‹ Le livre de Marco PoloChapitre 171 sur 357 · CLX. — • Tuent · texte numérisé non relu

CLX. — • Tuent

formes son* lesquelles les différents peuples anriens et modernes ont représenté leurs divinités, consulter l'ouvrage de Moor : llindtt Panthéon, 1810. Coleman, The Mythologr of the Htndus, 1832. /.es Religions de C antiquité, de Creuxcr ; traduction française de M. Cuigniaut. Planches. On y verra les représentation» des Idoles à têtes de bœufs , de chiens et de béliers, dont parle Marc Pol. Ou y verra aussi les dieux à trois , quatre têtes ; k quatre, dit et mille mains. Plus le dieu est censé « intelligent » et » puissant », plus on lui a donné de •« tètes » et de « mains ».

(3) Cette raison est plus puissante et admise plus généralement qu'on ne le pense communément. Il e«t si difficile à l’homme de s e former par liii-mérne une rmmrlion religieuse, qu'il préfrre souvent conserver relie «pic ses anrélres lui ont transmise, plutôt que dVu embrasser une autre qui peut lui sembler préférable.

(4) Dans ce paragraphe, Marc Pol di'signr évidemment le japon, par 1rs mot* ce*te isle.

en lui associant les îles de la Malaisie : et les autres d’Inde. I. 'usage sauvage qu'il attribue ici n leurs habitants n'existait probablement pas dans les parties civilisées, mais il existait sùreineut dans les autres, comme on peut malhcii reu. veinent s’en convaincre dans les récits de plusieurs navigateurs.

(S) Les Japonais, dans leurs « Mappemondes », désignent la Chine par les caractères : j |^,

Tc'ii-na, qui est le nom donné à cet empire par |«» autres nations de l'Asie, depuis l’époque où le fameux Chi lloâng-li, de la dynastie des Thsin (221-208 avant notre ère), étendit ses conquêtes sur une grande partie de l’Asie, et priuri|Mlci!irtit sur les royaumes du Toung-king et de la Guchincbine. Le nom de Thsin , avonsnous dit ailleurs (Description de ta Chine, partie historique, 1837, 1. I, p. 2), fut relui que lui donnèrent toutes les nations orientales de souche sémitique ou aralie. I.es Indiens l'ont nommée

Car, ou langaige de ces islcs, quant il dicnt Cira, c’est à dire : le Mangy. Et si vous di que en ceste mer de Cim qui est au levant, si connue dient les pesclieurs et les saiges mariniers * de ceste contrée, il y a . v ii . mille quatre cens dix. (7,459) isles, là où lesdis mariniers vont ; et pour ce le scevent il/. ; car il/, ne font autre chose que naigier 5 par la mer (6). Et si vous di qu’il n’y a nulle de ces isles où il n'ait arbres moult bons et de grant oudour ; si comme de lingaloel 4, et encore meilleur ; et si y a aussi moult de maniérés d’espices. Et vous di que eu ces isles naist le poivre blanc comme noifs 5 à moult grant planté (7). Si que c’est grant merveille des

* Les marins expérimentés. — 3 Naviguer. — 4 Dais et aines. — 5 Neige.

T china, dans le* vieilles « Lois de Manou »

( Lecture 10. sluka 41)» où il est dit que ce furent des Kchatriyas , ou * guerriers indiens * dégénérés» qui commencèrent à la peupler. Cependant, si, comme on l'a prétendu, le nom de Thsiu n'a été conuu hors des limites occidentales de la Chine qu'à l’époque où l'armée navale de l'empereur Hoàng-ti sc reudit dans les ports du Bengale, selon l'histoire chinoise, l’an 314 avant notre ère, il s’ensuivrait que les « Lois de Manou * ( Ma nava-Dbarm a-S" dtlia), auxquelles on attribue une antiquité de 1600 ans av. J.-C., auraient etc interpolées, ou que leur rédaction serait Iteattcoup moins ancienne; ces deux suppositions ne sont guère admissibles. Nous établirons ailleurs que l'assertion contenue dans le* u Lois de Manou « est en partie vraie; que des Indiens se rendirent dans le Clieti-si, province occidentale de la Chine, plus de mille ans avant notre ère, et qu’à cette époque ils y firent partie d’un Étal du noui de Thtin , mot identique à celui de Tchina. C’est ce dernier nom qui a cours dans toute la vaste contrée de l’Inde, et même dans la presqu’île transgangétique ; il u aussi prévalu eu Europe, depuis que. les Portugais pénétrèrent dans l'empire chinois par les uicrs de l'Iude.

Selon Mar&dcn (». 1160), ce que les navigateurs nomment la « uu-r de Chine •• est ap|H*lé invariablement dans la langue malayc : Laut China (qui a le même sens).

