‹ Le livre de Marco PoloChapitre 132 sur 357 · ADO · texte numérisé non relu

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grant navie” qui vient et va en Ynde, et es autres parties estranges ’9 , portant et raportant marchandises de maiutes manières , de quoy la cité vault mieux b". Et de ceste cité de Qu in. sa y

aa Ms. B. navire (navie =: réunion de navires). — l»h Ms. B. Le ms. A. mielx.

*9 Etrangères , c’est-à-dire • les pays étrangers • qui avaient alors des relations de commerce avec la Chine.

lage aux navires caboteurs. Sous la dynastie de* T liait g, vers 720 de notre ère, il y avait une amirauté. Du temps des Yuan ou Mongols de la Chine, le conseiller Y an g- n ai-oung , qui résidait dans ce port, y établit un tribunal de commerce chargé de juger les différends qui pouvaient s'élever entre les négociants arrives par mer pour y vendre leurs cargaisons.

« Kan-phou-tchin, ou le bourg de Kan-phou de nos jours, se trouve à moitié chemin entre llai-yan-hian et le port de Kan-phou. Durant le règne des Soung , il était au port même; en 1386, le fondateur de la dynastie des Ming le ht entourer d'une muraille de hait ly dix-sept pas de circonférence, et haute de deux toises, quatre pieds cinq pouces, mesure chinoise. En 1413, elle fut recouverte de briques, et réparée en 1444. L’an 1536 Tching-meou, gouverneur de Kan-phou, fit flanquer le mur de seize tourelles. Ce l>ourg avait quatre portes de côté de la terre, et une du côté de l'ouest qui le conduisait à la mer.

» Du temps des Mongols, il y avait un bureau de douanes près du port ; Kan-phou était la résidence d'un commandant de mille hommes. »

Ce port de Kân-phou, ou Gan-fou, était célèbre en Asie, dans le moyen âge. Les deux voyageurs arabes qui visitèrent la Chine au neuvième siècle de notre ère, et dont la Relation a été traduite en français par Renaudot, et récemment par M. Reinaud, le décrivent ainsi (traduction de M. Reinaud, t. 1, p. 12-13) ;

« Les marchandises (venant de la Chine) sont eu petite quantité (et chères à Btssora et à Bagdad). Une des causes de cette rareté, ce sont les incendies qui ont lieu fréquemment à khan-fou. Cette ville sert d’échelle aux navires j c’est l’entrepôt des marchandises des Arabes et des babilauta de la Chine. Les incendies y dévorent les

marchandises ; ils viennent de ce que 1ns maisons y sont bâties en bois et avec des roseaux fendus. Une autre cause de la rareté des marchandises, ce sont les naufrages des navires, soit en revenant , soit en allant. Le marchand Solcyman rapporte qu’à Khan-fou , qui est le rendezvous des marchands, un musulman ext chargé par le souveraiu du pays de juger les différends qui s'élèvent entre les hommes de la même religion arrivés dans la contrée. Telle a été la volonté du roi de la Chine. Les jours de fête, cet homme célèbre la prière avec les musulmans ; il prononce le khotba et adresse des vœux au ciel pour le sultan des musulmans. Les marchands de l'Irac ne s’élèvent jamais contre ses décisions. >

Et ailleurs (p. 19) : « Quand les navires sont sortis sains et saufs de Sendcr-Foulat, ils mettent à la voile pour la Chine et y arrivent au bout d’un mois. Sur ce mois, sept journées sont employées à traverser les détroits formés par les montagnes. Lorsqu’ils ont franchi ces portes, et qu’ils sont arrives dans le golfe, ils entrent dans l’eau douce, et se rendent dans la ville de Chine où l'on a coutume d’aborder : cette ville se nomme Khan-fou. Khan-fou et les autres villes de Chine sont pourvues d’eau douce, provenant de rivières et de ruisseaux. Chaque contrée a aussi scs péages et ses marchés. Sur la côte, il y a le flux et reflux deux fois ehaque jour et chaque nuit. »

L’auteur arabe des - Prairies d’or », Maçoudi, qui vivait dans la première moitié du dixième siècle, parle aussi du port chinois de jjbLâ. Klidn-fou (t. 1, p. 308 et suiv. de l'édition avec traduction française de MM. Barbier de Meynard et Pavel de Courteille). tas géographes aratas Edriti et Aboulféda parlent «•gaiement du port de Khdn-fou.

part un fleuve grant qui va jusquesaudit port de mer" (i i). Et sachiez que le grant Kaan a parti 3o la contrée du Mangy en .ix. parties; et en a fait .ix. royaumes (12). Et à cliascun royaume

“ Le ma. C. porte : ... qui a nom Ganfu , et y a bon port, si que il en vient moult grant nat te d’Ynde et d4 autre part toute chargices de marchandises soubtilles et de grand vaillance. Et de ceste cité de Quynsay jusques au port de la mer si y a un grant Jluni, si que les nefs vont et viennent çhargiès à leur voulente. Et ce flum va par maintes autres citez .

