoriam vénérantes, in primisgloriosae semper virginis Mariae. Genitricis Dei et Domini nostri Jesu Cliristi : sed et beatorum Apostolorum ac Martyrum tuorum Pétri etPauli, Andreae, Jacobi, Joannis, Thomse, Jacobi, Philippi, Barlholomasi, Matthjei, Simonis et Thaddaei, Lini. Cleti, cfementis, Xysti, Cornehi, Cypriani, Laurentii, Chrysogoni, Joannis et Pauli, Cosraaî et Damiani : et onmium Sanctorum tuorum; quorum meritis ".'rccibusque concédas, ut in onmibus protectionis tuœ munian. ■ auxiiio. Per eumdem Christura Dominum nostrum. Amen.

tes reprennent et développent la pensée du Te igitur. Dans les anciens sacramentaires, il y a des textes du Banc igitur avec variantes ; aujourd'hui la liturgie ne les admet plus que dans les quatre grandes fêtes. Nous devons nous borner ici, selon notre dessein, aux quelques explications nécessaires pour faire saisir la succession et l'enchaînement logique des formules et des actions liturgiques ; un volume ne suffirait pas au commentaire de ces admirables prières.

Seigneur, nous vous demandons de recevoir dans votre mansuétude cette offrande de notre servitude et de toute votre famille : rendez nos jours tranquilles et paisUales, et faites que nous échappions à la damnation éternelle et que nous fassions partie du chœur de vos élus. Par le Christ Notre-Seigneur. Amen.

Dieu, nous vous prions de rendre le sacrifice que nous oITrons béni, légitime, ratifié, raisonnable, acceptable : que cette oblation devienne pour nous le corps et le sang de votre Fils bien-aimé Jésus-Christ. Notre-Seigneur.

>(0us voici arrivés au moment solennel, à la consécration. Le prêtre rapporte les circonstances de la cène, refaisant en union avec le Christ les mêmes actions, les mêmes gestes^ disant les mêmes paroles ;

La veille de souffrir, il prit du pain dans ses mains

Hanc igitiir oblationem servitutis nostrae. sed et cunctae familiae tuae, quaesumus, Domine, ut placatus accipias, 'iieagnn uostros in tuh pacp disponas (1), atque ab aetema damnatione nos eripi, et in ele<^torum tuorum jubeas grege numerari. Per Ctiriftum Dominum. nostruncL Amen.

Quam oblationem tu, Deus. in omnibus, quaesumus, benedictam. adscriptam. ratam, rationabilem. acceptabilemque facere digneris; ut nobis Corpus et Sanguis fiât dilectissimi Filii tui Domin nostri Jesu Christi.

Qui pridie quam pateretur, accepit panem in sanctas ac vene-

(1) Ces mots ont été ajoutés par saint Grégoire le Grand.

saintes et vénérables : ayant élevé les yeux vers le ciel, vers vous Dieu son Père tout-puissant, il vous rendit grâces, le bénit et le rompit et le donna à ses disciples, en disant : Prenez et mangez-en tous,

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