CHAPITRE CXLIX
noie de chartre, et sont au grant Raan. llz vivent de marchandises et de mestiers"; et ont soie assez, et oiseileis', et de toutes maniérés de vivres a grant planté; et est moult plantureuse terre.
Et vous diray une mauvaise chose que cil/, de ceste cité firent une fois, et comment ils l’acheterent cliierement. Il fu voirs que quant la grant province de Mangy fu prise, et que Iiaiau en estoit cliief de par le grant Kaan; si envoia, ledit liaian, une partie de sa gent que on nommoit Alains, qui sont crestiens, pour prendre ceste cité (a). Si la prirent et entrèrent dedens, et y trou-
— f Id . et si ont chuces et venaisons de Lestes et
« Ms. C. d'urs et de marchandises , d'oiseaulx assez.
tche, dont la population était de 209,732 familles, et de 1,020,011 bouches enregistrées, non soumises à la capitation.
Le nom que Marc donne à cette ville de Tchang*tcheou a dû subir quelque altération; mais son identité ne peut être douteuse, comme on le verra par les notes suivantes.
(2) Selon l’histoire chinoise , la ville de Tchang-icheou se rendit une première fois aux Mongols, à la 3* lune de l’année 127& (Li tai ki ue, k. 97, fol. 34 v°) ; les Soung la reprirent à la 5' lune de la même année (ib,, fol. 36) ; le général Péycn la prit de nouveau à la 11* lune, et eu fit périr tous les habitants (ib., 41). Voici comment le fait est rapporté dans le Sou Thoung kian kang mou , k. 22, fol. 19-20, à la 12e année tehiyottan de Cm-TSOC ’Khoubi lai) des Yuen (1275):
[ Texte. ] « Le général mongol Pé-yèn prend d’assaut la ville de Tchang-tcheou ; il en extermine la population. Le « préfet de la ville », Ste Yao-jin ; le « chef de la justice », Tehing • tehao ; et le « général eu chef qui commandait les troupes »,H'an Ngan-tsie, se donnent la mort. »
[Développement.] - Pé-yèu, étant arrivé devant Tehang-tcheou, concentre son armée et bloque la ville. Yao-yin, Tchin- tehao, JJeou Sse-) oung, Wang Ngnn-tiie, réunissent tous leurs efforts pour combattre l’enurmi et lui résister. Pé-yèn envoie un homme pour les engager à se rendre, en employant tous les moyens de persuasion ; les défenseurs de la ville ne veulent pas y consentir. Pé-jèn s’irrite de leur réponse. Il ordonne aussitôt de mettre en réquisition tous les habitants
indistinctement, de quelque rang qu’ils fussent, qui demeuraient en dehors de la ville ; de transporter des terres pour construire un rempart (à la hauteur des murailles, afin de pouvoir pénétrer dans la ville). Os terres une fois transportées, il employa ces mêmes hommes à les lasser. Puis il fît mettre à mort toute cette population, fît bouillir ses chairs, en prit la graisse, dont il se servit pour enduire ses machines de guerre ( p'âo ). Il fît brûler ensuite leurs restes ; jour et nuit l’attaque de la ville fut incessante. La population de l’intérieur était dans les plus grandes alarmes ; mais les chefs qui y commandaient , Yin et autres, ue pensaient qu’à accroître leurs moyens de défense et à résister avec la plus grande énergie. Pé-yèn alors passa devant les rangs de toute son armée en l’exhortant à combattre avec le même courage et la même ardeur qu’auparavant. Les quatre côtés de l’enceinte de la ville furent assaillis en même temps ; la ville fut prise et saccagée ; Yin se donna la mort ; Tehao et h'gan-tsie, comme ils étaient à se battre dans une rue étroite, quelqu’un interpella Tehao en lui disant que la porte nord-est n’était pas encore au pouvoir de l’ennemi, et qu’il pouvait se sauver. Tehao répondit : « M’éloigner « d’ici d’un seul pas serait pour moi pire que la *< mort ( fiittiub /). » Dans la journée, des soldats arrivèrent, et il fut mis à mort. Pé-yèn ordonna que la population fût passée par les armes. On se saisit de Mgan-tsie, et on l’amena devant l’armée ; il ne voulut pas se soumettre, et préféra mourir. Sse-young, avec huit cavaliers , se fit
verent bons vins. Si en burent tant qu’ilz furent yvres, et se couclierent et dormoient comme porceaux Tantost comme la nuit vint, si les occistrent * tous, que oneques n’eu eschappa nul.
M*. c. comme mors.