CXLVII. — (1) üUfl Koua-tcheou , pe
vaut dit . Et en ccste cité se recueillent grant quantité de ble/., et de ris, qui se portent à la grant cité de Cainbaluc, pour la court du grant Kaan ; pour ce que de ceste contrée viennent )i grain qui
tî te ville de U province de Kidug-sou, située au midi de Yang-tc/ieou (voir ch. cxliii) sur la rive gauche du Kidng, que, selon le teste français publié par la Société de Géographie (p. 165), on traverse pour se rendre de Coi gui ( Koua-tcheou ) à Ching/iiau/u ( Tchutg-kian fou ) décrite dans le chapitre suivant.
Koua-tcheou n'est pas mentionnée dans la Section de Géographie de l'Histoire officielle de la dynastie mongole (Yuen sse), ni dans la Géographie impériale, comme étant une ville du trop peu d’importance ; mais elle figure sur la carte du département de Yang-tcheou fou, de la même grande Géographie.
Van Braam ( lieu cité précédemment, p. 329) parle ainsi de Koua-tcheou :
m Peu après notre départ, nous avons passé la ville de Koua-tcheou, située au nord du Kiang i elle a un rempart très-étendu, qui annonce cependant la caducité en plusieurs endroits. La digue se trouve précisément entre la ville et la rivière.
« Une demi-lieue plus loin, nous avons côtoyé une ile très-élevée composée de rochers, et placée vers la rive méridionale. Le côté occidental de l’ile va en pente; mais, à l’opposite, son hord est escarpé. Cette ile, appelée Kiang-tsang-tsi (lisez : Kin-chàn , •• montagne d*or «, comme son nom est écrit sur les cartes chinoises), fut choisie par un des empereurs pour être un lieu de plaisance. On yahàti en conséquence plusieurs édifices , qui , lorsqu’on vient de l'ouest , offrent un superhe spectacle, et ont l’aspect d’une petite tille. Tous les bâtiments du meme côté ouest sont placés le long de la pente du rocher, et, pour aiusi dire, les uns au-dessus des autres, et construits on briques. Leur» toits sont couverts de tuiles vertes et jaunes vernissées ; quelquesuns en ont cependant qui soûl de couleur rouge ordinaire.
«• Ou aperçoit au sommet du rocher plusieurs dômes, et au nord une tour bien entretenue. Il y a des bâtiments dans les différents points de la circonférence du rucher, où sa déclivité a permis
d'en placer; et, comme il est perpendiculaire du côté de l'est, les beaux bâtiments de cette face, qui sont aussi les principaux édifices impériaux, sont construits sur une portion plaue au pied du rocher. Le point par lequel on aborde dans l’ile étant au nord-est, on y a construit uu large escalier de pierre, partant du bord de la rivière. Une balustrade aussi de pierre, destiuée à la sûreté des personnes, règne sur le bord du chemin, qui luimême contourne l'ile entière, et (Misse par-dessus des canaux voûtés, qui serveut de conduits à l’eau des pluies. Dans d’autres poiuts, où des fentes de diverses parties du roc interrompaient ce chemin, on le-s a maçonnées afin de le rendre uni et commode. Enfin, pour donner encore plus de sécurité aux passants, mie autre balustrade borde à l’est le haut du rocher, au point où commence son escarpement. Sur ce sommet sont bâtis plusieurs superbes édifices. »
Ou ne peut méconnaître, dans cette description pittoresque , la petite cité cl Vile de roche dont parle Marc Pol dans ce chapitre. Celte même ile est nommée dans la Géographie impériale (k. 37 , fol. 7), | j | Kia ehda, la
• montagne d'or*. Le Monastère bouddhique dont parle aussi Marc Pol, et qu’on y voit encore , est nommé : M\% K tu chàn ssi,
le « monastère de la montagne d’or ». Il fut fondé sous le règne de la dynastie Tcln (de 265 à 419 de notre ère). Il possède uue cloche qui se fait entendre sur les deux rives du grand fleuve. Sous les Soung, on le nommait le * temple du dragon nageant ». L’empereur Khang-hi , la vingt-troisième année de son règne (en IC8I), voyageant dans les provinces méridionales de la Cbiae, visita ce monastère, comme le porte une inscription placée à son entrée; c'est depuis celte célèbre visite que le rocher situé au milieu du fleuve a été nomme Ktn chàn, la « montagne d'or « ; et le couvent bouddhique construit surce rocher : Kin chou ssé,» mouaslère de la montagne d’or • ( Yuen sse, k. 46, fol. 24).