‹ Le livre de Marco PoloChapitre 110 sur 357 · CT · texte numérisé non relu

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reillier merrien 4 et firent faire grant perrieres et grans mangoniaus 5, et les firent asseoir en divers lieux entour la cité. Quant ly sires et ses barons virent ces engins dressier et getter les pierres, si en firent moult grans merveille, et moult voulentiers les regardèrent. Car moult leur estoit estrange chose, pour ce (pie onques mais 6 n’avoient veu ne oy parler de tielx 7 engins. Si getterent, cil engins, dedens la cité et abatoient les maisons à trop grant planté, et tuoient gens à merveilles. Et quant les gens de la cité virent celle male aventure, que oneques n’avoient veuc ne oye, si furent moult esbahv, et avoient moult grant merveille comment se povoit estre. Et cuidoient luit estre mort par ces pierres. Et tuit vraiment cui* doient que ce fust enchantement (4).

fusl fait par enchantement. Si »e virent à si mal parly que ilz cuidoient bien estre mors. Si pristrent conseil ; et chascun si acorda que il se rendroient en toutes manières, et envoieroient messages au seigneur de l'ost; et si firent ilz, que il se vouloient rendre au grant Kaan, en la mAniere que les autres citez s'csloient rendues, de la province. Si en fut (le grant Kaan) moult liez, et leur remanda ( fit répondre) que il le vouloit bien. Si se rendirent et furent rcceuz comme les autres citez. Et ce avilit par la bonté de incssirc Nicbolas, et de messirc Maffe son frere, et de messire Marc Pol, filz dudit messire Nieholas Pol, si comme vous avez oy. Et ce ne fut pas petite chose; car sachiez que ceste cité, et reste contrée, estoit une des meilleurs, et est encore, que le grant Kaan ait ; car il en a grant rente et grant prouflit.

■ Ore vous avons conté, de ceste cité, comment elle se rendit par les engins que firent les ,iij. devant diz. Si vous lairons de ceste matière, et vous conterons d’une autre cité qui a nom Singuy. »

* Dois de charpente. — 5 Machines pour lancer de grosses pierres. — 6 Jamais. — : Tels.

(4) D’après le récit de Marc Pol, les engins que sou père et son oncle firent construire sous leur direction, pour être employés au siège de Siaagjang fou, n’étaient que des jterrtères et des mangonneaux, c’est-à-dire, des « machines en bois - qui servaient à lancer des pierres. Ces machin» furent sans doute mises en usage dans le commencement du siège. Mais, selon les historiens chinois, on y aurait employé aussi des machines à feu ou des canons. Voici comment ces historiens s’expriment :

- Année koueï-ycou du cycle (1273), à la 2* lune, Lia fVtndioan rend Siang-yang aux Vu eu ou Mongols.

[Développement.] « Siâng-yàng était épuisée

« du grand siège qu'elle soutenait depuis long- « temps. JVen-hoan (le gouverneur de la ville) « avait demandé de prompts secours à la cour u des Soung. Kia Ste-lao (le premier ministre), « qui avait jusque-là toujours empêché que l’on i ne fit droit à ses demandes, adressa un place! « à l’empereur pour le prier de l’envoyer lui» ■ même sur la frontière au secours de la place ; • tuais en secret il fit en sorte de se faire relo- « nir à la rour, sous le prétexte que sa présence « y était indispensable. La ville ayant été ouverte « par des brèches, elle devait succomber. Le « général en chef des Mongols, dlidiai-ya, avait « dirigé tous ses moyens d'attaque contre Siàuga y an g (la ville de Fan-tching, située en face, de

Si pristrent conseil et accordèrent 8 qu'il se rendraient et envoierent niessaiges au seigneur de l’ost 9 qu il se vouloient rendre au

8 Décidèrent entre eux. — y Au commandant en chef de C armée de siège.

« l'autre côté du üamkiang étant prise). Dans « l'intérieur des p*no (ou machines à lancer des « pierres) il se produisait, par le frottement des « pièces de bois (tsiaô licou), un bruit si consit dérable qu’il ressemblait à celui du tonnerre. *i Tous les généraux jugèrent alors, par la grande <• épouvante qui se produisit de toutes parts, « que la ville serait obligée de se rendre. Ali -

