‹ Le livre de Marco PoloChapitre 170 sur 357 · CHAPITRE CLX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLX

Cij devise de la manifre des ydolcs.

Or sachiez que les ydoles’du Catay et du Mangy et celles d’Inde b sont tous d’une maniéré (t). Et y a telle ydole ijui achiefde buel, et telle qui a chief de porc, de chien ou de mouton, et de pluseurs autres façons. Et si en y a de telles qui ont quatre testes; et telles trois, dont il y a sur chascune espaule une. Et si y a aussi de telles qui ont quatre mains; de telles dix, et de telles mille. En celles de mille mains ont ilz plus grant foy que es autres (a).

CLX. — 0 Ms. A. telles . — b Le ms. C. porte : u Or sachiez que les ydres du Catay et relies des îles d'Yndc sont toutes d'une manière. • Le texte français de la S. G. dit au contraire : « Or sarhiéâ que les ydres dou Calai e dou Mangi e celz de ceste ysles (du Japon) sunt luit d une mainere. » Celui de la Crusca porte également : « Or sappiate che gl’ idoli di queste isole e qtiegli de! Cillai sono tutti di una maniera. » Dans notre rédaction V Inde est substituée au Japon ; peut-être est-ce à tort, le bouddhisme étant aussi répandu au Japon qu'en Chine. Mais Marc Pol, n'ayant pas été au Japon, n’a \oulu rien affirmer à son sujet.

11 Extraire.

qui se vantent de l'étre en effet. Quicouque, di- et leurs idoles, ne. sont pas pratiqués en Chine, sent ils, peut rendre le vif-argent solide et porte et ne doivent jus être confondus avec le boodsur soi une halle de ce métal solidifié , ne peut dhistne indien (qui, du reste, leur a beaucoup être blessé ni par le glaive, ni par les armes à emprunté, le bouddhisme primitif n’ayant pas feu. En conséquence , les mandarins et même d’idoles), comme on le fait trop communément, les princes sont toujours à la recherche de rel (2) L 'idolâtrie est l'un des attributs les plus art précieux ; ils s’efforcent par toutes les eom- généraux et les plus prononcés de l'esprit huhinaisons possibles de solidifier du vif-argent et main. Sa tendance en quelque sorte inné** pour en portent toujours une Ironie enfilée dans leur se créer des dieux, non-seulement à son image, ceinture. ■ mais e.neore et plutôt sous une infinité d'autres

CLX. — (1) En géucral, il y a une grande formes plus ou moins monstrueuses, serait bien ressemblance entre les idoles des Indiens et des faite pour ral*aisser son orgueil, si quelque chose Chinois, parce que le bouddhisme, d’origine in- pouvait l'humilier.

dienne, fut, «lès le premier siècle de notre ère. Au surplus, il est p roi table que les premiers porté en Chine où sa doctrine et sou culte, favt.- qui voulurent représenter la divinité sous une risés par l’empereur Ming-ti des llnu (&8-03 de forme quelconque, n’eurent en vue que des symnotre ère) et scs successeurs, furent rapidement Indes dont le sens, bientôt oublié ou perdu, n a propagés. Mais le Sis. usine, le \irhnomsuie et plus laissé de place qu’à la pure idolâtrie. On d’autres sectes indiennes, qui ont aussi leur culte peut, pour avoir une idée de la multiplicité de»

CRAPITHE CLX.

Et quant aucun crestien leur demande j>our quoy Hz font leurs vdoles desguisées et non semblable l’une aux autres, ilz leur res- |iondent que lents ancestreS les orent si faites, et telles les laisseront à leurs enfants ; et leurs rnfans aux leurs. Et ainsi iront perpétuellement de l'un à l’autre (3). Et sachiez que les fais de tel/, vdoles sont tant de deableries qu’il n’est pas bon du raconter. Et pour ce vous lairons de ces vdoles, et vous dirons des autres choses.

Mais tant vous dirons nous que (si) ceulx de ceste isle, et tous les autres d’Inde prenoient aucun leur ennemy et il/, ne se povoient racheter de inonnoie; si semondra, cil qui aura le prisonnier", tous ses amis et tous ses parens, et occistrent 1 l’homme ; et puis le cuisent et le mcnguent, et dicnl que c’est la meilleur char qui soit ou monde (4)

Or vous lairons de ce, et vous dirons d’autre chose.

Sachiez, que ceste mer, où sont ces isles de ceste part, s’apelle la mer de Cim (5), qui vault à dire : la mer qui est contre le Mangy.

e Ms. B. prison.

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