CHAPITRE CLVI1I
Cij commence de l’ide de Sijpangu.
Sypangu * (i) est une isle en Levant qni est en la haulte mer, loings de la terre ferme mille cinq cens milles ; et est moult grau-
CLVIU. — a Le ms. À. porte : Sapangu.
CLY1II. — (1) Ce nom est U transcription à
In manière chinoise des mots
Jï-pin-koüe , m le royaume du soleil levant,» par lesquels les Chinois désignent le Japon ; ce pays étant à l’orient de la Chine. Les Japonais eux-mêmes nomment ainsi leur pays; mais ils articulent les mots rhitiois selon l'ancienne prononciation qu’ils ont couseuée : iïï-pon-kokf (et selon celle du Fo-kten : Jïpun-kok.). Les écrivains chinois disent que le Japon se nommait anciennement Wouo-noû , « les esclaves soumis ». Aujourd’hui les écrivains japonais nom-
ment leur pays
^ H $ Ti -n i-pon,
« le graud Japon ». (San gyo ben ran, k. 2, fol. 57). Ce royaume est composé de plusieurs Hes situées à l’est de l’empire chinois, et comprises entre le 30* et le 46' degrés de latitude nord , et entre le 126* et le 146e de long. E. de Paris.
Selon la Géographie historique de Siu Ki-yu, lieutenant-gouverneur de la province du Fo-kien ( Y in g hoâti tchi lîo, k. 1, fol. IG, publiée à Fou-tcheon en 1848), le royaume du Japon est situé dans la « mer orientale », et se compose principalement de trois grandes îles : celle du nord, celle du ceulre et celle du midi. En dehors de ces trois grandes îles (ido en chinois et du en japonais) , il y en a un nombre considérable de petites. Le roi (le « mikado ») habite, au nord-est de l’ile du milieu, une ville que l'on nomme J li-ja-ko, nom qui veut dire - capitale -. Les grandes fonctions publiques y sont héréditaires; les caractères de leur écriture sont les mêmes que ceux du royaume du Milieu (l’empire chinois); seulement ils les lisent selou la prononciation japonaise. Les affaires du royaume sont dans les mains du « grand général » ( châng
thsiàng-kiùn , et, selon la prononciation japonaise, fid Si a o- go un). Le roi (le mikado ) ne lui fait point d’opposition ; il n’intervient pas daus les affaires qui sont de son ressort. Il consomme peu pour son entretien, et perçoit cependant les produits du pays, l-c Siao-goun (que l'on nomme aussi Tai-koun ), à des époques déterminées, lui fait des visites d'hommages, et tout se home là.
- Pendant le cours des siècles, il ne s’est produit aucune contestation dans le pays avec le Mikado , mais il y en a eu avec le Siao-goun. C'est pourquoi la résidence du Siaô-goun a vu, à plusieurs époques, de nouveaux hôtes, mais le Mikado n’a point changé de nom de famille. Ses noms d’années sont d’une perpétuité inaltérable ; les siècles se succèdent pour lui sam changement.
« Les lois établies sont sévères. Les habitants du pays ont rarement des contestations entre eux. Ceux qui se révoltent contre 1rs lois sont aussitôt transportés dans des vallées au milieu des montagnes, où ils doivent eux-mèmes se donner la mort.
« Les Japonais sont très-taciturnes; il faut 1rs interpeller pour qu'ils vous répoudent ; on est quelquefois des journées entières sans entendre la parole d’un homme. Ils aiment beaucoup la religion de Fo (Bouddha). Ils pratiquent aussi le culte des aucétrrs. Ils se procurent des parfums, des fleurs, de beaux fruits, qu’ils offrent à Fo ou au tombeau de leurs ancêtres. Ils ont l'habitude d'estimer très-haut la propreté; leurs mes sont souvent balayées et lavées. Les hommes et les femmes portent de grands colliers qui leur tombent sur les manches ; les femmes les allongent en forme de queue descendant jusqu'à terre. Dans leurs broderies, ou sur leurs étoffes peintes, ils représentent des fleurs et des végétaux. Leurs caleçons , ou vêtements de dessous , sont formés
ilisme isle. I,es gens sont blans et de belle maniéré. Hz sont idolastres, et se tiennent par eux b; et si vous dy qu'il ont tant d’or que c’est sans fin ; car ilz le treuventen leurs isles. llz sont pou 1 de uiar-
*' Ms. C.
