CHAPITRE CXLV
grant Kaan, en la maniéré que les autres citez de la contrée avoient fait. Et ainsi le firent et furent receus et tenus comme les autres citez. Et ce avint par la grant paour des engins.
Et sachiez que ceste cité et sa contrée est une des meilleurs
■ - canons français - (*) (Fo-lang-ki-p'ao), que « le général en chef faisait placer sur ses flancs « pour les proléger. Fo-lang-ki (ou F'-rang-kt) •i est un nom de royaume (**). A la fui de la pér riode tcfiing-te (vers 1521) les vaisseaux de ce h royaume étant arrivés à Kouang-toung ((ian- « ton), on obtint d’eux un modèle de leurs ca- <• non*, et ou eu fabriqua de pareils en cuivre, r ayant une longueur de cinq ou six pieds. Les a gros pesaient mille kin et plus (504 kil. 780) ; » les petits, 150 Am (75 kil. 718).
« Dans les années west-li (1573) des vaisseaux
• du grand Océan occidental (l’Europe) étant r arrivés de nouveau (à Canton), on obtint d'eux « de grands canons que l'on disait « des barbar res rouges » ; ces canons avaient une longueur « de deux tchang et plus (7 mètres 361), et « leur poids allait jusqu'à 3,000 kin (1514 r kilogr. 307 gr.). Ils pouvaient percer une mu* « raille de pierres, et la renverser comme par r un coup de tonnerre, à quelques dizaines de fi
• de distance (plusieurs lieues).
r Kicou-sun dit, dans sou Ta hioyen i pou, que, r du temps des Mongols, des hommes commen* « cèrent à fabriquer des - canons - ( p*âo ) pour r battre en brèche Siàng-yàng. Le « Répertoire r des pourquoi des siècles « (Chi y in mou) dit r que les pfào ou r canon* » de Siàng-yàng « avaient la même forme que les p'ào de nos r jours. On employait pour les fabriquer du r cuivre, ou du fer, façonué comme un tulie, r dont on remplissait l'intérieur avec la poudre r et des pierres arrondies (***) ; et on en fermait « l'embouchure. A l'un des côtés communiquait r uue mèche. On se servait du feu pour le faire « partir. »
Si l’on s’en rapportait à ces autorités, les en-
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gins employés au siège de Siàng-yàng, par les Mongols, auraient été de vrais canons comme ceux de nos jours, se chargeant dans l'intérieur avec une matière inflammable détonante, qui faisait partir le projectile lorsqu'on mettait le feu à la mèche. Ce n’élaient pas là le* perrieres et mangoniaus dont parle Marc Pul, cl que son père ainsi que son oncle firent construire avec des pièces de charpente, peut-être au commencement du siège, car ils u’étaicut pas en Chine à la fin de ce même siège. Ces mêmes armes à feu, ou d'autres semblables, furent aussi employées comme on l’a vu précédemment (rbap. i.xxm, note 4, p. 239), en 1 287, par l’armée mongole, dans une attaque nocturne du camp de Noyant et antérieurement, en 1283-4, dans une expédition contre le Japon, dont il sera parlé ci-après (chap. CLViu-CLixj. On peut consulter, sur la question de l'origine et de l’usage des armes à feu de guerre, le savant ouvrage de MM. Kriuaud, et Favé colonel d’artillerie, intitulé : Du feu grégeois, des feu x de guerre et des origines de In poudre à canon, etc., 1 vol. in-8° avec planches; et surtout leur article sur les mêmes sujets inséré dans le Noue. Journ. asiatique, année 1849.
Quant au premier modèle de canon fourni aux Cliinois par le capitaine d'un vaisseau français arrivé au port de Canton vers 1521, lequel canon français rappelait par sa forme ceux qui avaient été employés au siège de Siàng-yàng, c’est une particularité très-curieuse qu’il reste à constater historiquement. Il n’y a rien d’impossible à ce qu'nu vaisseau de guerre français se soit rendu au port de Canton vers 1521 ; toutefois ce pourrait être aussi un des vaisseaux du célèbre navigateur portugais Magalhaens ou Magellan, qui franchit en 1520 le détroit portant son nom, et qui, dans cette même année, découvrit les îles Philippines. Dans ce cas même, l’assimilation faite par les historiens chinois des canons employés au siège de Siàng-yàng en 1273, avec les canons du vaisseau français, n’eu aurait pas moins de valeur.
citez que le granl Kaan ait ; car il en a moult grant rente et grant prouffit.