(G) Il est probable que Marc Pol, de même

que les navigateurs dont il cite l’autorité, comprenait dans la « mer de Chine « toutes les îles de la Malaisie, etc., qui sont innombrables.

(7) Bianden (n. 1163) dit « qu’il est remarquable que cette distinction du poivre blanc et du poivre noir, effectuée par le procédé qui consiste à blanchir les grains à leur état le plus mur, ait pu être connue à l'époque de Marc Pol. Jusqu'au milieu du siècle dernier, ajoute-t-il, ces deux espèces de poivre étaient généralement considérées en Europe comme èlaut produites par différentes plantes. »

L'auteur de Y Histoire des drogues et épiceries, traduite par Antoine Colin, inaitre apothicaire juré de la ville de Lyon (Lyon, 1G19) , dit, p. 142, en parlant du poivre blanc doul il donne une grappe tirée au vif :

« Il y a si peu de différence entre la plante qui porte le poivre blanc, et celle qui porte le noir, que malaisément se peut-elle discerner, si ce n'esl par les habitants du lieu niesme, tout ainsi que nous ne rvrognoissons point le sep, qui porte le raisin blanc, d’avec celui qui porte le noir, si ce n’est lors qu’il a jeté des raisins, et qu'ils sont meurs.

« Les piaules qui portent le poivre blanc sont fort rares, et encore ne croissent que bien rarement en certain lieu du Malabar et de Malara ; l'on en seul sur la table des grand», car ils eu usent comme nous du sel. Ils assurent qu’il résiste contre les poisons et venins et qu’il est fort propre pour les yeux. »

CHAI’ITKE CLX.

richesses cjui y sont : d’or, de pierres et de lotîtes espiceries. .Mais elles sont si loings de terre ferme que à grant paine y puet l’en aler. Et quant les nefs de Çailon et de Quinsay y vont, il/, en ont moult grant gaain d et moult grant proufïit'.

Et vous dy qu’il/, y mettent un an à y aler ; car ilz vont l'iver 6 et retournent l'esté ". Car en cesle mer ne vente que deux vens‘ ; l’un qui les porte, et l’autre qui les raporle. Et ecs deux vens est l’un tout l’iver et l’autre tout l’esté (8). Et sachiez que ceste contrée est si loings d’Inde que à y aler il faut loing line 8. Et pour ce que je vous ay dit que l’en appelle ceste mer : la mer de Cym ; si est elle la grant mer Occident». Mais elle a ce nom ainsi comme on dist : la mer d'Angletierre ’ en ce pays. Et aussi dit on ailleurs : la mer d’Inde ; mais tout est la nier Occident (9).

Or nous partirons de ceste contrée pour ce que c’est bien desvoiables pays et estranges lieux k. Et pour ce aussi que ledit Messire

d Ms. A. gaaing. — e Id. poiirjit, — f Id. fois. — 8 Ms. B. F.ngleterre. — •* Ms. A. desvoiah'es Unix.

6 Ifii-er. — 7 Ir. le. — 8 Temps. I.cs niss. A. el C. portent : une moult grant voie. I a‘ mot Une, du tus. B, pour tempsf s’est conservé dans la langue anglaise, sous la forme de tinte . — 9 D'Occident,

L'auteur de Y Histoire générale des drogues , Pierre Pomet (Paris, 1044, 1 vol. in>fol. avec figures imprimées dans le texte), soutient (première partie, p. 101) la même opinion : que le poivre blanc est le produit naturel d'une plante, et que celui qui est rendu blanc par des procédés de décortication n’est pas le vrai poivre Liane.

(8) Nous avons vu plus haut] (ch. clviii, n.4) que, d'après le capitaine kerhallet, la mousson du Nord-Est, dans les mers de Chine, a lieu - de la fin d'octobre pour &e terminer en juin, et celle du Sud-Ouest , du commencement de juillet an mois d'octobre • ; ce. qui correspond avec le dire de Marc Pol.

(0) Les Chinois désignent ordinairement par le nom de |!l| ÿ-j; Si yâng, « Océan occidental -, la mer qui baigne les côtes du Toung-king, de la Cocbinchine, de Sjam, des îles de Malarca,

de Java, Bornéo, et mêmes les îles de Luçon. Danseesdèuominationsgénéiales, on ne doit point exiger de rigueur d'expre&sion , leur exactitude n’étant le plus souvent que relative. Actuellement les géographes chinois appellent l’Occan,

situé à l’orient de leur empire, du nom de

y fj tu hài, « grande mer » ; c’est ce que nous nommons •* la mer de Chine - et - l’océan Pacifique » ; la mer qui baigne les côtes du Toungking el de la Cochinchine : j^j Ndn bai ,

■ mer du Midi •»; et la « mer des Indes * par le nom de w w Siào si yâng , la « mer du petit Océan «. L’« Atlantique » est nommée par eux k Ff W y ^ ta si yâng bai, « la mer du grand Occident. *

Page 1