CLVIIt. — ■ Peu.
d'une large pièce de soie ; leurs bas courls et Les Hollandais prêtèrent assistance aux Japonais leurs chaussures sont aussi de soie. Les hommes avec des vaisseaux de guerre. Les Portugais fusa rasent les cheveux et les épilcut sur le sont- rent repoussés et chassés. C'est pourquoi les met de la tête ; mais ils les conservent sur le Hollandais ont seuls conservé des relations avec derrière où ils les portent épais , et , après les le Japon ; la Chine cessa dès lors d’en avoir avec avoir noués, s’en font une coiffure; lorsque les la Hollande.
tresses deviennent trop longues, ils les coupent. « Les produits du Japon sont le cuivre rouge, ■ Les femmes, pour la plupart, ont de beaux le soufre, des végétaux marins et autres objets. » cheveux; elles passent la journée entière à les l'n auteur chinois [Li Ping-chou), cité dans nettoyer et à les rendre brillants; elles y mêlent la même Géographie, dit que le Japon est par-
toutes sortes de parfums. Elles les rejettent pen- tagé en cinq grandes divisions domaniales, qui dants par devant et par derrière; elles y mêlent sont : 1° Chdn-tching (-la ville montagneuse, ■ des écailles de tortues façonnées, qu'elles fixent en japonais Yama-siro) ; 2° Tai-hiS (-la grande avec des épingles à cheveux. harmonie », en japonais Yamalo, même sens, le
« Chez eux les hommes et les femmes ont les Japon proprement dit) ; 3° Hô-neï ( • qui est au
sourcils et les paupières très- prononcés; on di- milieu des fleuves et rivières - , en japonais
mit des fleurs dans un parterre. . . Kawa-iti, même sens); 4” Chi-rsin (- qui réuuit
« Du port d’Amoy [Ma-mat) jusqu'à Tchang- les principaux gués », en japonais Setsou) ; kî (Nagasaki en japonais), il y a une distance 5° Ho-tsiouen (■ sources de la concorde-, en de 72 kâng (jap. ko; = 4,320 U). Les Portugais ja jamais Usoiunî). Ces cinq divisions compreu- (Pou-tao-ya) avaient désiré s'emparer d’un port lient ensemble cinquante- trois principautés (kiù/i). de mer des Japonais ; ils voulaient, de plus, en- Il y a aussi une autre division en sept grands soigner la religion du • Seigneur du ciel » aux « cercles » ( tâo , japonais do), qui sont : habitants du pays; les Japonais s’y opposèrent.
1° !,e « Cercle de la mer orientale » ( Thoung-hai tâo, jap. Tokaido), comprenant 116 principautés ; 2° id. de la mer méridionale (N du-1 haï tâo , jap. Nankaido), — 48 »
3° id. de la mer occidentale (Si-‘haï tâo , jap. Saïkaïdo) , — 93 -
4* id. de la montagne orientale (Toùng-chàn-tâo, jap. Tô-
snn-do) , — 122 »
5° id. des terres sèches septentrionales (pë-loü-tâo, jap. Fo
kouro koudo, — 30 »
6° id.du midi des montagnes (Chân-yang-Uio^ap.San-yô-do), — 69 »
7® id. du nord desmontagnes (Chàn-yin-tâo, jap. San-nin-do), — 52 *
* Il y a aussi trois lies à part : Ye'so, Tarakai. kiiin ou - principautés » japonaises ne dépassent Matsmaï , comprenant chacune deux princi- pas en étendue le territoire d’une circonscription pantés. » de village chinois, ce qui est beaucoup trop dire.
Le Japon est maintenant divisé en « sept cer- Il porte la population à environ 70,000 familles, des » (tsl tâo), et en • soixante-huit royaumes - et les contribuables à 800,000; ce qui est hieu (/ou ch I pa kono), loin des 25 ou 35 millions d'habitants que plu-
Ces dénominations sont des expressions em- sieurs géographes donnent au Japon. 11 doit y avoir pbaliques. L’auteur cité ci-dessus dit que les une grande erreur dans la première évaluation.