CXLIX. — 1 Les tuèrent
jour à travers les rangs ennemis, et se réfugia à Ping-kiang (Sou-tcheou). » Tel est le récit de l'histoire ofüciclle.
Les mêmes faits sont reproduits dans les « Fastes universels » (Li tai ki sse, k. 97, fol. 41 v*.), mais ou y a retranché les détails affreux consignés ci-dessus. Le P. de Mailla (t. IX, p. 364) les a omis aussi, de même que plusieurs autres particularités. Ce traitement barbare (qui rappelle celui de César faisant couper les maint à tous les soldats gaulois qui lui avaient courageusement résisté au siège dTxcüodunum) infligé aux habitants de Tchang-iclteoupar le général Piyin, lequel jusque-là avait montré tant d’humanité (voiries notes du ch. CXXXViu), ne peut pas s'expliquer par la seule résistance des défenseurs de la ville assiégée. Il doit être dû à une cause que les historiens chinois ignoraient sans doute, ou qu'ils n'ont pas fait connaître avec dessein : c’est celle du massacre des soldats mongols par les habitants, après la première prise de la ville; massacre raconté par Marc Pol, qui avait sans doute été informé du fait par les Mongols euxmêmes, et qui nous dit que les soldats en question étaient des Alains , professant la religion chrétienne.
On peut être surpris au premier aliord de voir reproduire ici le nom d'un peuple que l’on il 'est pas habitué à chercher en Chine, et servant dans une année mongole. Cependant l'autorité de Marc Pol, comme nous l'avons fait voir jusqu'ici, est une de celles qui mentent le plus haut degré de confiance ; et elle se trouve continuée par des témoignages contemporains qu’il est impossible de récuser. Ces Alains d'origine scyllie, qui envahirent l’Asie dans la seconde moitié du troisième siècle de notre ère, et plus tard, en 400, la Gaule et l’Espagne, en compagnie des Vandales, des Suèves et des Burgundii ou Bourguignons ; ces Alains, disons-nous, qui habitaient des contrées du Caucase, où ils sont connus aujourd'hui sous le nom d’Oiaète» (an-
ciennement Ases), furent soumis en partie par les lieutenants de Dchinghu-khaàn , et la population enmenée en Tartane et en Chine, où elle se retrouve sous le règne de Khoubilaï khaàu et de ses successeurs.
Klaproth a prétendu (Magasin asiatique, t. I, p. 199) que les Alans, dont parle Marc Pol dans ce chapitre, « ne devaient pas être confondus « avec les Alains ou Ossctes du Caucase » ; et il ne donne aucune raison de son opinion. On lit dans l’ Histoire généalogique des Tartares, par Aboulghazi (traduction française, p. 210) que les Mongols, après avoir tué un graud nombre d’Alains abandonnés par les troupes du Kiptrhack, emmenèrent le reste en esclavage.
De plus, on lit encore dans le Supplément à l’Histoire des Mongols de Chine (Sou Uoung kian lou, k. 42, fol. 56 v°; Notice sur le Si-jrut ou « contrées occidentales de l’Asie») que, après toutes les tentatives faites par 1rs empereurs chinois, depuis les Han , pour se rendre maîtres de ces mêmes contrées, ce fut le chef de la dynastie mongole, Tai-thsou ijkhinghis K bain), qui réalisa ce projet; il força les habilaulsde ce» contrées à faire partie de ses armées (li khi min k*ô arèi ping), et les contraignit aussi à lui livrer toutes leurs richesses (voir les Nouveau* Mélanges asiatiques de M. Ahel-Hémusat , t. 1, p. 135).
l-a présence il’ Alains chrétiens du Caucase dans la Tartane et en Chine se trouverait ainsi expliquée. Toutefois nous devons ajouter que, selon le P. Gaubil ( Histoire des Mongous, p. 172 n.), Pi-yèn avait dans son armée beaucoup d 'officiera et de soldats d'une borde appelée : Oua lo-no. On cite même un général de cette horde, nommé Hoaytou . Ce Hoaytou était petitfils du général Otchou/ou, compagnon de Dchinghis Khaân. Hoay tou sc distingua aux sièges de Sidng-ydng et Fan-tching, au passage du K idng; il commanda sous Péy è/i et gagna une grande Itataille contre le roi de Hia. Il était peut-être avec w» hommes à T chou g- tchéou. Quoi qu’il en