• hai-jra s'avança jusque sous les murs de la « ville. Il fit connaître à H'en-hoan un écrit du « souverain mongol qui l’eugageait à rendre la i place. fVen-hoan céda, et se rendit au camp du « général mongol. En apprenant cette nouvelle, « Ssc-tâo, s’adressant à l’empereur (des Soung),

• lui dit : — Moi , votre ministre, j’avais de- « mandé, dès le commencement, de me rendre « en personne à la frontière (pour défendre •t Siàng-ydng). Votre Majesté ne me l’a pas per- « mis. — L’empereur se détournant lit pmmpte- « ment sentir à son ministre de sortir de sa pré* « seuce. Il était eu effet difficile de croire que la *i fourberie put aller jusque-là. » (Li tnt ki sse, k. 97, fol. 24-25. — Sou Thoung k>au kang moii, k. 21, fol. 44-45.)

Un voit, d'après ce passage des historiens officiels chinois que nous avons cherché à traduire aussi littéralement que possible, que les P* do,

ou engins à lancer des pierres, n’étaient pas des armes à feu , comme on l’a supposé. Cependant nous trouvons dans un murage chinois intitulé : lioàng tehào li ki thoti chi, ou - Modèles figurés des objets de toutes natures conformément aux rites , à l’usage de l’empereur et de la cour » (16 vol. in-4°, édit, imp., de 1759), un passage remarquable (section des «« Instruments de guerre »; k. 16, fol. 1 et 2) qui ferait supposer que l'on employa de véritables ■ cauous à feu» au siège en question. Nous croyons devoir en donner ici une traduction intégrale, comme étant l’une des pièces les plus importantes pour « l’histoire des armes à feu ».

« On fait remarquer que, dans la • Section de « la guerre » de l’histoire officielle des Ming ( Ming « sse p*ing tchi) les (machines), que l’on appe-

« lait anciennement p*do , étaient toutes des « machines à ressort qui lançaient des pierres « (* ki fd cht). Dans les commencements de la » dynastie ï’tien (mongole) on se procura des h pldo de guerre du Si-yil (l’Asie occidentale).

■ Ce fut au siège de Thsai-tchcou, ville appar-

• tenant à la dynastie des Kin (aujourd'hui Jouit n%tng fou (*), de la province du Hô-ndn) que « l’on fit pour la première fois usage du feu « (dans ces pldo ou canons). Toutefois l’art de r les fabriquer ne s’est pas transmis. On s’en » servit même rarement par la suite.

« Arrivant aux Ming on voit que Tching tsou « (1403) pour conquérir le Kiao-tchi (la Cochin- » chine) se procura des p*do ou « canons » qui p furent nommés des « p‘do ou canons reten- « tissants à mouvements surnaturels » ( dûn ki « thsidng p*do ).

r La règle est de placer Isolément les parcs de « celte artillerie merveilleuse ( chin ki). Ceux qui r sont les plus habiles dans cet art, qui en possè- > dent le mieux la pratique, donnent à ces raa- « chines de guerre une forme propre à produire » les plus grands effets , en même temps qu’iis

• emploient pour les confectionner du cuivre « rouge. Dans les interstices apparents, ceux qui r emploient du fer se serveut de fer doux et « malléable pour consolider (ces machines) ; le

■ fer de l'Occident est le meilleur qui puisse

• être employé à cet usage.

r En second lieu viennent les grands et petits « p*ao qui ne sont pas de la même espèce. Pour u les grauds, des chars servent à les mana-uu vrer ; quant aux petits, on se sert, tantôt de « formes de bois (de simples aJTùts), tantôt de « pieux enfoncés eu terre, tantôt d'un simple a levier. Les grands sont avantageux pour la dé-

■ feuse des places ; les petit* pour 1rs guerres de « campagne. L'usage de ces derniers est très- « utile à une armée en marche.

• La 8* année kia thsing (1529), on fabri- « qua des p*do ou « canons » que l'on nomma

(•) Lot. 33"oi‘; Ion*, i te* oi'. Le »l**e de celle «Ult eu l.rt» ra l*J3 «le noire été. Voir Li Mi il ut. k. gi. f* 3a.

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