Divisé , partagé.

(11) Ce fleuve, dans son cours inférieur, est dominé Thsian-thàng-kidng , et Tcké-kidng, dans son cours supérieur, connue la province à laquelle il a donné son nom. C’est dans sa partie inférieure que, tous les ans, à une époque déterminée (le dix-huitième jour de la huitième lune corres|K>ndant ordinairement à septembre-octobre, a lieu le phénomène physique, que le géuéral Pé-yèn eut la curiosité d’aller observer, après son entrée dans Lin-ngan ( Hang-tcheou , voir ci-devant p. 458, n. G), et que le P. Martini décrit ainsi : • Cette rivière s’enfle tellement proche de la ville le dix-huitième jour de la huitième lune que les philosophes en pourraient tirer une fort ample matière pour leurs disputes. A la vérité, le flux qui s’y remarque toute l'année est bien grand, mais celui-ci le surpasse de beaucoup, eu egard à la violence et impétuosité des eaux ; car elles y entrent aussi hautes que des montagnes et font un bruit si horrible qu’il n’y a point de navire qu'elles ne renversent et n’cnfonceut. Enfin ce flux est si extraordinaire que, ce jour-là, environ sur les quatre heures après midi, toute la cité et les gouverneurs y accourent, mais principaleim-ut les étrangers, pour voir eux -mêmes la violence prodigieuse de cette marée qui arrive cette journée. » Thévenot , Relation de divers i voyages curieux, rtc., t. III, p. 141.

La grande Géographie impériale (k. 173, fol. 18) fait aussi mention de cette marée extraordinaire que nous nommons chez nous mascaret, et qu’elle dit arriver le dernier jour de la seconde et de la huitième lune. (Voir aussi, sur cette même marée, la Vie réelle en Chine , par le Rév. W. C. Milue, traduction française, p. 286.)

(12) L'histoire de la dynastie mongole de

Chine, dans le tableau qu'elle donne ( Yuen-sse , k. 58, fol. 2) des grands gouvernements dans lesquels l’empire conquis fut divisé, et qu’elle nomme Sut g (voir leur éuumcralion ci-devant, p. 333 et suiv.), n’en compte que douze, dont sept étaient situés au midi du Hoàng-hû, ou a fleuve Jaune », et formaient cette grande division de la Chine que Marc Pol appelle le Mangï i ces « sept gouvernements » étaient ceux de Hô-nàn, Çhen-si , Sse-tchouaa Yûanàn , Kiàng- tche , Ktdng-ti et Uoû’kjûang. Mais comme quelques-uns d'entre eux furent dédoublés pendant un certain temps, Marc Pol a pu, saus se tromper, porter leur nombre à neuf.

Ces sept ou neuf grands « gouvernements » étaient les provinces les plus riches et les plus peuplées de la Chine. Ils comprenaient 140 « circuits (/ou), 19 « départements » (fou), 251 arrondissements » (tchéou), et 699 ■ cantons » (Ai en); en tout, 1109 circonscriptions administratives. Le gouvernement de Kidng-tché , dont le siège était à lidng-tchcou (Quimay), eu avait lui -même 192; il pouvait donc bien avoir sous sa juridiction (ou dessoubz lui, comme dit Marc Pol), cent quarante cités grands ci riches. Marc Pol serait plutôt resté au-dessous de la réalité qu’il ne l'aurait exagérée.

L'histoire officielle citée (k. 108, fol. 1-34) présente le tableau de tous les princes de la famille de klioubilaï kliaàn, auxquels ce souverain et ses successeurs donnèrent le litre de *'dng, « roi », et qu'ils placèrent à la tète de plusieurs grands « gouvernements », ou S in g, comme ceux de Chensi (v. p. 201) et de Yùn-ndn (p. 38"), dont Mangala et Ksentémour étaient gouverneurs, tout eu portant le titre de roi, équivalant au titre de : « prince du sang ». Il y en eut 41 à « sceaux d'or avec poignée de quadrupèdes » ;

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